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DIFFEUENTES PHASES DE LA DEFIGURATJON
§2. — Différentes phases de la défiguration
118. Expériences de M. Bauschinger. — Pendant longtemps, on a admis que lorsqu'un fil, après avoir été soumis à un effort modéré, est ensuite abandonné à lui-même, il reprend sa longueur primitive; et en effet, en répétant l'expérience de Wertheim (n° 115) et en mesurant les allongements comme nous l'avons indiqué, on constate que le fil revient bien à sa longueur primitive lorsqu'on le décbarge après lui avoir fait supporter un effort modéré. Cependant il résulte d'expériences dues à M. Bauschinger, de Munich, qu'en réalité le fil qui a été allongé conserve toujours un certain allongement statique. Il ne revient jamais rigoureusement à sa longueur primitive.
Dans ses expériences, M. Bauschinger opère sur une barre courte, de section carrée, portant à ses extrémités deux renforts que saisissent les mâchoires d'un banc à tirer. Pour mesurer les allongements, voici le principe de la disposition imaginée par le savant Professeur. La barre d'essai porte en a, b, c et d (fig. 92) quatre traits qui forment des encoches assez fines pour ne pas affaiblir la pièce. Dans les traits a et b pénètrent des couteaux F et G qui sont poussés contre la barre d'essai par une traverse qui n'est pas figurée ici et qui les embrasse ; dans les traits c et d pénètrent d'autres couteaux H et K qu'on maintient au contact de la pièce d'essai de la même manière que les couteaux F et G.
Fig. 02
H et K sont munis de ressorts l et m qui se prolongent jusque sous les queues des couteaux F et G. Enfin entre ces derniers et les ressorts / et m on place des cylindres à surface légèrement rugueuse.
On comprend que lorsque la barre d'essai s'allongera, les cylindres placés entre les ressorts / et m et les couteaux F et G se déplaceront en roulant sur les surfaces de contact, comme ferait un crayon que l'on forcerait à tourner en le serrant entre les deux mains et en déplaçant ces dernières en sens inverse l'une de l'autre.
Afin d'apprécier les déplacements de ces cylindres, si
minimes qu'ils soient, M. Bauschinger les munit de petits miroirs qui réfléchissent l'image de divisions faites sur l'un des murs de la salle d'expérience.
On pourrait envoyer dans ces miroirs un faisceau lumineux émanant d'une lampe; par réflexion il se produirait une image brillante sur le mur ; le moindre allongement de la tige entraînerait une rotation des miroirs et, par suite, un déplacement, très amplifié, de l'image brillante sur le mur.
Pour la clarté des explications qui vont suivre nous prions le lecteur de se figurer sur le mur cette image brillante et d'admettre que ses déplacements sont proportionnels aux allongements delà tige en expérience.
A l'aide de cette ingénieuse disposition on peut évaluer
des allongements de — -— de millimètre.