‹ Traité de Raja YogaChapitre 6 sur 36 · Le Verbe manifesté de Dieu est « Om · texte numérisé non relu

Le Verbe manifesté de Dieu est « Om

La syllabe mystique Om, le Pranava , est le véritable mot de gloire, le secret des secrets, la source, l’agent plutôt, de tout pouvoir. Il est parlé, ailleurs, de la synthèse qu’il peut représenter des diverses parties de l’univers. Quant à sa qualification pour être le meilleur vocable d ’lshvâra, on doit dire que Dieu peut être appelé de bien des manières, mais que chacun des noms émis doit avoir comme substratum le symbole immanant du fond même de la nature manifestée et c’est ce que réalise « Om ». De la sorte le mot mystique peut repré. senler tout idéal du genre, qu’il soit moniste, dualiste, monodualiste, séparatiste et même athéiste. C’est donc le symbole le plus universel des aspirations religieuses de toute l’humanité, et toute autre expression linguistique de la même idée ne la rend en somme que partiellement et ainsi moindrement.

28. La fréquente répétition du mot sacré et la méditation approfondie sur sa signification produisent de grands effets.

L’effet de la répétition, en général, est d’emmagasiner les impressions produites, samskaras , pour les faire retrouver ensuite et toujours. Les vibrations atomiques ne cessent effectivement jamais. A la disparition d’un univers, les astres sont dissous en ce qui concerne l’association de leurs éléments, mais les vibrations demeurent dans les atomes et ceux-ci continuent d’accomplir leurs fonctions d’antan. 11 en est de même des vibrations de Chitla. Et quand celles-ci sont de l’ordre des Samskaras spirituelles, c’est le plus haut stimulant qui soit. La répétition du mot sacré et la méditation sur sa signification sont donc la meilleure compagnie qui puisse se trouver dans notre mental.

29. Il en dérive la connaissance du subjectif, de l’introspection et la destruction des obstacles.

La répétition du mot sacré évoque d’abord en quelque sorte la partie intelligentielle de la nature et en enveloppe la conscience. Celle-ci ne se trouve dès lors plus en dehors des choses, mais en leur milieu même ; elle les voit ainsi d’en-dedans ou dans leur partie subjective. Les obstacles ici entendus sont énumérés dans le verset suivant.

30. Les obstacles à surmonter sont: la maladie, le défaut de soin, la paresse, la lourdeur d’intelligence, la fausse perception, le doute, la non concentration, la dissipation, l’instabilité, tout cela distrait.

Ces obstacles se comprennent aisément. La dissipation s’entend surtout, ici, de l’instabilité mentale qui fait changer fréquemment d’objet à la pensée. La fausse perception a trait à la situation mentale dans laquelle on se trouve. L’instabilité est l’incapacité à demeurer dans une situation mentale déterminée, même si elle est bonne.

La maladie est un grand obstacle aussi, parce que le corps est le vaisseau préposé à traverser l’océan de la vie, ce qu’il ne peut faire que s’il est en bon état. Les personnes qui ont généralement une mauvaise santé ne peuvent s’adonner à la Yoga.

Le doute appelle parfois, pour être dissipé, quelques manifestations psychiques. 11 ne faut pas s’y attarder et continuer quand même. La marche est faite de montées et de descentes ; en persévérant on arrive toujours au terme. La répétition du mot sacré amoindrit d’ailleurs la grandeur des obstacles.

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