NATURE DES TERRES
Coefficient de frottement f-
Angle de frottement ?•
Poids du mètre cube
Marnes sèches à l'état naturel . . .
Marnes ameublies et damées . . .
Marnes naturelles saturées d'eau,
Terres végétales sèches naturelles .
1200 à lôOO
Arènes sèches, état naturel ....
Arènes ameublies, puis damées . .
Arènes naturelles saturées d'eau sans être en bouillie
Arènes ameublies, saturées d'eau et
On peut admettre, en moyenne, 35° comme angle de frottement et, par suite, comme angle de talus naturel des terres
POUSSÉE DES TERRES
ordinaires sèches ou peu mouillées, et 1800 k. comme poids moyen du mètre cube.
Les terres argileuses, au contact de l'eau qui s'introduit dans les remblais par des Assures, se délaient et perdent toute consistance ; le remblai peut arriver à pousser le mur comme le ferait un liquide dont le poids spécifique serait de 1800 k. environ.
On se met à l'abri de cette cause d'accident en pilonnant fortement le remblai pour éviter la formation des fissures, et en recueillant, par un drainage extérieur, les eaux qui pourraient tendre à pénétrer la masse.
485. Cohésion des terres. — La cohésion des terres est la propriété que possèdent les terres vierges, ou celles qui ont été laissées longtemps en place, de former un tout compact sans solution de continuité.
C'est en vertu de la cohésion qu'un bloc de terre tenu par
la partie supérieure peut conserver sa forme sans se briser. C'est pour la même raison, aussi, qu'on peut creuser dans une terre vierge, ou rassise, des excavations avec des talus à picou,du moins, beaucoup plus raides que le talusnaturel.
La force de cohésion s'ajoute à celle du frottement pour empêcher le mouvement ; elle paraît ne dépendre que de l'étendue des surfaces en contact; elle est très variable, non seulement avec la nature des terres, mais encore avec les conditions climatériques qui peuvent la faire disparaître. C'est pourquoi on a l'habitude de ne pas en tenir compte clans les calculs, ce qui donne un surcroit de sécurité.
On peut quelquefois tenir compte delà cohésion lorsqu'on opère sur des terres vierges; il en résulte une légère diminution de l'épaisseur des murs ; mais il faut alors prendre les plus grandes précautions pour empêcher les eaux d'infiltration d'atteindre le terrain vierge, et être bien sûr que ces précautions ne seront pas illusoires.
§2. — Poussée des terres
486. Préliminaires. — (a) La Poussée. — Lorsqu'on veut maintenir d'une façon définitive un massif déterre sous une inclinaison plus raide que celle du talus naturel de ces terres, on est obligé de soutenir le massif par un revêtement qui pourrait être une charpente, mais qui, le plus ordinairement, est un mur, dénommé mur de soutènement .
Le massif de terre, lequel tend toujours à reprendre son talus naturel, exerce contre ce revêtement, charpente ou mur, une certaine poussée, dont nous allons déterminer la direction, l'intensité et le point d'application.
Nous chercherons ensuite, dans le chapitre III, le profil à donner au mur pour qu'il puisse résister à cette poussée.
{b) Hypothèses et conventions. — Nous supposerons :
1° Que le massif de terres à soutenir est sans cohésion ;
2° (fig. 463) Que si l'on considère la portion de parement intérieur du mur comprise au-dessus d'un point b, la poussée s'exerce sur toute la hauteur biï, le point H étant le point de rencontre du parement intérieur du mur, supposé prolongé, avec le talus extérieur du massif, talus ordinairement incliné à l'angle naturel o des terres ;
3° Que la séparation entre les terres qui poussent sur le mur et celles qui ne poussent pas se fait suivant une surface plane bX que l'on nomme plan de séparation ou plan séparutif. En réalité, la séparation semble se faire suivant une surface courbe analogue à bB dont la pente est beaucoup plus raide à la partie supérieure D qu'à la base b ;
4° Que toutes les particules de terre comprises dans le prisme H6XE, nommé prisme ou coin de poussée, sont invariablement liées les unes aux autres et forment une sorte
de coin solide entre le parement intérieur 6H du mur et le plan de séparation èX;
5° Enfin, comme le profil du terrassement est constant sur une certaine longueur, nous opérerons sur une tranche d'une profondeur égale à l'unité, c'est-à-dire à 1 mètre, de
Fig. 403
sorte que les volumes des terreset du mur seront représentés parles mêmes nombres que les surfaces correspondantes du profil. De même, les poids seront obtenus en multipliant ces surfaces par les poids spécifiques des terres ou des maçonneries.