‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 168 sur 274 · CHAPITRE III. — DES BERCEAUX ET DÉS PORTES. a6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DES BERCEAUX ET DÉS PORTES. a6l

654, Méthode par équarrissement ou par dérobement. Imaginons un prisme Pl. 36 droit qui ait pour base la projection verticale RM(|;NPQ du voussoir en ques- et 35, tien {PL XXXVI) ^ et pour longueur la plus grande dimension P'Q" de la pro- FiG. 4. jection horizontale : ce sera le solide capable. Ainsi, après avoir choisi un bloc de pierre [fig. 4) ^^ moins égal à ce prisme, on dressera la base de manière qu'elle soit exactement plane (n® 595), et on y tracera le contour m^n^V^q^r^ au moyen d un panneau (voyez n® 614) levé sur la projection verticale MNPQR de la PL XXXVI : on devra avoir soin de tourner ce panneau de telle sorte que le côté MR dun des joints coïncide, autant que possible, avec le lit de carrière m^r^^^^ par la raison citée au n° 587. Cela posé, l'ouvrier abattra la pierre carrément le long de la droite m^r^^ c'est-à-dire qu'il conduira par cette droite un plan qui soit exactement perpendiculaire à la base déjà exécutée , et lequerre lui suffira bien peur cela; puis, sur cette face il appliquera le pan* neau mVr^m" {fig. 3) du joint supérieur, en le plaçant aux distances m^M^ =G'M', r^R^ = R'S', et par le moyen de ce panneau il tracera le contour R1M1M2R2 du joint véritable. Il en fera autant pour l'autre plan de joint qui passe par la droite PfTii , et qui est d'équerre sur la base du prisme ; et il y appliquera aussi le panneau n'pp'n" de layîgf. 3, pour y tracer le contour P^N^NjP, du joint inférieur.

Quant à la douelle, c'est une portion de cylindre qui passe par la courbe m(a^ et dont les génératrices sont perpendiculaires au plan de cet arc; lequerre suffira donc encore pour tailler ce cylindre; ou bien, si la branche de son équerre n'est pas assez longue, l'ouvrier emploiera une cerce (*) découpée suivant la convexité de l'arc MN, et en promenant cette cerce sur les deux droites déjà tracées miM,, n^N^, de manière qu'elle passe par des points de repère marqués deux à deux à égale distance de la section droite m^n^ , il taillera aisément cette surface cylindrique. Ensuite, il y appliquera le panneau de douelle m'n'n"m!' de la fig. 3, lequel a dû être exécuté en carton ou en tôle, afin qu'en appuyant sur ce panneau flexible^ on puisse le faire coïncider parfaitement avec la surface concave MfNiNaMs ; et dans cet état, on tracera sur la pierre les deux courbes M^N^ etMjNj (**).

(*) On appelle cerce, cerche ou cherche, une planche de bois mince ou une simple latte ^ dont le bord est taillé suivant le contour convexe ou concave d'une courbe déterminée [fig. 6 et 7), et que Ton promène , comme un patron mobile , sur les diverses parties d'une face courbe qu'il s'agit d'exécuter.

f *) Pour arriver à ces résultats, on pourrait se dispenser de construire toute la seconde

a6a uvRE iv. — coupe des pierres.

Enfin, la face latérale P191Q2P2 ^t la face supérieure ^iTfRaQ, étant des plans qui passent chacun par deux droites connues et sont en outre perpendiculaires à la base du prisme, il sera bien facile de tailler ces faces ; et après avoir pris les distances 9,Q< =P'Q', 94Qa = P'Q'', on tracera les droites RiQi, Q4P4, et lare de cercle Q^Pa au moyen dune cerce découpée suivant la courbure de la section droite DX du berceau, qui est donnée sur la PL XXXVI,

635. Maintenant que le contour RaMaN^Ps Qa de la tête du voussoir relative au berceau se trouve complètement tracé sur le prisme, on taillera cette face cylindrique en promenant une règle sur cç contour , de manière qu elle passe à la fois par les points de repère a et ê , a' et S', M, et S", . . . , qui correspondent à une même génératrice de ce cylindre. Or, on trouvera aisément ces repères en traçant sur la base du prisme diverses droites parallèles à 9,r| , comme a^êi , et en ramenant par des horizontales les points a« et ê, en a' et S\ Quant à lautre tête R|M|N|P|Q4, comme c'est un plan dont le contour est entièrement connu par ce qui précède , on dressera cette face avec la règle appuyée sur tels points de ce contour que l'on voudra choisir ; et après avoir enlevé la pierre qui excède cette limite à gauche, le voussoir définitif sera enfin le solide

M.N.P.Q.R.RaMaNaPaQa

656. Méthode par biveaux. Nous avons commencé , dans laifig. 4 y par tailler

la section droite m^ n^ P^ q^ r^ du solide capable : mais comme le biais et le talus

qui existent ici, font disparaître cette face dans le voussoir définitif, on peut

éviter la perte de temps et de matériaux que cela occasionne, en opérant de la

Pl. 35 nianière suivante. Après avoir dressé un des lits de carrière, et y avoir tracé le

FiG. 5. contour MiRfRaMa du joint supérieur, louvrier conduira par la droite M^M^

partie (fig. 3) de Tépure 36, c'est-à-dire les panneaux des douelles et des joints, si l'appareilleur voulait prendre la peine de venir tracer sur la pierre même les contours de ces faces. Pour cela , il faudrait que l'épure ne fut pas éloignée du chantier, ou que Tappareilleur prit soin de noter, sur une figure grossièrement tracée dans son carnet, les longueurs en millimètres des diverses droites G' M', G' M", S'R', S'R", H'N', H'N",. . . et de quelques autres intermédiaires, telles qu'elles sont marquées sur l'épure primitive. Alors, quand l'ouvrier aurait équarri le prisme droit qui a pour base /ti/ZiPt^ir, (Jig, 4)> Tappareilleur viendrait marquer, sur la pierre même, les distances r|R, , r,R,, m,M, , /n,M,,. . . déjà inscrites sur son carnet; puis, il tracerait à la main les courbes R3M,, M^N,, . . . dont il connaîtrait un ou deux points intermédiaires; opérations analogues à celles qu'il aurait du faire pour exécuter la^S^. 3 de répure 36.

Page 1