CHAPITRE II. — DES COMBLES EN GÉNÉRAL
nest diminuée par leur raccourcissement; a? la poussée des chevrons sur les sablières augmente beaucoup, et dans rintervalle de deux fermes qui ne seraient pas très-rapprochées, cette poussée peut faire céder lies sablières et déverser les murs du bâtiment.
Ajoutons encore que le genre de couverture adopté pour le comble , doit influer sur la pente quon lui donnera. Mnsi, toutes choses égales d'ailleurs, langle o devra être moindre si Ton emploie des tuiles creuses où les eaux de pluie, se rassemblant plus facilement, s'écoulent plus vite, et qui étant plus espacées , chargent moins les chevrons ; et même , comme ces tuiles ne sont retenues que par le frottement produit par leur poids,* il faudra toujours que (ù soit moins que 27®. Taindis qu on devra augmenter Finclinaison eo si Ton emploie des ardoises, et encore plus s'il s agit de tuiles plates, attendu que ces dernières sont disposées de manière à offrir, par suite des recouvre-^ ments, trois épaisseurs sur chaque point du lattis, et qu ainsi elles chargeraient trop les chevrons et les pannes, si Ion n augmentait pas la roideur du comble.
900. Diaprés les considérations précédentes , on voit que pour fixer convenablement la pente dW comble, il ne suffit pas de se régler sur les climats géographiques ou sur la latitude, comme lavaient proposé M. Quatremère de Quincy dans le Dictionnaire d* Architecture , et Rondelet dans son Art de bâtir. Le premier voulait que langle g) étant nul à Téquateur, il augmentât de 3 degrés par chaque climat géographique, pour les couvertures en tuiles creuses, avec le soin d ajouter à Tinclinaison ainsi calculée, 6 degrés pour une couverture en ardoises, et 8 degrés si la couverture était en tuiles plates; mais si cette règle s accorde assez bien avec les pentes usitées dans quelques contrées , comme à Aix, Lyon, Saintes , . . ., dans un plus grand nombre d autres pays elle s'écarte beaucoup des inclinaisons consacrées par l'expérience. Pour simplifier cette règle, en évitant la division par climats, qui est incommode. Rondelet prescrivait de prendre l'angle o égal â l'excès de la latitude du lieu sur celte du tropique (a3^a8'), ce qui suppose que dans toute la zone torride la pente serait nulle; puis, il augmentait cette valeur de (ù relative aux tuiles creuses, de 6 et 8 degrés comme ci-dessus, pour les ardoises et les tuiles plates; mais cette seconde règle ne s'accorde pas encore bien avec les usages reçus dans les diverses contrées; et pour une latitude de a5^ par exemple, elle imposerait une pente qui serait tellement faible (i*^3a') que les tuiles rejetteraient l'eau en dedans du (oit. Ainsi le mieux sera de s'en t^air, dans chaque localité, aux pentes qu'une longue expérience a fait recontiatire comme les plus
4aO LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.
avantageuses, eu égard au climat plus ou moins pluvieux, à la violence des vents ordinaires , et au genre de couverture que Ion peut se procurer plus facilement dans le pays environnant. A Paris et dans les départements voisins , Fusage le plus ordinaire est d'adopter les valeurs suivantes :
pour tuiles creuses. .... o = i8® à a6°, ou t = 0 ^ -r
pour ardoises w = 33° à 45®, ou t = 3 à i ;
h ^ K pour tuiles plates w = 36° à 5i°, ou 1=7^7.
On voit que langle de 4^° conviendrait à la fois aux ardoises et aux tuiles; et c est aussi Imclinaison qui permet de tirer le parti le plus avantageux de la capacité intérieure d un comble, pour y former des greniers praticables, toujours utiles dans une maison d'habitation.