Contreventements des ponts
(a) Définitions. — Les constructions eu charpente (bois ou métal) se composent essentiellement d'organes situés presque toujours dans des plans verticaux; telles sont les fermes d'un comble et les poutres maîtresses d'un pont.
Les charges (poids propre ou surcharges) sont des forces qui agissent sur ces organes, mais en étant situées dans leur plan et qui, par conséquent, en font travailler plus ou moins les éléments mais ne tendent pas à les renverser par une rotation autour d'une horizontale de ce plan.
D'autres forces (et en particulier le vent) peuvent attaquer l'organe suivant des directions non 6ituées dans son plan. Si l'on décompose chacune de ces forces en deux composantes dont l'une sera normale au plan, c'est-à-dire horizontale, et l'autre sera parallèle à ce plan, tandis que la composante parallèle rentrera dans la première catégorie, la composante horizontale, au contraire, produira des effets nouveaux qu'il faut empêcher.
Les contreventements ont précisément pour but de résister aux efforts horizontaux, parmi lesquels ceux qui sont dus à l'action du vent sont, de beaucoup, les plus importants et généralement les seuls que l'on considère.
Comme exemple, considérons une poutre en N inférieure (type Pratt), représentée schématiquement (fig. 399-1) en élévation.
Sur les deux plans de tabliers (ûg. II et III) ainsi que sur les coupes (fig. IV et V) la direction du vent est indiquée par des flèches.
Les effets suivants peuvent se produire.
(b) Voilement des poutres (ûg. V). — Surtout si la poutre esta âme pleine, et si les membrures h et /.• sont maintenues fixes, l'âme fléchira dans sa hauteur et prendra la figure h'k'. C'est ce que l'on nomme un effet de voilement. On y remédiera en fortifiant les montants verticaux des poutres maîtresses.
(c) Torsion générale et contreventement transversal.
— Si l'une des membrures AB (fig. Il est fixe et si l'autre CD est libre il se produira une torsion générale (v. la coupe fig. IV) qui tendra à amener la section transversale de la position mpqn dans la position mp'q'n, et à transformer le rectangle de coupe en un parallélogramme.
On y remédiera par un contreventement transversal qui pourrait consister dans une seule pièce en diagonale telle que mq (fig. IV), laquelle serait tirée, dans le cas où le vent agirait dans le sens des flèches, mais serait comprimée dans le cas contraire.
En plaçant deux diagonales mq et m'q', formant une croixde Saint-André, chacune d'elles pourra n'être calculée que comme pièce tirée; l'une servant à résister au vent dirigé dans un sens et l'autre au vent dirigé dans l'autre sens.
Nota. — 1° Ce genre de contreventement transversal par croix de Saint-André est très bon. mais il n'est possible que si l'on ne doit pas circuler dans l'intérieur de la poutre et c'est une raison de plus en faveur des poutres Pratt.
Si l'on doit circuler dans les poutres, le contreventement