‹ Traité de Raja YogaChapitre 28 sur 36 · Les objets ne résultent d’ailleurs pas de · texte numérisé non relu

Les objets ne résultent d’ailleurs pas de

l’action d’un seul mental, puisqu’ils n’existeraient pas, alors, en l’absence de cette action.

Ce Sutra ne se trouve pas dans tous les traités hindous ; il sert cependant à déterminer la source de la manifestation des choses. Il est certain que si cette manifestation ne dépendait que de Faction mentale d’un seul connaisseur, elle n’existerait que pour ce dernier ; alors qu’il est constant que d’autres individus en connaissent aussi et à tous les instants ; donc l’action mentale individuelle ne fait qu’intluer sur la perception des manifestations en question.

17. Une chose n’est connue ou non que suivant qu’elle teinte ou non le mental.

Le mental peut être appliqué à la perception de n’importe quoi et les objets existent en dehors de lui: il ne peut cependant pas les connaître en tout temps ; le mental ne connaît les objets que lorsqu’il est en quelque sorte teinté de leurs reflets sur lui. En fait, le mental prend la forme des objets qui l’approchent et la perception mentale s’ensuit. La connaissance même demande en outre l’action connexe de la vie dont elle est l’un des attributs, et qui intervient toujours d’elle-même dans l’organisme en bon état. On voit en môme temps pourquoi la perception simultanée des choses n’est pas possible malgré 'la nature envahissante du mental et des

sens, puisque plusieurs objets ne peuvent pas l’oc cuper entièrement à la fois.

18. Les fonctions ou les états du mental peuvent toujours être connus parce que son maître, la vie, est de nature constante.

Le mental est sujet à transformations ; l’ame qui est la vie n’est pas sujette à changements, et c’est pour cela qu’on connaît toujours les divers états ou fonctionnements du mental, parce que le mouvement, en général, n’est établi que par comparaison avec ce qui ne se meut pas. Le mental lui-même est inconscient et le fait qu’il acquiert une conscience quelconque témoigne précisément de l’immixtion d’un facteur plus élevé que lui ; ce facteur est l’immuable et éternel Purusha. Si ce dernier était susceptible de changer, le fait d’une conscience ininterrompue partagerait le même sort que les perceptions ordinaires quelconques. Mais la conscience même — abstraction faite du plan de son fonctionnement — n’est ni suspendue ni le moindrement modifiée et il s’ensuit bien la connexité effective, à notre stage, du mental même et de Purusha.

19. Le mental n’a pas de pouvoir éclairant propre, il n’est qu’un objet perceptible.

11 n’y a que Purusha qui éclaire en propre ;

toute autre chose, le mental meme, aussi bien qu’un sens quelconque, n’est qu’un instrument qui ne peut servir qu avec I assistance de la vie qui l’imprègne.

Page 1