LIMITE D'APPLICATION DES FORMULES DE LA FLEXION
grande extension. C'est la résistance de ces dernières qui empêche le filage des premières de se continuer; on pou: rail appeler cette troisième phase : phase d'équilibre instable partiel.
Enfin lorsque la résistance, ou plutôt l'apport de résistance, qui provient de la partie ab\, n'est plus suffisante, la rupture se produit.
Il est facile de comprendre que ces phénomènes de soutien mutuel des libres sont d'autant plus sensibles, que le métal est plus ductile.
(c) Les anomalies ne sont qu'apparentes. — M. Considère a tracé en a et b, sur la pièce avant la flexion, à l'endroit où elle devra se rompre, deux petits repères très rapprochés (flg. Hl). Il a mesuré une première fois leur distance ab avant l'expérience et une seconde fois leur écarternent a!b', au moment de la rupture. Il a pu se rendre compte ainsi de l'allongement proportionnel de la fibre extrême, et il a trouvé qu'il était égal à l'allongement de striction tel qu'il es! défini au n° 123.
De plus, après avoir relevé très exactement le prolil de la ligure 107, c'est-à-dire de la section déformée au moment oii elle s'est rompue, il lui a été possible de calculer avec précision, en fonction du moment fléchissant M, la valeur exacte de l'effort unitaire supporté par la fibre extrême inférieure. Et il a trouvé que cet effort était précisément le même que celui que supportait, dans la section de striction, la barre de même métal quand on l'éprouvait à la rupture sur le banc de traction.
M. Considère a donc conclu de ses expériences que l'anomaliesignalée ci-dessus n'était qu'apparente et qu'elle tenait, d'une part, à ce que l'on appliquait, à tort, la formule (C), et, d'autre part, à ce que l'on rapportait la résistance absolue de rupture à la section primitive au lieu de la rapporter à la section de striction.
(d) Coefficients de majoration à adopter. — Cette théorie tient compte, en partie, de la ductilité du métal et, en partie aussi, du nombre et, par suite, de l'apport de résistance des fibres qui avoisinent le centre de la section. Par conséquent, étant admis que l'épreuve au banc de traction fait connaître la résistance absolue de rupture d'un métal évaluée sur la section primitive, et non pas sur la section strictionnée, il serait utile de connaître de quel coefficient de majoration on serait en droit de la frapper pour les calculs de résistance à la flexion.
Il résulte, de ce qui précède, que plus le coefficient de striction sera petit (v. nos 122 et 123) plus ce coefficient de majoration sera élevé.
Mais, d'un autre cùté, plus il y aura de matière répartie aux environs du centre, plus le soutien mutuel des fibres sera efficace et plus le coefficient de majoration sera élevé.
Le coefficient final sera donc le produit de deux coefficients partiels ; l'un que l'on pourrait appeler le coefficient de ductilité et l'autre le coefficient de forme.
Le tableau ci-joint donne des indications à cet égard.