‹ Traité de Raja YogaChapitre 24 sur 36 · En faisant Samyama sur la force physique · texte numérisé non relu

En faisant Samyama sur la force physique

TRAITE rtE RAJA YOGA

elle-même on acquiert un surcroît de force du même ordre.

On représentera la force physique telle qu’elle se trouve par exemple dans l’animal qui en a le plus, dans l’éléphant ; en faisant Samyama dessus on augmente notablement sa propre force physique. Cela montre les ressources considérables insoupçonnées du monde ordinaire et en divers ordres qui existent dans la pratique entendue de la Raja Yoga , et, aussi, l’importance particulière de la pratique spéciale de Samyama.

25 . En faisant Samyama sur la lumière intérieure inhérente à l’être, on acquiert la connaissance de ce qui est subtil, de ce qui est obscur, et de ce qui est lointain.

La lumière ici impliquée est ce qui commence à irradier, à transpercer du Soi lorsque les qualités tamasiques et rajasiques de nos véhicules sont assez réduites pour cela. Dès que cela a lieu, en conscience de veille ou non, la pratique de Samyama sur l’idée au moins de cette lumière fait connaître par intuition, dans la mesure, bien entendu, du développement acquis, tout ce sur quoi on applique cette idée, aussi bien des choses matérielles cachées ou éloignées que des solutions de questions difficiles et même des éléments de plans superphysiques.

26. En faisant Samyama sur le Soleil, on acquiert la connaissance de l’espace compris dans le système solaire.

C’est une application du principe général émis au Sutra précédent, et ainsi en est-il des suivants.

27. En faisant Samyama sur la Lune, on acquiert la connaissance des groupes d’étoiles.

La Lune est prise ici plutôt que le Soleil pour point d’application de Samyama, en ce qui a trait aux étoiles, parce que la lumière du premier empêche celles-là de paraître et ainsi de fixer mieux l’attention, ce que ne fait point la pâle clarté de la lune.

28. En faisant Samyama sur l’étoile polaire (1), on acquiert la connaissance du mouvement des étoiles.

Sans doute parce que les mouvements en ques-

(1) Rappelons que l’Etoile Polaire, a de la Petite Ourse, représente le point le plus rapproché angulairement de celui idéal par lequel passe l’axe pivot terrestre. L’étoile se reconnaît communément en ce qu’elle se trouve sur le prolongement des deux étoiles brillantes dites : gardes de la Grande Ourse, qui forment comme le tablier arrière du chariot, jusqu’à une longueur environ décuple de celle de ce tablier. '

lion n’étant ici considérés que par rapport à l’axe apparent de rotation céleste, la réalisation de Sa myarna sur cet axe, qui est le fait de l’opération*, grandit subjectivement, c’est-à-dire pour la conscience interne, les moindres mouvements de quoi que ce soit qui s’y rapporte.

29. En faisant Samyama sur la ceinture, à hauteur du nombril, on acquiert la connaissance de la constitution du corps physique.

Meme explication que pour le Sutra précédent. Il a été vu au chapitre I que le Nabhi-Chakra appelé Manlpura est comme le pivot du système physique de l’homme. Or, ce Chakra a sa représentation physique dans le plexus solaire et sa situation se trouve être aux environs du nombril.

30. En faisant Samyama sur le creux de la gorge on fait cesser la faim et la soif.

Le creux de la gorge est l’endroit voisin du pharynx où se rencontrent les souilles venant du nez et de la bouche. En fait, le sentiment môme de faim ou de soif est essentiellement produit par l’impact de Prana sur le creux intérieur de la gorge d’un organisme en déficit, et l’opération de Samyama sur cet endroit peut simplement neutraliser les effets du dit impact.

31. En faisant Samyama sur le Nadi-Kurma on maintient la fixité du corps.

Le Nadi-Kurma est le centre du corps qui est le siège du souffle appelé Kurma, lequel souffle est la différenciation de Prana affecté à la mobilité. Ce Nadi est actionné par un nerf spécial dont la place n’est pas indiquée par les auteurs, mais qui est sans doute dans la partie antérieure de la tête, vers les frontals. Les physiologistes modernes ne sont du reste pas encore d’accord à ce sujet.

Le Samyama fait sur ce nerf, dit l’aphorisme, permet de rester immobile, quelque incitation au mouvement que l’on reçoive par ailleurs.

32. En faisant Samyama sur la lumière de la tête on acquiert la vue des Siddhas.

La lumière de la tète en question ici est l'émanation de lumière qui provient des éléments satwiques du corps, quand ils sont déjà suffisamment évolués en l’homme, émanation qui afflue plus spécialement aux extrémités de la moelle allongée, par le Brahmadandra et la glande pinéale. Cette lumière émerge même à l’extérieur dès qu’elle est assez intense et contribue ainsi à former l’auréole de la tête ; elle n’est naturellement pas de l’ordre physique et ne peut être perçue que par au moins un peu de voyance. La pratique de la Yoga, la concentration

TRAITÉ 1)E RAJA YOGA

intentionnelle ou non sur l’entre-deux des sourcils la fait souvent voir. Enfin, en faisant Samyama sur l’idée seule de cette lumière, l’on perçoit aussi certains êtres dits Siddhas qui sont plus élevés que les hommes ordinaires que nous sommes, sans que ce soient encore des Maîtres. Ce sont probablement des disciples ou certains Dévas.

33. La grande pureté dite Pratibha fait à elle seule acquérir toute la connaissance.

La pureté dite Pratibha n’est pas exclusivement le fait de la pureté ordinaire réalisée en l’homme qui pense et agit exclusivement pour le bien des autres ; il faut encore ajouter à cela d’avoir fait Samyama sur l’intellect même, parce que tout ce qui est récolté doit y avoir été semé et cultivé par lui. Mais une fois qu’on est dans les conditions précitées, la seule continuité de l’état de pureté ci-dessus défini suffit pour acquérir et maintenir un tel degré d’intuition que tout se trouve éclairé pour le Yogui dans ces conditions, sans qu’il ait à se concentrer le moindrement.

34. En faisant Samyama sur le cœur on acquiert la connaissance du mental.

Il a déjà été dit qu’en occultisme on entend par le cœur non pas le viscère physique qui est le centre

de la circulation sanguine, mais tout au plus le quatrième Chakra (comptés de bas en haut) dit Anahaia à douze feuilles, centre du Tatwa Vai/u, car le vrai cœur occulte est le point d’adombrement de la Monade sur l’aura des atomes permanents dont le centre précité n’est pas éloigné. En concentrant sur l’idée du coeur occulte appuyée sur les points susdits, on est éclairé sur ce qui a trait à son propre mental et au mental d’autrui.

35. L’expérience résulte de l’identification qu’on fait de Satwa avec Purusha alors que ces deux principes ne sont pas les mêmes et que l’action du premier ne lui sert pas ; en faisant Samyama sur cette identification, quelle qu’elle soit, on acquiert la connaissance de l’âme même, Purusha.

Satwa est l’état ou la qualité qui permet le mieux à la vie de manifester l’intelligence ; cette Guna est distincte de Purusha même qu’on peut prendre pour l’essence suprême de la conscience. Le lait est que c’est la réflexion de Purusha dans la matière satwique qui anime celle-ci, après quoi il arrive que les expériences résultant de l’animation de Satwa sont tenues comme provenant de cet élément. Ces expériences cependant attiennent à Purusha , comme il en est de toutes les actions de Prakrili d’où Satwa dérive et qu’accompagne toujours Pu-

rusha. Il en résulte bien que l'action de Saliva est pour un autre et non pour lui ou pour elle. La véritable fonction de Satwa et son but sont de s’immerger dans Purusha. C’est pourquoi l’opération de Samyama sur ce qu’on croit ressentir ou éprouver de son soi (personnel), de sa nature et de son but, y fait communier à fond, en fait parcourir les éléments intrinsèques et conduit à une claire connaissance de Purusha.

36. La pratique ci-dessus fait acquérir la connaissance directe du son, du toucher, de la vue, du goût et de l’odorat.

Le son, le toucher, la vue, le goût et l’odorat constituent l’ensemble de nos perceptions sensorielles (physiques) qui sont ordinairement vécues comme nous le faisons d’ordinaire. La pratique de Samyama sur soi-mcme fait posséder l’une quelconque de ces sensations par intuition, c’est-à-dire à la simple demande de soi-même, et, cela, indépendamment des conditions d espace et de temps, de telle sorte qu on peut percevoir de loin comme de près, et le passé comme le présent. C’est le résultat de la réalisation chez le Yogui de l’état Pratibha spécifié au verset 33 et qui dérive aussi de la pratique susdite aboutie à bon terme.

Page 1