CHAPITRE 1. — DÉTAILS d'aSSEMBLAGES
que pour les autres faces, et surtout pour le fond de la mortaise, il doit rester un peu de jeu , afin de faciliter la mise en joint.
878. Quand les axes des deux pièces se rencontrent obliquement, comme FiG. a. D et E dans la^^. a, il faut tronquer le tenon par un plan mh perpendiculaire à la face d entrée de la mortaise , afin d'éviter Tentaille aiguë mnh qu il faudrait creuser par refouillement dans la pièce Ë, ce qui serait fort incommode; d'ailleurs, *si la pièce D était sollicitée à tourner autour de larête 9,
la partie saillante mnh du tenon ferait loffice d un levier qui tendrait à faire éclater la portion nmk de la pièce E, dans le sens des fibres du bois.
lia projection D' est faite sur un plan vertical, parallèle aux faces normales de la pièce D; et il en est de même de E' par rapport à E. Ici nous ferons observer, une fois pour toutes, que les hacbures indiquent des faces non parallèles aux fibres du bois; c'est ce qui arrive pour les deux joints de la pièce D, projetés sur 9m, et pour le bout du tenon pÂ, mais non pas pour la face pq; tandis que cette dernière face, considérée comme appartenant à la mortaise et projetée sur p^(i[c('p\ est dans une direction qui tranche les fibres de la pièce (E, E'), et dès lors elle a dû être couverte de hachures.
879. Embrèvement. Lorsqu'une des deux pièces doit produire dans l'autre FiG. 3. un arc-boutement, il est prudent alors d'épauler le tenon au moyen d'un embrèvement; c'est une saillie m'^q'^ en forme de prisme triangulaire, que l'on ménage à l'extrémité de la pièce A', et qui conserve toute l'épaisseur de cette
pièce , tandis que le tenon g'h'p^ q[^ qui. est à la suite de l'embrèvement, n'a que le tiers de cette épaisseur. Les deux triangles projetés sur m'g^q' sont les faces d'épaulement , gr'cjf' est la semelle, et m!^ Fabout de l'embrèvement- qui ne doit avoir que le | ou le | de l'about m' h! du tenon. Ordinairement cet about est tracé dans une direction perpendiculaire à Taxe de la pièce (B', B"); d'autres fois cependant on le dirige perpendiculairement à l'axe de (A', A") , quand cette dernière pièce doit pivoter sur sa base pour s'engager dans la pièce (B',B'')- Relativement à celle-ci, la face oblique fq^cf'f est le pas de l'embrèvement.
L'embrèvement est dit par encastrement, lorsque la pièce D' qui s'engage FiG. 4. dansE' a une épaisseur moindre que celle de cette degiière; alors la pièce (E', E") présente une espèce de cuvette inclinée fq''q"f qui reçoit l'embrèvement de D', et du reste la forme de celle-ci est la même que dans la Jig. 3.
880. Embrèvement à deux crans. Lorsque l'angle formé par les axes des pièces PiG. 5 A' et B' est très-aigu, l'occupation de la première pièce sur la seconde aurait et 6. une grande longueur; et il vaut mieux partager l'embrèvement en deux parties ?nY9', 9V 5', qui arc-bouteront plus efficacement la pièce B'. Toutefois , comme
4lO LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.
cette dernière pièce offrirait ainsi, pour résister à la pression de bas en haut, un prisme triangulaire 9'gV dont les fibres sont toutes tranchées par le plan ^q\ il serait à craindre que cet effort ne fit déchirer ce prisme dans la direction t{^ \ c est pourquoi on modifie souvent cet assemblage, en lui dounant la forme indiquée dans layîgf. 6, où le plan ^cf est parallèle à m'^. Du reste, on peut aussi ajouter un tenon à ces sortes d'embrèvemjent
FiG. 7. 881. EmbrèvemerU à plat joint, oa joint anglais. Dans ce système, la pièce (A', A") porte deux fourchons projetés sur m'x^/^ et labout de chacun d eux est formé par un cylindre ayant pour directrice lare de cercle m'x' décrit du pointy comme centre; d ailleurs ces deux fourchons sont séparés par une face plane et verticale {m'f^ ^"y") qu'on appelle un joint plat.
Les abouts cylindriques tels que mV sont employés assez fréquemment par les charpentiers anglais , attendu qne cette forme coupe les fibres moins obliquement que le plan horizontal m'g^ des Jig. 3 et 4? ^t qu elle permet à la pièce A', en pivotant sur sa base j de s'engager dans la pièce B' plus librement encore qu avec le plan normal m'^ des fig. 5 et 6. Mais cette forme cylindrique étant moins facile à exécuter qu un simple plan, il y a plus de chances d erreur à craindre dans la coïncidence exacte de Tabout avec Tentaille pratiquée dans la pièce (B', B") ; et surtout ici où les deux entailles m^Xj , m^x, , sont séparées par une partie saillante m,^a , il est bien difficile d exécuter ces faces de telle sorte quelles appartiennent à un même cylindre; or, si cette condition n est pas exactement remplie, Tun des fourchons de A' portera déjà sur B^ quand lautre fourchon ne sera pas encore en joint , ce qui présenterait un défaut grave. D ailleurs , un mouvement de torsion qu'une cause accidentelle pourrait produire, tendrait à faire éclater un des fourchons; de sorte- que le système représenté dans la^îj. 7 ne parait pas bon à imiter.
FiG. 8. 882. ^5sem6/agre à Aou/ice. On désigne ainsi le tenon triangulaire \m'n'p\ m"p"p'"m!") par lequel on a réuni la pièce verticale A' avec la pièce inclinée B'. Ce mode d assemblage est employé dans les murs ou cloisons faites en pans de bois, et composées de poteaux assemblés dans deux sablières horizontales; les intervalles sont remplis de plâtras reliés par un enduit de plâtre; mais , comme il faut s opposer aux oscillations horizontales que diverses causes pourraient imprimer à cette cloison hourdée, on y intercale des pièces obliques, telles que B% inclinées les unes à droite, les autres à gauche, et que Ion nonime guettes, écharpes ou décharges; dans ces endroits, les potelets verticaux doivent être partagés en deux, comme ici A' et D', que Ion appelle des toumisses: enfin, on ajoute quelquefois un embrèvement e/y au tenon /y//.