Le. Samyama spécifié au verset précédent
T1U1TE DE UAJA YOGA
c’est-à-dire sur la moindre unité du temps fait acquérir le discernement des choses mêmes qui ne se distinguent ni par une caractéristique, ni par leur position.
Ainsi l’opération précédemment décrite fait acquérir le discernement quasi total ; il semblerait dès lors qu’il suffise de s’en tenir à cette opération. Mais il faut surtout insister sur l’imporlance qu’il y a à réaliser le discernement. La misère, est-il sans cesse enseigné, vient de l’ignorance, c’est-à-dire du non discernement entre le réel et l’irréel. Nous sommes trop constamment portés à prendre ce qui est mauvais pour ce qui est bon, ce qui est un rien pour ce qui est une réalité. Nous oublions, nous ne pensons pas que l’âme est la seule réalité. Le corps, au point de vue des hautes réalités, est un rêve illusoire, et nous tendons à nous identifier à notre corps, et c’est pourquoi ce non discernement est la cause de la misère et celle-ci le produit de l’ignorance. Le discernement, quand il vient, donne la force et nous arrache de l’idée des choses diverses.
L’ignorance précitée procède beaucoup elle-même de Iq différenciation ou de la distinction que nous faisons des choses suivant leurs genres, leurs caractéristiques ou leurs fonctions. Exemple : un cheval blanc n’est confondu ni avec un chien, ni avec un
cheval noir, ni avec un cheval blanc placé à quelque distance.
Le verset a trait à des objets qui ne se distinguent entre eux par rien, comme une collection d’atomes d’un meme plan qui s’interpénétrent, et il est dit qu’en faisant Samyama sur le temps, on peut tout discerner. Or. la base de la philosophie Yoga est que Purusha est pur, parfait, le seul élément simple qui soit dans PUnivers. Le corps et le mental sont complexes et cependant nous avons le tort de nous identifier à eux ; c’est la grande erreur de l’illusion qui provient de l'absence de discernement. Quand ce dernier est acquis, on sait que tout ici-bas est complexe et ainsi distinct de Purusha .
54. La connaissance qui provient du vrai discernement affranchit de tous liens et embrasse tous les objets en toutes conditions.
Le verset 33 a déjà traité de cette connaissance qui affranchit des liens du monde et qu’on appelle Taraka jnana. Celle produite en faisant Samyama sur le temps (verset 52} est du genre Taraka , elle s’applique à tous les objets, des plus subtils aux plus grossiers ; elle donne aussi la connaissance des choses indépendamment des conditions ordinaires de la vie. C’est donc la plus haute connaissance que puisse viser le Yogui et son obtention est un sur
indice de la prochaine réalisation de Kaivalya dont il va être parlé.
55. La similitude de pureté réalisée entre Satwa et Purusha îait atteindre l’état Kaivalya.
Purusha, cela a été souvent dit, est toute liberté, toute lumière et toute félicité. Salwa est le principe cause de toute connaissance, et l’éclairement qui en dérive est la source de Buddhi et d ’Anankara. Quand Antahkarama-Saliva est si pacifié qu’il n’a plus conscience de son action propre, sa pureté est semblable à celledePurusha-Satwaet il est alors comme annihilé — puisqu’il n’agit plus — mais Purusha demeure toujours libre et heureux, et cela suffit pour représenter l’étre. C’est là l’état de Kaivalya sur lequel s’étendra davantage le chapitre suivant. On peut dire déjà, par extension de ce qui précède, que cet état est atteint au moment où la pureté mentale relative dont Saliva n’est que la plus haute expression est devenue aussi entière que Purusha luimême. C’est qu’alors le mental devenu tout satwique ne peut plus réfléchir que la pureté même qu’est exclusivement Purusha. En cette condition, 1 âme sent quelle ne dépend plus de rien dans le monde, qu’elle y est unique et parfaite ; c’est bien là liai-