‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 169 sur 274 · CHAPITRE III. — DES BERCEAUX ET DES PORTES. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DES BERCEAUX ET DES PORTES. l

un plan qui fasse avec ce joint un angle égal à RMf sur Tépure 36 : ce plan est celui de la douelle plate qui serait menée par la corde Mf N et par les deux arêtes de douelle du voussoir , et que Ton substitue provisoirement à la véritable douelle cylindrique. Pour tailler cette douelle plate, on donnera à louvrier un biveau (*) dont Tangle soit égal à RM9 ; et en maintenant ce biveau dans un plan toujours normal à Varête M| M, , il s en servira comme d une équerre ordinaire pour exécuter le plan demandé. Ensuite, sur ce plan indéfini , il marquera le contour M| f 1N4N9 de la douelle plate, dont la véritable grandeur est un trapèze bien facile à déduire de l'épure 36 (**).

Semblablement , avec un biveau dont 1 angle soit égal à f NP (ici cet angle est le même que BM9) , et dont une des branches se promènera sur la douelle plate, pendant que le plan du biveau demeurera normal à larête N4 N, , louvrier taillera le joint inférieur sur lequel il tracera le contour M| NaP^Pi au moyen du panneau relatif à ce joint. Alors, il pourra exécuter la face de tête en talus, puisque c'est un plan qui passe par les trois droites R| M| , M4 N, , M4 P4 , actuellement connues ; et il y tracera le contour M, i|/ « N « P4 Q, R4 de cette tête , qui n est marqué qu'en projection sur l'épure 36, mais dont le rabattement est bien facile à trouver. Ensuite, il creusera la douelle cylindrique qui commence à lare Miij/fNi , en se servant d une cerce (p? 634) découpée suivant la courbure de Mi(;N sur l'épure 36; et le panneau de douelle développée qu'il appliquera sur ce cylindre^ lui permettra de tracer l'autre limite M, ^^ N^

Quant aux deux faces planes R| Qi Q^R^ et P«.Q| Q^Pi , on connaît actuellement deux droites pour chacune d'elles, et il sera facile de les dresser ou de les ébaucher seulement. Sur la seconde de ces faces, on tracera la courbe P^Q^. avec une cerce découpée suivant l'arc droit DX du berceau ; et alors le contour Ma^a^aPsQa^a de la seconde tête du voussoir étant connu entièrement, on taillera cette face cylindrique au moyen d'une règle que l'on maintiendra toujours parallèle à R^Qs-

(*} On nomme biveau ou beuveau une espèce d'équerre oblique {Jîg. 8] , formée par deux règles de bois assemblées à frottement et comprenant entre elles un angle aigu ou obtus. Il y a aussi des biveaux dont une des branches offre un contour curviligne {^g. 9) , et qui servent à donner l'inclinaison d'un plan sur une surface courbe , comme sur Tépure 36 l'angle RM^p est celui que forme le joint du berceau avec la douelle cylindrique.

(**) Il est vrai que cette douelle plate irait couper le berceau suivant une courbe, et non suivant la droite Mj^aNs ; mais il est superflu de chercher cette courbe , puisque la douelle plate va être détruite pour creuser la douelle cylindrique.

657. Cette seconde méthode est préférée par les tailleurs de pierre qui, étant ordinairement payés à raison du mètre superficiel de parement vu, cherchent tous les moyens d'économiser leur temps; mais on ne peut s'empêcher de reconnaître qu elle offre moins de précision dans les résultats que la méthode par dérobement du n^ 654. Car, i** on y emploie des biveaux ou angles obliques qui conservent bien rarement l'ouverture qu'on leur a donnée d'abord, tandis que l'équerre fixe suffit pour équarrir un prisme droit, capable du voussoir eu question; 2^ comme on déduit successivement les unes des autres plusieurs faces contiguës (la douelle plate et les deux joints) au moyen de leurs inclinaisons mutuelles, il y a dans ce procédé la même incertitude que quand on trace un polygone ABCDE {fig, ta) au moyen de ses côtés successifs AB , BC , CD, ... et des angles intermédiaires , sans recourir aux diagonales ; on sait qu'alors les petites erreurs s'accumulent souvent, et il est rare que le dernier sommet E soit à la distance voulue du point de départ A. Ainsi , en taillant un voussoir par la méthode des biveaux, on s'expose à obtenir des joints trop maigres y ce qui serait un défaut irréparable, ou du moins auquel on ne pourrait remédier que par l'emploi de cales exagérées ; mais c'est là une ressource dont nous avons signalé (n*** 605, 605) les inconvénients très-graves pour des constructions qui ont de l'importance.

Au sui'plus, les défauts reprochés à la méthode par équarrissement , dispa^ raissent souvent d'eux-mêmes, attendu qu'ordinairement le voussoir M'NT'Q"R'' de l'épure 36 présente une longueur trop considérable pour être formé d'une^ seule pierre ; dans ce cas , on le partage en deux par un pl^n vertical perpendiculaire à P'Q^, ce qui donne lieu à deux voussoirs partiels dont chacun offre une tête ou joint montant identique avec la section droite MNPQR; et alors, en partant de cette face pour y appliquer la méthode du n^ 654, il n'y a aucune perte de temps ni de matériaux.

658. Remarque I. Nous avons dit (n^ 592) qu'il importe d'éviter, autant que possible, les angles aigus qui seraient formés par les faces contiguës d'un même voussoir; or, dans l'épure 36, la face horizontale RQ qui va couper le berceau suivant la génératrice R"Q", forme avec la tête du voussoir située sur ce berceau, un angle TUt/ qui est d'autant plus aigu que le voussoir considéré se trouve plus près de la clef : cela est surtout très-sensible, quand le rayon du berceau n'excède pas beaucoup celui de la porte. Dans ce cas, il conviendrait de terminer le voussoir par une face normale au berceau , et conduite suivant la génératrice (RQ, R"Q"); cette face couperait le plan rabattu VDX suivant la

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