DES NOUES
938. Considérons deux combles dont les lignes d about et les lignes de cou- Pl. 7^. ronnement sont respectivement à la même hauteur, et qui se rencontrent sous
un angle quelconque, ainsi queFindique le plan général de la^i^. 9. Après avoir tracé à volonté le profil du comble principal [fig. i), on marque sur le plan horizontal les lignes d'about des deux combles A'ABG et AA", BB'', ainsi que les lignes de couronnement O'O, OC; ce qui détermine les projections OA et OB des deux arêtes suivant lesquelles se couperont les plans de lattis supérieurs. Alors, par les points a et 6 où ces arêtes sont rencontrées par la ligne de gorge a' abc du premier comble, on tire les lignes de gprge aa" et bb" du second comble, ce qui permet de tracer le profil de celui-ci {fig. a) avec le soin de lui donner une hauteur CZ" = O'Z'. Semblablement , les lignes du poinçon et du faîtage de \^fig. i , étant prolongées jusqu'à leurs rencontres avec OA et OB, détermineront lequarrissage du poinçon et du faîtage sur la^îjf. 2 ; puis, en O on placera un poinçon qui aura pour base le parallélogramme RB-a-3 , et qui reposera sur un tirant dirigé suivant la plus courte des deux diagonales AO, BO : ce tirant s appuierait lui-même sur les deux murs du comble (i), mais nous ferons encore ici abstraction de toutes les pièces horizontales , telles que tirant^ coyer, sablière^ etc.
939. Maintenant, comme les plans de lattis supérieurs qui se coupent suivant OA, présentent un angle rentrant, il faudra placer dans cette direction une nowe, c'est-à-dire une pièce creusée en gouttière, et qui sera biaise parce qu'ici la droite OA ne partage pas langle A!hA'' en deux parties égales. Dès lors cette noue devra être dévoyée y au moyen du parallélogramme AoDE, de la même manière et par les mêmes motifs qu'au n® 911 pour l'arêtier d'upe croupe; seulement, comme la noue creuse offrirait moins de résistance qu'un arêtier, et que d^aillenrs elle doit porter la charge des chevrons-empanons, on ne place plus la gorge de en dedans des lignes de gorge a' a et a" a des deux longs-pans, mais on la fait passer par l'angle a; de sorte qu'après que la noue aura été délardée, ou coupée dans toute sa longueur par les plans de lattis supérieurs ,.
45o LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.
le pas de cette pièce sera le pentagone ADrfeEA. Cette noue s'engagerait par erabrèvement et tenon dans un demi-tirant qui irait s'assembler sur le tirant total placé dans la direction B03...; mais nous avons dit cpie nous faisions abstraction de ces pièces horizontales.
Quant à la tête de la noue, elle vient embrasser le poinçon par les faces d'engueulement KH et KL ; mais comme auparavant elle a rencontré suivant la verticale F, le faîtage qu'il ne faut pas affaiblir, on entaille le dessous de la noue par le plan de lattis inférieur z"a"u du comble (a), ce qui produit la face oblique I^HG que l'on termine, ainsi que la face de délardement KAEGH, au plan vertical GH mené par la ligne de couronnement. L'autre face de délardement DAKLP se prolonge aussi jusqu'à la ligne de couronnement OLP; mais comme il reste beaucoup d'espace jusqu'à la contre-noue qui maintient le poinçon, nous avons prolongé le corps de la noue jusqu^au plan vertical ON, avec le soin de déjouter cette noue par le plan de lattis en retour Z'B', ce qui donne lieu à la face LMNP. Enfin, la rencontre de la face verticale DQ avec le faitage du comble (i) oblige à entailler la noue par le plan de lattis inférieur %'a'v^ ce qui produit par-dessous la. face oblique QjrMN. FiG. 7. 940. Pour mieux apercevoir ces diverses faces, projetons la noue sur un plan vertical {^fxg. 7) parallèle à AK. Après avoir pris les hauteurs O'Z' et O'z' égales aux lignes de mêmes noms sur le profil (i), et avoir tracé les droites A'Z', e'z\ ainsi que leurs parallèles E'G', u*g\ on projette les divers points F, G, H, K , L,... sur ces lignes, et l'on obtient les faces suivantes qu il suffira d'indiquer au lecteur.
f'^yy est l'intersection de la noue avec la face verticale Fj du faitage relatif au comble (2) , et le côté (F'y ', ¥y) est horizontal.
Vg'hy est la face par laquelle la noue s'appuie sur le faitage; elle est dans le plan de lattis inférieur z"a"u^ et c*est pourquoi le côté V'g' fait partie de la droite u'g'\ mais cette face de contact est prolongée jusqu'au plan vertical GH qui produit la face de déjoutement G'g'h'W. Il en résulte évidemment que les côtés G^H' et g'h^ doivent être horizontaux, et passer respectivement par les points Z' et z^ qui se projettent en O sur GHO.
Enfin, la face d'engueulement par laquelle la noue s^appuie sur le poinçon^ et qui se projette horizontalement sur KjH, est représentée par R'A'j''j''fe'H'K\ laquelle a des arêtes communes avec les trois faces précédentes.
Quant à la portion de la tête de la noue qui est située au delà de l'arête intérieure AK, si Ton observe que les points Q et P se confondront en projection verticale avec F et G , d'après la manière dont nous avons dévoyé la noue et
CHAHTRE TI. — DES NOUES. ^Bï
les relations établies eûtre les deux faîtages des combles (i) et (a), on trouvera aisément les faces suivantes :
f'Y'xfoff' est Fintersection de la noue avec la face verticale Qx du faîtage relatif au comble (i), et le côté horizontal ¥'xf se confond en projection avec F'y, parce qu'ils sont à la même hauteur.
V x'm'n'Y' est la face par laquelle la noue s appuie sur le faîtage; elle est dans le plan de lattis inférieur z'a'v, et cest pourquoi le côté F' n' fait partie de la droite (ti'F', vQ) suivant laquelle ce plan de lattis coupe la face verticale de la noue; mais ici cette face de contact, projetée horizontalement surQjcMN, se prolonge jusqu'à sa rencontre avec la face verticale OMN, de sorte que le côté (n'm%NM) doit aller rencontrer la verticale (O', O'Z'), précisément au point (2', O) qui est dans le lattis inférieur z'a!a du comble (i).
M'N'n'm' est la face verticale MN dont le côté supérieur M'N' doit converger vers Z', par des motifs analogues aux précédents , et attendu que la face de déjoutement (PLMN , G'L'M'N') est située précisément dans le lattis supérieur en retour Z'B' du comble (i).
Enfin, la face d'engueulement projetée sur KjcLM est représentée sur le plan vertical par k'UL'VWm' jf jf' k\ dont plusieurs côtés sont communs avec les faces précédentes.
541. Maintenant, considérons la noue qui formera Taréte du comble projetée sur BO. Après avoir porté Féquarrissage B5 de cette pièce perpendiculairement à BO, on achève le parallélogramme B-5-6-7, et le pas de cette noue délardée serait ôB^Xfry. Mais, sous cette forme, elle serait terminée^ comme la première noue, par des faces verticales 6Y et7T, dans lesquelles doivent venir s assembler les cbevrons-empanons (/) , (j^) , (A) , (A) , . . . ; or , ces dernières pièces ayant leurs faces parallèles au lattis du comble (a) y ainsi que les joues de leurs tenons, cet assemblage très-oblique serait incommode à effectuer, et les mortaises surtout seraient difficiles à tailler exactement dans la noue, à cause de leur direction biaise. Afin donc d'éviter cet inconvénient grave , on donne souvent à la noue, de chaque côté, une face déversée ou normale au lattis, laquelle doit avoir pour largeur la distance des deux droites B'^Z", 6*'z'', quimesureTépaisseur des chevrons sur le comble (a); et voici comment on détermine cette face déversée.
Du point ê où la face verticale 6Y de la noue est rencontrée par la ligne de gorge 6" 6, on abaisse sur le lattis supérieur une perpendiculaire (Se, b"^) qui va percer ce plan au point {i\ c); alors par le point 6 on tire la droite ycX qui est l^ projection de l mtersection du lattis supérieur avec le plan normal conduit
402 LIVRE V. — DE LA CHARPEi«TE.
par la droite (êY, 6" 2"); et la faceuléversée se trouve projetée sur YSçX, tandis que la face de délardement est réduite à Xf)BR , et la face verticale à la portion qui a pour trace êy.
De lautre côté de la noue , on tracera de même la normale (ac^, a'(^) au lattis supérieur du comble (i), et par le point â on mènera n^S parallèle à BO , ce qui donnera anST pour la face déversée. Alors le pas de la noue ainsi modifiée sera le polygone de sept côtés êçBffoXy.
Quant à la tète de la noue , elle sera terminée par les deux faces d engueulement BXX, RVU, qui sont verticales et communes avec le poinçon. En dessous, la noue est entaillée par la face verticale Qp du faitage et par la face oblique de celui-ci, ce qui produit dans la noue une face dplJT située dans le lattis inférieur z'o'fca ; cette dernière est prolongée jusqu'à son intersection (TU, U') avec le lattis en retour Z'B' du comble (i), et la face STUV appartient à ce lattis. Sur lautre faitage du comble (2), la noue présente des faces analogues , ' mais moins nombreuses et faciles à discerner sur notre épure.
On désigne ordinairement cette seconde noue sous le nom de noue déversée , et la première s appelle noue délardée; cependant Tune et lautre sout délardées , et il serait plus correct d appeler lune : noue à/aces verticales ^ lautre : noue à faces déversées y ou mieux encore : noue à faces normales; car il n'en est pas ici comme de lempanon déversé (n^ 932) , où les faces même du parallélipipède primitif avaient été conservées, en les inclinant ou les déversant d'une certaine manière (*).
FiG. 8. 942. Il nous reste à projeter la noue déversée sur un plan vertical (fig* 8) parallèle à larête BO. Après avoir projeté sur la ligne de terre les points B , ;r, a, X, ... , et avoir pris les hauteurs O'Z', O'z', égales aux lignes de mêmes noms sur le profil (i), on tirera les droites X'z', B'Z', et leurs parallèles tt'S', a' T' ; puis^
{*) Il est bon d'observer ici que la noue déversée n'exige pas un so/ide capable aussi volumineux que si l'on avait conservé les faces verticales; oar, dans ce dernier cas, le rectangle circonscrit au pas de la pièce devrait être X767, tandis qu'avec les faces déversées, ce rectangle peut être réduit à >787r. On pourrait aussi ,^ dans l'épure de la Croupe droite, chercher à éviter l'obliquité fort grande du tenon et de la mortaise par lesquels Pempanon s'engage dans TArétier, en créant sur cette dernière pièce une face déversée ou normale au lattis. Mais si Ton applique à l'Arêtier la construction employée pour la Noue au n? 941 , on reconnaîtra que la fkce normale qui serait exécutée ainsi, se trouverait placée au-dessus de la tête de Tempanon^ et dès lors elle abandonnerait cette pièce à toute l'action de son poids; tandis que la face ver* ticale que nous avons conservée sur l'Arêtier, s'oppose en partie aux effets de la pesanteur.