CHAPITRE VIII. — DES ESCAUERS
d après laquelle on voit que quand G augmente , H doit diminuer, mais non pas d'une quantité égale; et réciproquement. Cette relation, qui nous a été transmise par les anciens constructeui*s , parait fondée sur les observations suivantes : la plus grande distance que nous puissions parcourir sur un plan horizontal est d'environ 64 centimètres; tandis que sur. un plan vertical, par exemple en montant à une échelle, le plus grand intervalle quun homme puisse franchir n'est que de 32 centimètres. Ainsi, la locomotion étant plus pénible dans le sens vertical que dans le sens horizontal , oq en a conclu qu'il fallait, pour les cas intermédiaires, maintenir entre ces deux mouvements une dépendance analogue et qui satisfît à ces données extrêmes ; or, la formule citée plus haut donne bien ,
pour H = o, G=o™,64; et pour G = o, H = o'°,32.
Au surplus, on doit voir, par ce genre de considérations, que la formule en question n'est pas susceptible d'une rigueur mathématique ; et lorsque d'autres convenances Texigeront , la somme G + 2H pourra bien égaler 60 ou 65 centimètres (*), mais sans sortir des limites déjà indiquées,
% H>ri et <i9, G<4o et >a5.
857. Une rampe ou une volée est une suite de marches contiguës qui s^éten^ dent depuis un pa/ier jusqu'à lautre ; ce dernier nom désigne un espace horizontal plus considérable qu'un giron , et qui est ménagé de distance en distance pour offrir un repos à ceux qui montent l'escalier. Il est bon que chaque palier ait assez de largeur pour permettre de faire au moins un pas médiocre (o™,4S) après avoir posé le pied sur la dernière marche qui se nomme marche palière; conséquemment la largeur de chaque palier devra être au moins de o™,8o.
{*) La règle ci -dessus est citée par Blondel dans son Cours d*^ Architecture , tandis <j[ue quelques praticiens modernes adoptent la formule G 4- H = 4^ centimètres; mais celle-ci, pour G = 25, donnerait H = 23, ce qui est beaucoup trop considérable. Anciennement, d'après le dire de Vitruve , on réglait la pente d'un escalier au moyen d'un triangle rectangle dont la hauteur était 3 , la base 4 9 et l'hypoténuse 5 ; maïs une pente aussi roide serait tout à fait inadmissible pour nos habitations modernes, et elle pouvait tout au plus convenir aux maisons des anciens qui n'avaient guère qu^un rez-de-chaussée , et où les escaliers ne servaient que pour monter sur les terrasses ou aux amphithéâtres.
Quant au nombre de marches qui composeront une même rampe, il ne doit pas dépasser 21., attendu que lexpérience montre qu'arrivé à cette hauteur, on éprouve le besoin de trouver quelque repos; d'ailleurs il ne. faut pas que ce nombre soit au-dessous de 3, parce qu une rampe de une ou deux marches seulement offre un aspect .mesquin , et qu elle marque trop peu dans lobscurité où elle devient dangereuse. Enfin, un usage consacré veut que chaque rampe contienne un nombre impair de marches ; mais s'il fallait changer une disposition heureuse pour satisfaire à cette condition, on ferait très-bien de s en affranchir.
838. Un escalier est dit à repos quand les marches sont scellées par les deux bouts dans deux murs ordinairement parallèles; si les marches reposaient sur un berceau en descente, lescalier serait à repos et voûté entre deux murs. Il serait dit voûté en encorbellement ou en voussure, si les marches étaient scellées dans un mur par un seul bout, et supportées par un demi-berceau en encorbellement établi sur ce même mur, comme l'indique la^i^. 7 de la PL LIX dont nous avons parlé au n^ S2S. Enfin, un escalier suspendu est celui dans lequel les marches sont scellées dans un mur par un seul bout , en s appuyant du reste les unes sur les autres, et où le dessous des marches forme dne surface continue et rampante : ces derniers peuvent avoir ou non un limon qui est un petit mur aussi suspendu , dans lequel viennent s engagét les têtes des marches, ce qui les relie mieux entre elles et donne plus de stabilité à lensemble de la construction. Tous ces escaliers peuvent être à rampes droites ou à rampes courbes; mais comme il y a beaucoup de détails communs à tous les genres, nous allons 9 pour les comprendre dans un exemple général et éviter ainsi des répétitions fastidieuses, commencer par étudier un escalier sqspendu, dans lequel nous tfouverons des recherches phis importantes, des considérations géométriques plus délicates, et dont l'application à des questions plus simples sera faite aisément par le lecteur lui-même.
' Escalier suspendu, dit: vis^à-jour.
Pl. 61. 839. Soit VXYZ le polygone formé sur le plan horizontal du sol par les murs verticaux delà cage: ici nous avons choisi un rectangle, mais nous raisonnerons dune manière générale et applicable à une forme quelconque, quoiqu'on ne se lance guère dans les travaux et les dépenses d un escalier en pierre et suspendu, lorsqu'il s'agit d'un bâtiment irrégulier ou de peu d'importance. Sur une perpendiculaire OZ à l'un des côtés de la cage , on prendra