‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 242 sur 274 · CHAPITRE II. — DES COMBLES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DES COMBLES EN GÉNÉRAL

ces droites le nom de noues, ainsi qu'aux pièces de charpente qui les déterminent et qui sont creusées en forme de gouttière. Les noues peuvent être aussi droites ou biaises.

Si les deux corps de bâtiment , au lieu de se pénétrer, formaient un retour dequerre, comme dans \bl fig. 7, il y aurait en dehors un arêtier ec, et en dedans une noue ed,

898. Combles de pavillon. Pour un bâtiment dont le plan est un carré abcd Pl. 67. [fis- 8), ou un quadrilatère qui en diffère peu, le mode le plus simple et le

plus usité est de former le comble au moyeu de quatre croupes ou triangles inclinés qui vont se réunir au même point (o, o'); ce nest donc autre chose qu une pyramide quadrangulaire à laquelle on donne ordinairement le nom de comble en pavillon.

Quelquefois on préfère de conserver, sur chacune des quatre faces du pavillon \fig*.^)y un pignon vertical (az6, aliibl^ auquel correspond un comble à deux égouts; alors ces quatre combles se rencontrent en présentant quatre noues (oa, ^id^^ {ob^z'b')^ {oc^z'b^\ (od^zW).

On pourrait combiner ensemble les pignons et les croupes des deux systèmes précédents, en coupant les quatre combles à deux égouts {Jig. 10) par les faces de la pyramide quadrangulaire (oabcdy o'a!b^)\ il y aurait alors quatre arêtiers oa, ofe , oc , orf, et huit noues ma ^na^nb^pb^pc^ qc^ qdy md ; mais ce système est assez compliqué dans lexécution.

Enfin, tout en conservant les quatre pignons verticaux {fig^ 1 1), on pourrait supprimer les combles à deux égouts , et faire passer quatre plans par les arêtes des pignons voisins qui sont contiguës deux à deux , savoir : av et az, bzetby^ cyetcx^dxet dv. Ces plans iraient se couper tous en un même point (o, o'), et offriraient quatre losanges que Ton peut regarder comme les restes de la pyramide quadrangulaire oaëyc^ qui aurait été tronquée par les quatre plans verticaux abybc^ cdy da. Ce comble n aurait point d angles rentrants, et présenterait quatre arêtiers oz, oy^ ox, ov, aboutissant aux sommets des pignons : il est représenté, dans \^fig. 12 , comme projeté sur le plan vertical yc^ parallèle à la diagonale bd.

899. Pente des combles. Dans un comble à deux égouts , la pente est exprimée par Tangle g) que forme avec Fhorizon chacun des plans inclinés ; ou bien on l'indique par le rapport de la hauteur du comble, QZ = h {fig. i3}, avec la demi-largeur 0A = 6, laquelle est la projection horizontale du plan incliné AZ. Cette pente est en général plus faible dans les contrées méridionales de notre Europe que dans les régions du Nord, où Ion adopte ordi*

4l8 UVRB V. — DE LA CHARPENTE.

nairement

(d = 60® ou r = v^ = / ^rvoiron^

ce qui suppose que le triangle AZB est équilatéral ; il y a même des combles d'anciens châteaux où la hauteur h égale *xb , et va jusqu'à 36. Une pente aussi roide avait sans doute pour motif d accélérer Técoulement des eaux pluviales, et d'éviter que la neige ne s'accumulât autant sur la couverture; car cela entretient une humidité qui pénètre. dans Tintérieur du comble et pourrit les bois, et d'ailleura l'existence d'une épaisse couche de neige devient une charge qui fatigue les charpentes (*). Mais l'expérience a liiontré que ces inconvénients étaient peu diminués par l'extrême roideur de la pente ; tandis que la grande élévation d'un comble exigeait l'emploi de pièces très-longues, qu'il fallait encore relier entre elles par d'autres pièces auxiliaires, ce qui produisait des charpentes très-dispendieuses et tellement massives qu'elles écrasaient les murs des bâtiments. En outre, on ne pouvait plus y adapter des tuiles plates, et encore moins des tuiles creuses , qui auraient glissé infailliblement sur un plan aussi incliné; c'est pourquoi on a diminué beaucoup la pente des combles modernes. D'un autre côté, lorsque cette pente est beaucoup au-dessous de 0 = 45*^ ou A = 6, la capillarité et les courants d'air font remonter les eaux de pluie sous les recouvrements des tuiles et des ardoises : celles-ci ne s'égouttent point ou ne sèchent que fort lentement ^ et par là elles se détériorent très-vite. En outre, comme l'action horizontale des vents qui viennent choquer le plan incliné d'un comble , se décompose en deux forces dont une tend à remonter la pente, et que cette dernière composante est d'autant plus grande que l'angle w est plus petit, il arrive assez fréquemment^ pour un comble très-surbaissé , que des coups de vent impétueux soulèvent et arrachent les ardoises et les tuiles; d'ailleurs ces combles ne permettent plus de tirer im parti avantageux de leur capacité intérieure pour y former des greniers praticables. Enfin, sous le rapport de la charpente , ils offrent des inconvénients que l'on comprendra mieux lorsque nous aurons exposé la composition des fermes; car i^ on est obligé alors de donner un équarrissage plus fort aux diverses pièces inclinées, telles que les arbalétriers, et le cube de ces bois augmente plus la dépense qu'elle

{*) Od estime que le poids d*une couclie de neige équivaut au dijçiémg de celui d'une couche d^eau de ménie épaisseur et d'égale superficie.

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