CHAPITRE PREMIER
DÉTAILS d'assemblages.
876. Tous les bois employés dans les ouvrages de cbarpeate sont équarris préalablement, c'est-à-dire qaon lear a donné la forme d un parallélipipède rectangle dont la base, pins ou moins grande, est à proprement parler le^ur^rrissage de la pièce, ^oiqne ce nom désigne souvent aussi la langueur de chacun des côtés de cette base qui ordinairenu>ut diffère peu d*un cari*é. Ex même, quand il s agit d^uue construction importante, dont la charpente doit être visible, ou à laquelle on veut donner une solidité durable, il faut que toutes les pièces soient équarries à vive arête, et leurs face» bien dressées avec le rabot, afin que les assemblages puissent être tracés et exécutés avec une précision qui ne laisse point de jeu aux diverses pièces du système;, car autrement il y aurait là une cause de dégradation continuelle, surtout dans une charpente qui aurait une grande 'portée. Dailleui^, cette bonne façon des bois laisse moins de prise à Faction corrosîve de Tbumidité et des insectes; et elle permet d*y appliquer plus efficacement une peinture à Thuile qui est encore un excellent moyen de préservation. Aussi, depuis le commencement de ce siècle, on est revenu généralement à la pratique des anciens charpentiers qui mettaient beaucoup de soin à équarrir, à assembler et à polir en quelque sprte leurs bois; ce qui a contribué, autant que le bon choix des matériaux, à conserver leurs antiques ouvrages dans Tétat satisfaisant où nous les voyons encore à présent.
Puis donc que Fexactitude des assemblages qui servent à relier entre ellcir les divei*ses parties d*une charpente , influe d une manière si remarquable sur ]a stabilité et la durée du système, et que d ailleurs nous serons obligés de citer à chaque pas le moyen particulier par lequel telle ou telle pièce sera réunie avec les pièces voisines, il convient de commencer par expliquer en détail les principaux modes d'assemblages que Ion emploie le plus fréquemment.
4o8 LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.
Pl. 65, 877. assemblage à tenon et mortaise. Soient  et B les deux pièces quïl Fi G. I. s'agit de réunir, et qui sont ici projetées sur le plan de- leurs axes de figure; car on doit généralement faire en sorte \ue ces axes soient dans un même plan , afin d éviter que la pression d'une pièce sur l'autre ne tende à produire un mouvement de torsion. Ce plan deis axes peut être horizontal, vertical, ou avoir toute autre position, suivant le but qu'on se propose; mais, pour fixer les idées sur la situation que nous supposerons aux diverses pièces dans nos épures , nous aurons soin d'indiquer toutes les projections horizontales par des lettres sans accent, tandis que les lettres accentuées désigneront des projections verticalesy ou faites sur des plans parallèles à certaines faces qui ne seront point horizontales. Nous appellerons yàce« de parement, celles qui seront parallèles au plan des axes, et les deux autres seront dites les faces normales; dans (a Jig. I ,.les premières sopt horizontales, et les secondes verticales.
Cela posé, le tenon qui accompagne la pièce A, est une saillie en forme de parallélipipède ou de prisme quadrangulaire {mnpq, m'n'n''m")y que Ton ménage à l'extrémité de cette pièce, et à laquelle on donne une épaisseur rin" égale au tiers ou au cinquième de l'équarrissage m'"m!"'\ lesr deux faces {mnpqy m'n')^ {^npq^ mV), parallèles aux parements, sont les joues du tenon; et les deux autres projetées sur m'n'n"m'\ sont les faces d'épaisseur. Enfin, (nV, np) est le bout du tenon, et {m'm'\ mq) en est la racifie ou la base; tandis que les faces m'm"^ et m'*m"" sont les deux jointe ou le.s abouis de la pièce A.
Quant à la pièce 6 qui est supposée ici avoir le même équarrissage [que A, le parallélogramme (mq^ ^^q^q^^A) est Yoccupation ou Ja portée de la pièce A; et la morfatse est la cavité rectangulaire {mnpq, m^m^q^q^) identique avec ie tenon qui doit s'y engager. On appelle aussi joues ou jouées de la mortaise les faces de celle-ci qui sont en contact avec les joues du tenon; ou plutôt le nom de jouées désigne les parties solides de la pièce B qui subsistent en des^is et en dessous de la mortaise; et comme chacune de ces jouées doit offrir une i*é8is« tance au moins égale à celle du tenon qui tend à les faire éclater, c'est un motif pour donner à celui-ci une épaisseur qui ne dépasse pas le tiers de l'équarrissage, ainsi que nous Tavons indiqué plus haut.
' On ajoute ordinairement une cheville c qui traverse à la fois le tenon et les deux jouées de la mortaise; mais ce moyen de consolidation ne doit être regardé que comme temporaire, et bon pour maintenir les pièces jusqu'à ce que toute la charpente soit montée; car ces chevilles se pourrissent prompte** ment, et la stabilité du système doit résulter, non pas de leur existence, mais du contact un peu forcé entre les joues du tenon et celles de la mortaise; tandis