CHAPITRE I. — DÉTAILS d'aSSEMBLAGKS. 4i
système de deux pièces disposées en forme de X, mais où chacune d elles est entaillée à mi-bois, afin que les faces de parement s affleurent bien. On introduit souvent ce système dans un pan de charpente , pour s opposer à des oscillations longitudinales ; et dans une cloison hourdée , il remplace la décharge B' {fig. 8, PL LXV) dont nous avons parlé au n"* 882.
888. Entures verticales. Enter deux pièces, c'est les joindre dans le sens Pl. 66, de leur longueur, au moyen dentailles nommées entures; et les entes sont les Fig. a. pièces entées. Quand il s agit de deux pièces verticales qui doivent résister seulement aux effets de la pesanteur, le mode le plus simple est lassemblage en fausse. tenaille représenté fig. a, où la pièce supérieure M' porte un tenon qui
n occupe çn largeur que la moitié de Téquarrissage , et le tiers en épaisseur : lautre pièce N' présente une mortaise identique ; et lorsque M' et N' sont réunies, on consolide l'assemblage en Tentourant d'une ou deux brides en fer serrées par des écrous à vis. Layîgf. 3 représente l'assemblage à tenon chevronné, et dans \a fig. ^ il est à tenons croisés.
889. li'enture de là fig. 5 est à enfourchement avec des atouts en fausse coupe, Fig. 5. pour maintenir les fourchons en joint. Chacune des pièces A' et B' porte deux fourchons et deux entailles qui reçoivent les fourchons de l'autre ; dans (B, B')
par exemple , les deux fourchons sont deux pyramides triangulaires qui ont pour bases les triangles (mux, vV), (fjyz, v'z'), mais qui sont tronquées suivant les plans inclinés {rngh^ m'^h!)^ {pçà^ pcfd'); tandis que les entailles sont produites en enlevant deux pyramides tronquées qui auraient pour bases primi* tives les triangles (gvz, i/z'), {nxy, '^'x^)^ et pour bases obliques les triangles (qef:, q'eff')^(^nik, n'Vl^). D'ailleurs on doit bien observer qu'il reste au centre de l'assemblage une face horizontale (vxjz, ai/i/z') qui est commune aux deux pièces A^ et B\ et sur laquelle portera la charge qu'elles auront à soutenir; ce qui est bien préférable à d'autres combinaisons que Ton a proposées , et où cette charge porte sur les abouts des fourchons , ou bien sur un sommet pyramidal placé au centre (i/, o) de l'assemblage. Au reste, pour faire étudier plus facilement cette combinaison intéressante, nous avons représenté dans laj^. 6 la pièce (B, B') vue isolément , et projetée sur un plan vertical parallèle à la diagonale mp.
890. Entures horizontales, l^fig- 7 représente un assemblage à tenaille Fig. 7. pour réunir bout à bout deux pièces horizontales A et B ; cette dernière porte le tenon ^ et l'autre les deux pinces de la tenaille ; Fensemble est d'ailleurs couso-
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lidé par des cbevilles ou quelques clous. Dautres fois on se, contente, pour réunir de telles pièces, d'employer un recouvrement à mi-^ois, comme e!e!'ff' dans la jxq. 8 ; mais ici, en outre , on a garni chacune des pièces B et D d'une queue d'hironde, placée en dessus pour (D, D') et en dessous pour (B, B'). Ainsi, cela forme une enture à double queue d'hironde, FiG. 9. 891. Traits^' Jupiter. Si avec les deux pièces horizontales (A, A'), (B, B'), on veut former une poutre ou tirant, on coupera la première suivant la forme anguleuse l'mfn'p'cfr'^ et lautre suivant l'm'^h'qfr' ,, ï\ restera ainsi de vide un espace ^hlp'vl qui est nécessaire pour pouvoir, en faisant jouer les pièces dans la direction ny, introduire Tangle saillant m' de B' et l'angle saillant c[ de A' dans les entailles correspondantes ; puis, quand les abouts Vw! et c(r' seront bien mis en joint, on les y maintiendra très-serrés, en insérant de force une clef yrr dans le vide rectangulaire ^Upvl. D'ailleurs, il est toujours prudent de consolider ce système en l'entourant d une ou deux brides en fer, serrées avec des écrous à vis.
Layïy. 10 représente un trait-de-Jupiter à double entaille et à deux clefs; car on peut multiplier plus ou moins ces entailles, et c'est la ressemblance de ces lignes anguleuses avec les zigzags par lesquels les peintres représentent les éclats de la foudre, qui a fait donner à cet assemblage le nom sous lequel il est désigné vulgairement.
Dans la ^9. 11, les abouts au lieu d'être droits, sont en fausse coupe, afin d'éviter qu'une pression latérale ne fasse sortir de sa place une des pièces E' ou F'; et pour augmenter la fixité, on a encore ajouté à chacune d'elles un tenon, comme gf'x'j'z' pour F'; mais la mortaise pratiquée dans(Ë, E') pour recevoir ce tenon , devra offrir une longueur surabondante , afin de permettre le jeu que nous avons dit ci-dessus être nécessaire pour mettre les pièces en joint. Pl. 66, 992. Poutres armées. Lorsqu'une poutre horizontale A' A' est chargée d'uii FiG. 1 3. poids considérable, les fibres inférieures s'allongent et se courbent, les fibres supérieures se contractent, tandis qu'une certaine fibre à peu près centrale demeure invariable de longueur. Or, comme les bois résistent moins à la contraction qua lextension, on consolidera la pièce principale AA', nommée la mèche, en appliquant au-dessus deux fourrures B' et D'en forme d'arbalétriers , lesquelles s'arc-bouteront suivant la face verticale gf/i, et seront embrévées dans la mèche par des redans ou entailles Imn^pqr^ xyz. Cette disposition augmentera la résistance à la flexion, beaucoup plus que si l'on avait simplement superposé à A'A' une autre pièce parallèle; et d'ailleurs, il y aura une économie notable, puisqu'on emploie, pour ces fourrures, des pièces dont la longueur est moitié
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moindre. Dans tous les cas, il faudra relier entre elles la mèche et les fourrures par des boulons ou des brides serrées avec des écrous à vis* en outre les abouts mn, qfr,... des erobrèvements devront être taillés bien justes, afin de bander fortement les deux fourrures; mais, comme cette condition serait difficile à remplir pour tous les abouts à la fois, il vaudra mieux laisser un vide tel que qrst^ et le remplir ensuite par une clef que Ton enfoncera jusqu'à ce que lassemblage soit bien serré. Par un motif semblable, on pourra aussi insérer un coin de bois dur entre les deux abouts gh ; et pour que la bride placée en cet endroit ne soit pas exposée à glisser, nous avons a^aUu l'angle saillant des deux fourrures au moyen d'un pan coupé horizontal ef.
885. D autres fois, on place à côté lune de lautre deux poutres jumelles, en les réunissant par des boulons horizontaux ; ou bien on prend un seul corps d'arbre que Ion refend suivant sa longueur, et après avoir retourné ses deux moitiés de manière à placer le cœur du bois en dehors et Taubier en dedans on les relie par des boulons horizonlaux, ce qui fournit un système dont la forme extérieure est rectangulaire, et où l'on utilise la force des segments irréguliers qui auraient été enlevés par réquarrissement de la pièce primitive. Cette disposition s'emploie fréquemment dans les maisons particulières pour former ces grosses poutres nommées poitrails qui récouvrent une porte cochère ou ime boutique, et qui ont à supporter le poids d'un trumeau de fenêtres construit en moellons ou même en pierres.
894. Lorsqu'il faut construire une poutre ou un tirant d'une grande portée, p comme de 8 ou lo mètres dans œuvre, la meilleure disposition est d'em- ' * '^' ployer deux pièces jumelles (A, A'), (A^, A'), entre lesquelles on place deux arbalétriers (B, B'), (D, D'), dont les pieds reposent sur deux coussinets ou traverses qui sont assemblées à tenon et embrèvement dans les joues des jumelles. Ces arbalétriers vont s'arc-bouter sur une clef ou poinçon cH/dd'éf engagé dans les jumelles par une coupe en queue d'hironde, et le tout est serré par des boulons avec des écrous à vis. Des poutres armées de cette manière ont été employées dans les restaurations qu'on a faites au vieux Louvre et au Palais- Royal.
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