‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 254 sur 274 · CHAPITRE IV. — ÉPURE DE LA CROUPE DROITE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — ÉPURE DE LA CROUPE DROITE

catré qui est une droite pq perpendiculaire à la ligne milieu ; car ce niveau, placé dans un autre endroit de la longueur, n'indiquerait plus le même plan horizontal, si la face supérieure était un peu gauche, ce qui arrive souvent. En outre , quand cette face est grossièrement dressée , on fait ime plumée à l'endroit où Ion veut placer le niveau de dévers, c'est-à-dire qu'on enlève quelques copeaux avec le ciseau de leîbisaiguë ou avec le rabot, pour aplanir la pièce dans toute sa largeur et sur une longueur de 3 ou 4 centimètres; aloi*s c'est au milieu de la plumée que l'on marque le trait carré , au moyen d'un traceret ou de la pointe d'un compas, et en se guidant sut la jauge qui est une petite règle en bois, de 3 centimètres àur 3o environ, laquelle sert aussi à sonder les mortaises.

925. Mettre stir ligne, c'est placer une pièce sur les chantiers de ma- Pl. 71, nière que les deux lignes milieux ab de ses faces supérieure et inférieure se FiG. 5. projettent exactement sur la ligne analogue cd de letelon ; ce qui suppose en outre que la pièce est bien de devers : on parvient à remplir toutes ces conditions au moyen.-du fil-à-plomb et de quelques tâtonnements que chacun peut aisément deviner. Toutes les' pièces d'un même pan de charpente sont ainsi mises sur lignes, en les faisant reposer les unes sur les autres par leurs extrémités , de manière qu'elles se croisent et soient maintenues de niveau par le secours de chantiers convenables; et cela forme ce que les charpentiers appellent le tas. Mais, comme une même pièce peut faire partie de deux pans distincts, il faut savoir la replacer dans le second cas à la même distance dans le sens de sa longueur, et pour cela on trace, perpendiculairement. à cette longueur, une droite mn qui est répétée sur l'ételon, et que l'on nomme trait (le ramèneret. Alors, quand toutes les pièces d'un pan de« charpente sont ainsi mises sur lignes, sur trait ramèneret, de dévers et de niveau, on procède à lopération du piqué des bois qui a pour but de marquer les limites des joints des pièces et de leurs assemblages. Cette dernière opération, pour être bien comprise, exigerait des détails longs et souvent minutieux; c'est pourquoi nous conseillerons au lecteur de parcourir un chantier de construction, où, en voyant opérer les charpentiers pendant quelques heures , il en apprendra plus que par de longues descriptions souvent peu intelligibles. Néanmoins, nous allons essayer d'en donner quelque idée, en prenant pour exemple l'a- • rêtier de là croupe droite.

924. La pièce rectangulaire étant préalablement lignée et contre-lignée, on Pl. 69^ la couche sur la face latérale, et on la met sur lignes par rapport à la Jig. 7, FiG. 7. avec le soin de lelever au-dessus du sol de 8 ou io centimètres, au moyen

44o LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.

de chantiers et de cales qui l'établissent de niveau et de dévers. Alors, si Ton dirige un fil-à-plomb de manière que son centre corresponde exactement au point Q' de l'épure, ce fil s'appuiera contre la face supérieure (actuellement verticale) de la pièce de bois , et il indiquera par sa rencontre avec la ligne milieu de cette face le point désigné par q' sur le rabattement de Isijig. 8, point que le charpentier marquera immédiatement, en faisant, avec la pointe de son compas, une piqûre dans cet endroit de la face. Semblablement , le filà-plomb, transporté en Z", m, f, fera connaître les points z\ m\ t\ que l'on piquera^ ce qui permettra de tracer sur la pièce de charpente les droites m'z'j fz'. Quant aux points p' et r% qui ne tombent pas sur la ligne milieu ni sur les arêtes de la pièce, on placera le fil-à-plomb successivement en p et r; et si dans chacune de ces positions le charpentier pique deux points du fil, il pourra tracer deux .verticales équivalentes aux droites p/?', rr' de notre épure, lesquelles fourniront, par leur rencontre avec les droites m'z', tz'^ déjà tracées, les points demandés ff et r', qu'il faudra joindre avec q' pour compléter le tracé du contour wlp'q'r^V sur la face supérieure de la pièce de bois. Il y a d'ailleurs d'autres vérifications que notre épure fournira aisément, et qui peuvent servir à tracer directement les droites q'p' et q'r'^ au moyen des points où elles vont rencontrer les arêtes latérales de la pièce.

Par des procédés semblables, et en posant le fil-à-plomb successivement sur les points Y', P", R'', Q", M", T", le charpentier parviendra à tracer sur la face inférieure de la pièce le contour w!'p"c('r^'t' de la^. 8; et, comme on le voit, il n'aura nullement besoin de tracer cette yîgr. 8 de notre épure, puisqu'il exécute toutes les opérations qui s'y rapportent, sur la pièce de bois elle-même.

Maintenant, si l'on fait passer un trait de scie par les deux droites m' p', m Y', et un autre parles droites tr'^ t'r^\ on aura mis à découvert les deux faces de déjoutement; celles d'engueulement se creuseront par un trait de scie donné suivant les droites p'q\ p*'q'\ et suivant ^V, (jf'V; puis, on opérera semblablement pour le tenon et l'embrèvement qui existent au pied de l'arêtier, et il ne restera plus qu'à délarder cette pièce, car c'est par là que finit le charpentier. Or, puisqu'il a tracé sur la face supérieure du parallélipède la ligne milieu Ajz', et sur la face latérale la droite G'M', il pourra aisément faire passer un plan par ces deux droites, en employant soit la scie»* soit plutôt la hache , ou l'herminette qui est une hache dont la lame est courbée en forme de cylindre perpendiculaire au manche; et puis, il achèvera le travail avec le rabot ou la varlope. Il opérera de même pour l'autre face de

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