‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 239 sur 274 · CHAPITRE I. -— DÉTAILS D ASSEMBLAGES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. -— DÉTAILS D ASSEMBLAGES

Cette disposition est aussi employée dans les barrières mobiles, a6n que la décharge reporte le poids du vantail sur les gonds.

885. Tenons avec renforts. Lorsque la pièce horizontale (A, A'), qui s assem- FiG. 9. ble à tenon et mortaise dans (B, B'), doit supporter quelque charge considérable, comme il arrive aux solives d'un plancher, il est prudent d'ajouter à la base du tenon un renfort e/y qui est dit carrée mais qui doit laisser à la jouée de la mortaise une épaisseur gf|/i< au moins égale au quart de Téquarrissage de la pièce. Quelques charpentiers trouvent préférable, et avec raison, de former 1 about de ce renfort par un plan oblique , attendu que cela facilite la mise-en-joiot et affaiblit moins la pièce (B.h"); mais alors, il faut placer ce renfort en dessus du tenon, ainsi quon le voit dans la pièce (D, D""), parce qu autrement la pesanteur agirait sur la face oblique mW comme sur un plan incliné, ce qui tendrait à faire sortir le tenon de la mortaise. Cet assemblage est dit renfort oblique en chaperon, et il doit laisser à la jouée de la moi*taise une épaisseur r^ Sj égale au moins au tiers de Féquarrissage.

884. Assemblage à queue d'hironde. Quand on veut réunir deux pièces FiG. 10. (A, A') et (B, B') de manière à résister à une traction dirigée suivant la longueur de la première , on ménage à l'extrémité de celle-ci , mais seulement à mi-bois, une saillie {efgh^ h'g'g^'h") en forme de trapèze, dont le collet ou la racine eh est plus petit que la base extérieure fg ; puis, après avoir taillé dans ' la pièce B une cavité identique e^f^g^h^ , on y engage la queue d'bironde efgli en soulevant un peu la pièce A, et dès lors cette dernière ne peut plus se séparer de B par suite de tractions horizontales. Mais pour que les fibres ne soient pas tranchées brusquement , ce qui pourrait faire déchirer la queue d'hironde efgh dans le sens de ces fibres, il faiK donner à chaque épanlement me^nh^ une largeur comprise entre -J- et -^ de la longueur mf laquelle est ordinairement égale à Féquarrissage mn.

Ce mode d'assemblage s'emploie avantageusement pour les solives d'un plancher qui doivent reposer d'une pçirt sur une poutre , et de l'autre sur une sablière scellée dans un mur ; car l'expérience et le calcul prouvent qu'une solive ainsi encastrée par les deux bouts, résiste à une charge presque double de celle qu'elle pourrait supporter si elle était simplement appuyée par ses deux extrémités. En effet, on doit bien voir, à priori, que les queues d'hironde placées aux deux bouts de la solive, s'opposent à la flexion des fibres que la charge tend à produire, et qui est le commencement de la rupture de la pièce.

On peut aussi ajoutera la queue d'hironde un renfort {pqrs, r^r^Ys^), mais FiG. 11. il ne faut pas'le faire descendre plus bas que le milieu sf de l'épaisseur s'W de

la pièce (D, D'), afia de ne pas trop affaiblir la jouée de la mortaise qui est pratiquée dans l'autre pièce ( E , E' ). Pl. 66, 885. Assemblage en onglet y ou à tenon et mortaise sur l* arête. La pièce hori • FiG. I. zontale (A', A") est la Usse d'appui d'une barrière, soutenue par plusieurs /^otefefo verticaux, tels que (B, B') ; mais pour que les eaux pluviales ne séjournent pas sur cette lisse, on a déversé ses faces, comme Tindique le profil A" qui représente une section faite perpendiculairement à la longueur de A'; et par une conséquence nécessaire , il a fallu tourner le potelet B' de manière qu'il fût vu d'an{][le, comme le montre la coupe borizontale B, afin que ses arêtes allassent rencontrer précisément celles de la pièce A^ Gela posé, on a formé les joints de ces deux pièces au moyen de deux triangles isocèles (ojz, Ji^ ), (xvz, o/i/), qui se coupent suivant l'arête horizontale (jcz, af) ; mais, au milieu de ces faces de joint, on a ménagé un tenon rectangulaire {e^A, e^ef'ff) qui s'engage dans une moi1:aise identique pratiquée dans la pièce A' : ce tenon est vu de profil sur la figure B" qui représente une projection de la pièce (B, B' ), faite sur un plan vertical parallèle à jcz, et rabattue suivant x^z^. On doit se rappeler d'ailleurs que les hachures indiquent des faces qui ne sont point parallèles aux fibres du bois.

FiG. 1 2. 886. Des moïses. Le mot de moise signifiait autrefois la moitié d'une poutre fendue en long ; et par analogie , on donne aujourd'hui ce nom à deux pièces jumelles qui embrassent dautres pièces principales pour les relier fixeiment entre elles. Ainsi, moiser des pièces, c'est les saisir entre deux rooises; car il est rare qu'on emploie une moise unique, quoique avec des entailles à mi-bois et des boulons, cela puisse suffire dans certains cas moins importants; mais alors on la nomme plutôt décharge ou écharpe ou lierne, suivant la position qu'elle occupe. Dans Isifig. 12, il s'agit de relier entre eux un aVant horizontal et un arbalétrier incliné ; les deux moises A sont entaillées à mi-bois suivant les directions de ces pièces principales , ainsi qu'on le voit sur les projections latérales A' et A'" ; et l'adhérence de ces pièces est maintenue par des boulons à écrous , placés en dessous et eu dessus de chaque entaille. Souvent, au lieu de deux boulons, ou n'en met qu'un seul qui traverse à la fois les deux moises et le tirant; mais cette disposition présente Tinconvénient de couper les fibres de la pièce principale , ce qui diminue la résistance dont elle est susceptible. Par le même motif, on doit se garder de pratiquer aussi une entaille dans le tirant pour recevoir la moise , comme le font quelques constructeurs.

887. La croix de Saint-André qui présente un assemblage analogue est le

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