CHAPITRE VIL — DES PANNES ET TASSEAUX
pour en déduire celle de croupe, on projette les extrémités M et N des arêtes externes sur le profil (4) en M" et N'\ puis de ces points on tire les droites M"S", N'R'\ perpendiculaires au lattis, de sorte que le profil de cette nouvelle panne est, non plus un carré, mais un rectangle M^N'^R'^S"; et par là il arrive que les deux pannes de long-pan et de croupe se touchent dans le plan vertical OA suivant deux parallélogrammes qui n'ont qu'un seul côté commun, celui qui réunit les arêtes externes. De même, sur le profil (5) du pan de toit projeté sur ICBF, on placera les points m\ n\ à la même hauteur que M'^, N% et on achèvera le rectangle vrIvJVv! qui déterminera le cours de pannes relatif au grand comble; mais, comme vérification, il devra arriver que les angles m', n', correspondent exactement aux points m, n, où les arêtes externes de la première panne ont déjà rencontré le plan vertical BG {*).
953. Gela posé, les deux pannes qui doivent se loger entre l'arêtier et son arbalétrier y trouveraient leurs chambrées toutes faites , si ces deux pièces étaient délardées , l'une intérieurement , l'autre extérieurement , par les plans parallèles au lattis qui ont pour traces ad et ad\ aa! et aa" ; mais comme on a voulu éviter ces opérations qui offrent des inconvénients (n® 950) , il faut chercher les entailles que l'on doit pratiquer dans ces pièces pour y loger les pannes. Or, l'arête horizontale S'^ va percer la face verticale Gs de l'arbalétrier en un point projeté en s, et elle sort sur la face supérieure par le point S où elle rencontre la droite aO qui est dans le plan S''a''a de la face interne de la panne ; donc la face supérieure M'^S" delà panne coupera celle de l'arbalétrier suivant une droite Sy , dont l'extrémité g s'obtiendra en projetant sur le profil (4) l'arête Gg suivant G"g'\ et en ramenant le point gf* en g. Dès lors la section faite dans l'arbalétrier par la face M"S'' est un triangle projeté &gs.
De même , la face inférieure N'R" de la panne coupera larbalêtrier suivant le triangle projeté sur Ryr, dopt l'angle 7 pourrait se trouver en marquant la rencontre de G" g" avec N"R"; mais il suffira de tirer par le point R une parallèle Ry à Si/ , attendu que ces deux droites sont les intersections de la même face GH par deux plans parallèles. Ainsi la panne , en pénétrant dans l'arbalê-
(*) U serait plus rationnel de placer au même niveau les arêtes internes de tous les cours de panne, plutôt que les arêtes externes; car les premières sont les plus apparentes quand Tintérieur du comble est visible, tandis que les faces externes ne le sont jamais; et, du rester le tracé des assemblages ne serait pas plus difficile. Mais il s^est établi un usage contraire qui vient, sans doute, de ce que les charpentiers s'exerçaient à la coupe des bois sur de petits modèles de combles, où les faces externes étaient les plus apparentes.
46o LIVRE V. — DE LA CHARPENTE.
trier, enlève un prisme triangulaire dont les deux bases sont les triangles Sv/s, Ryr, et dont les arêtes latérales sont ES, rs, yg.
Quant aux arêtes externes M" et N", elles entreront dans l'arêtier par les points 2 et 4 situés sur larête inférieure de cette pièce, et elles y pénétreront jusqu a leurs rencontres M et N avec la ligne intérieure qui est projetée sur aO et a son pied en a; déplus, les facesM"S" et N'' Recouperont la face inférieure de larêtier suivant des lignes a-3, 4-5, parallèles à giS, et qui compléteront les bases triangulaires M-a-3, N-4-5, du prisme qu'il faudra enlever de l'arêtier pour y loger la panne. On pourrait d'ailleurs déterminer directement les points 3 et 5 , en projetant sur le profil (4) la droite de l'arêtier qui a son pied au point lo, et en opérant comme pour la droite (Gj/ , G" g") de l'arbalétrier.
954. Maintenant, pour la panne M'N'P'Q' de long-pan, son arête Q' pénétrera dans l'arbalétrier suivant vQ, et la face Q'M' coupera la face supérieure de cet arbalétrier suivant une droite Qh dont l'extrémité h se détermine comme il suit. On projette sur le profil (i) l'arête H/i qui devient H'h\ et cette dernière ligne allant rencontrer la face Q' M' en hf; c'est ce point qu'il faut projeter en A, pour achever le triangle Qyh. La face N'P' produira aussi une section triangulaire P-8-7, dont le côté P-7 sera parallèle à Q/i; puis, dans le dessous de l'arêtier, il y aura deux triangles semblables correspondant aux arêtes M'Met N'N, lesquels formeront les bases de l'entaille prismatique qui doit être pratiquée sous l'arêtier pour y loger la panne.
Remarque. Les charpentiers évitent souvent , et avec raison , d'exécuter les entailles intérieures qui se rapportent à l'arêtier; et, pour cela, il leur suffit de tronquer le bout saillant des deux pannes par le plan qui contient la face inférieure de l'arêtier, et qui a pour trace horizontale la droite 9-10-iï. Gela épargne la main-d'œuvre, et n'enlève rien d'essentiel à l'appui que la panne trouve sur le tasseau. Il n'en est pas de même des entailles pratiquées sur lea arêtes saillantes G et H de l'arbalétrier, lesquelles contribuent efficacement à supporter la panne , et doivent toujours être exécutées.
9S5. Considérons actuellement la noue OB et l'arbalétrier correspondant qui doivent recevoir les deux cours de pannes projetées sur M'N'FQ' et m'n'i'u* {fig. 5). Ici, par opposition avec ce qui arrivait pour l'arbalétrier d'arêtier Oa, l'arête (Q', Qg) de la panne pénétrera dans l'arbalétrier CL par lé point i a de l'arête latérale K-12, et elle s'y enfoncera jusqu'au point q situé sur la ligne intérieure êC; puis, la face Q^M' coupera la face supérieure KV de Tarbalêtrier suivant une droite 12-X qui se détermine comme il suit. On projette sur le profil (i) la ligne LG de Tarbalêtrier, laquelle devient L')/; et le