CHAPITRE III. — POINTS BRILLANTS ET DÉGRADATIONS DE TEINTES. g
par le voisinage du sol, de cette réciprocité. En tenant compte de cette cause et des masses d air très-inégales qui environnent la direction AH, on sentira que le retyon atmosphérique principal RA doit s^élever au-dessus de HA, et l'on peut estimer Fangle RAH à environ ao degrés, tant que le soleil n est pas à plus de a 5 degrés au-dessus de Thorizon. Il est d ailleurs sous-entendu que le rayon atmosphérique BA et le rayon solaire SA sont toujours dans un même plan vertical.
Lorsque langle S AD augmentera, le reflet maximum qui serait toujours dirigé suivant HA sans Faction réciproque des diverses parties de 1 atmosphère, aura une intensité moindre, parce quil sera plus écarté du maximum absolu dirigé suivant rA; donc ce reflet HA se trouvera dominé encore davan* tage par la lumière de la région supérieure de latmosphère, et conséquemment le rayon atmosphérique principal RA sera plus élevé que dans le cas précédent. Aussi on admet ordinairement que, quand langle SAD est de 45°9 Tangle RAH est pareillement de 45"*; de sorte que dans cette position du soleil, qui est la plus favorable pour un tableau, le rayon solaire SA et le rayon atmosphérique RA sont perpendiculaires Fun à 1 autre.
238. Lorsque d après la direction adoptée pour les rayons lumineux, on aura ainsi fixé approximativement celle du rayon atmosphérique RA, on cherchera les points de la région ombrée sur le corps ^ pour lesquels le plan tangent est perpendiculaire , ou approche davantage d'être perpendiculaire A RA ; ce seront là les endroits de la surface où les reflets de latmosphère auront la plus grande intensité. Il faudra donc, sur le dessin lavé, et dans les environs de ces points, éclaircir notablement la teinte obscure, laquelle ne devra pas d'ailleurs être trop sombre sur le reste de la partie ombrée , parce que les reflets atmosphériques y seront encore un peu sensibles.
239. Par exemple , soit (HEFG, B'B"F'' F') une tour cylindrique, de la ou Pl. 12, i5 mètres de hauteur, éclairée parles rayons solaires parallèles à SA. La sépa- Fig. i i. ration d'ombre et de lumière sera formée par les deux droites (E, E'E"^) et (G,E'E''), qui seront les plus obscures de la surface latérale; la génératrice
(B, B'B'') sera la plus éclairée, parce que le plan tangent correspondant fait ]e plus grand angle avec SA, et la lumière diminuera graduellement de B en £, et de B en G. La génératrice (F, F'F"), quoique située dans l'ombre, sera la moins obscure de la région EFG, parce que le plan tangent correspondant à cette droite est celui qui approche davantage d'être perpendiculaire au rayon atmosphérique principal RA. La clarté ira donc en augmentant progressivement de E en B, et de E en F, mais beaucoup plus faiblement sur cette der-
nière partie que sur Fautre; des circonstances analogues se répéteront pour la région BGF; et d ailleurs ce que nous disons de chaque point de la base du cylindre subsiste, en général, pour toute la longueur dune même génératrice, puisque le plan tangent a la même inclinaison dans tous les points de cette droite.
Cependant, la lumière qui tombe sur le sol antérieur L'B' étant reflétée sur le pied de la tour, le bas de la génératrice (B, B'B.") devra être encore plus éclairé que le haut , et cette influence des reflets du sol se fera sentir sur les génératrices de lare bBg voisin du point B, et jusqu'à une hauteur d environ un mètre, plus ou moins suivant la nature du sol. Au contraire, le haut de la génératrice (F, F' F"^ ) sera un peu moins sombre que le bas , parce que le sommet de la tour éprouve, de plus que la partie inférieure , les reflets envoyés de bas en haut par la masse dair qui est au-dessous de F^'; d ailleurs, le rayon atmosphérique, pour le point F', est plus près d'être opposé au rayon solaire, et par suite plus intense que pour le point F\
240. Quant à Tombre portée sur le sol, elle sera très-prononcée vers le pied (F, F') de la tour; mais, en s'éloignant de ce point, elle s'éclaircira un peu, et progressivement, attendu que chaque point M, N,.... du sol est évidemment soumis aux reflets d'une masse d'air d'autant plus grande qu'il s'éloigne davantage de la tour; car la portion de l'atmosphère dont ce corps arrête les reflets pour le point M est comprise dans un cône engendré par une droite qui glisserait sur la tour en passant constamment par ce point M. Toutefois, ces reflets ayant une direction assez oblique, ils ne diminueront que faiblement l'intensité de l'ombre portée sur le sol.
Au reste, les remarques précédentes et toutes les règles théoriques exposées dans ce chapitre, loin de dispenser d'étudier la nature elle-même, n'ont pour but que de rendre cette étude plus fructueuse, en montrant a.u dessinateur par quels principes il doit chercher à se rendre compte des effets de lumière qu'il observera, et apprécier les causes accidentelles qui modifient souvent les résultats généraux; car c'est par une étude ainsi raisonnée qu'il deviendra capable de prévoir et de reproduire ces effets divers , lorsqu'il n'aura plus sous les yeux des modèles en relief.