CHAPITRE III. — DES BERCEAUX ET DES PORTES. a5l
avec MNPQR , en prenant la droite n"p" = NP , et détenniDant les autres sommets'par leurs distances aux deux points N et P, puis en traçant lare ri' a" m!* avec le même rayon que MN : mais lorsqu'il y a plusieurs voussoirs égaux, comme dans le cas actuel où il s agit d'un plein cintre , il est plus commode de tailler, une fois pour toutes , sur un châssis de bois ou une feuille de carton , un panneau découpé suivant la forme RMNP; et en appliquant ce panneau sur la face plane kri'li^ on tracera immédiatement tout le contour rri* ol" n" p" (f r'^ de la tête du voussoir.
Maintenant , par la droite n"p'\ et perpendiculairement à la face de tête , l'ouvrier fera passer un plan kri'rih qu'il exécutera au moyen de Féquerre, et il y marquera le contour exact du joint supérieur NP , en formant des angles droits dont les côtés soient
n"ri = N"N', py = P"?'.
Il agira de même pour le joint inférieur MR , en faisant passer par le côté m"r'' un plan perpendiculaire à la face de tête, et en y traçant le contour de /ce joint qui est un rectangle vri'r^r^w! dont la longueur égale encore M'M*. Alors l'ouvrier pourra dresser facilement la seconde face de tête m'ripf q[v\ puisqu'il connaîtra, par ce qui précède, deux droites ripf et mV contenues dans ce plan, lequel d'ailleurs devra se trouver perpendiculaire aux deux joints , ce que l'on vérifiera avec Féquerre ; et ensuite , sur ce plan indéfini , il appliquera le panneau MNPQR pour y tracer le contour m'rip'cfr* de cette seconde tête du voussoir.
Quant à la douelle cylindrique, cette surface courbe admet pour génératrice une ligne droite, et dès lors elle pourra s'exécuter comme un plan, pourvu qu'on assigne à l'ouvrier des points de repère sur lesquels il appuiera l'arête de sa règle. Or, si l'on divise les deux arcs m"(x!'î''ri\ m^ (x!^'ri\ déjà marqués sur la pierre, en un même nombre de parties égales , les points a' et ct!\ €' et S", . . . seront évidemment des repères qui correspondront à une même position de la génératrice rectiligne du cylindre.
Enfin, pour la face supéHeure p"c(' a[p et la face latérale c('r"r'q[y les opérations précédentes ont fait connaître trois droites de chacune d'elles , et c'est plus qull n'en faut pour tailler ces plans , qui sont en outre d'équerre sur la tête du voussoir. D'ailleurs, ordinairement on ne fait qu'ébaucher ces deux faces, du moins quand le mur est en maçonnerie , comme nous le supposons ici.
615. Si la projection verticale du voussoir avait eu la forme mnpq de la fi(j. a , ou la forme MNPQSR de la^gf. 4, l'ordre des opérations et la taille des
a5a LIVRE IV. — COUPE DES PIERRES,
diverses faces auraient été les mêmes ; il n'y aurait eu de différence que dans la forme du panneau de tête , qu'il faut toujours lever sur la projection verticale de Tépure.
Berceau droit.
616. Pour une telle voûte, représentée dans làfig. i, lappareil ou la division en voussoirs s'effectue comme nous l'avons expliqué aux n°* 609, 610; seulement, chacune des assises ayant ici une longueur trop considérable pour être formée d'une seule pierre, on la subdivise en diverses parties qui forment un même cours de voussoirs, en employant des plans verticaux M'N', M'^N", RT',T'Q',..., tous perpendiculaires aux génératrices du cylindre, et conséquemment normaux à Fintrados. D'ailleurs, il faut avoir soin d'interrompre ces joints verticaux, comme le montre la projection horizontale, en les faisant alterner de manière qu'ils ne se correspondent que de deux en deux assises.
617. Quant à la taille de chaque voussoir, par exemple de celui qui est pro* jeté verticalement sur MNnm et qui est compris entre les plans verticaux M'N', M'^N'', on opérera exactement comme au n? 614, en se servant ici du panneau de tête MNnm; seulement, la face supérieure mn étant cylindrique, on la taillera par le moyen que nous avons expliqué pour la douelle, en mar* quant des points de repère sur les deux arcs égaux à mn qui auront été tracés sur les deux têtes du voussoir. Au surplus , cette face supérieure est simplement ébauchée , lorsqu'on ne la laisse pas entièrement brute.
Nous ne parlerons pas ici des biais ou des talus qui peuvent se rencontrer dans un berceau, parce que nous allons étudier ces difficultés à Foccasion des Portes, et que tous les détails que nous donnerons sur ce sujet, seront applicables aux Berceaux.
Porte biaise, en talus, et rachetant un berceau en maçonnerie.
Pl. 35 ^*^- ^o^^^ se faire une idée nette de la question actuelle dans son ensemble, Fi G. I . *' f*^^ ^^ représenter un grand berceau dont la section droite est le demi-cercle vertical GXD'', et qui a pour pieds-droits deux murs dont le parement intérieur DV est un plan vertical, tandis que le parement extérieur D'd' est en talus, et biais par rapport au berceau ; c'est-à-dire que la trace horizontale rfV de ce plan incliné n'est point parallèle k la génératrice D"C du cylindre. Cela posé , dans ce berceau , on veut pratiquer une porte qui soit comprise entre les deux