INTRODUCTION
.'ilti. Lois du frottement. — (a) Description du phénomène. — Lorsqu'un corps A repose sur un autre corps B par l'intermédiaire d'une certaine étendue de surface et qu'il exerce sur ce corps une certaine pression, on constate qu'un effort oblique par rapport à la surface de contact, appliqué au corps A, n'amène pas toujours le déplacement de ce corps ; il faut pour que le mouvement se produise que l'effort soit suffisamment grand. Il y a entre les deux corps une sorte d'adhérence.
On se fera une idée exagérée de ce qui se passe au conlact des deux corps en opposant deux brosses, crin contre crin, et en essayant de les déplacer tangent ie llemen t, c'est-àdire parallèlement à la surface de contact ; on aura ainsi à vaincre la résistance des crins qui ont pénétré d'une brosse à l'autre dans les interstices les uns des autres et Y effort tangentiel qu'il faudra développer pour obtenir le mouvement sera d'autant plus grand que les brosses auront été pressées davantage l'une contre l'autre, c'est-à-dire que Veffort normal N aura été plus considérable.
{b) Lois. — Les lois du frottement ont été établies par Coulomb et par le général Morin ; en voici l'énoncé.
Nous désignons par résistance de frottement ou simplement par frottement la force tangentielle qu'il faut développer pour opérer le déplacement tangentiel relatif de deux surfaces en contact.
1° Le frottement dépend de la nature des surfaces en contact ; il est proportionnel à la composante normale de la pression qui s'exerce entre les deux corps.
2° 11 est indépendant de l'étendue des surfaces en conlact.
3° 11 est indépendant de la vitesse du mouvement relatif.
Frottement
On remarque aussi que le frottement au départ, c'est-àdire celui que provoque le mouvement, est plus grand que le frottement qui se maintient pendant ce mouvement, et que l'on nomme le frottement aumouvement.
Dans les études que nous faisons, nous avons donc à tenir compte des frottements qui sont de véritables forces de réaction ; mais afin d'augmenter la sécurité nous considérerons de préférence la résistance de frottement au mouvement, qui est plus petite que celle du frottement au départ.
Si, en effet, un organe, qui était en équilibre, vient à être soumis à un effort accidentel qui le déplace d'une quantité si petite que ce soit, le frottement sur lequel nous serons en droit de compter ne sera plus que le frottement en mouvement.
Pour déterminer les valeurs du frottement dans les différents cas, voici comment on a procédé.
(e) Expériences. — Sur un plan horizontal constitué par
Fig. 301
une matière déterminée (dans une expérience, c'était du bois, dans une autre, du fer, etc.) on a placé une caisse A chargée d'un poids connu N et l'on a déterminé l'effort p