‹ Traité de stéréotomie, comprenant les applications de la géométrie descriptive à la théorie des ombres, la perspective linéaire, la gnomonique, la coupe des pierres et la charpente;Chapitre 63 sur 274 · CHAPITRE I. — NOTIONS GÉNÉRALES. Io · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — NOTIONS GÉNÉRALES. Io

répondent à des angles visuels exacts, parce que nous n avons pas Thabitude de regarder les corps sous cet aspect, et que notre œil apprécie mal la longueur d une droite qui est presque parallèle à Taxe optique. Ainsi , il faut éviter de choisir des données qui conduiraient à de semblables résultats.

C'est aussi par des causes ani^ogues que les tableaux peints sur des plafonds, ou sur la surface intérieure d'un dôme , produisent rarement un effet agréable sous le rapport de la perspective. Car, n'étant pas habitués à tourner nos regards dans une direction presque verticale , nous apprécions mal la dimension des lignes d'après la grandeur des angles visuels, et nous rencontrons des raccourcis qui nous paraissent choquants ; aussi faut-il qu'alors le peintre habile s'écarte quelquefois de l'exactitude géométrique, pour se plier à des modifications qui plaisent mieux à nos regards. D'après ces remarques, on doit sentir que la meilleure espèce de tableau pour une scène un peu vaste serait une zone cylindrique de médiocre hauteur, parce que les rayons visuels partis d'un point de l'axe rencontreraient partout le tableau sous des angles peu différents de 90®; et c'est, effectivement le choix qu'on a fait dans les panoramas.

251. Cependant on exécute quelquefois des perspectives pour lesquelles le point de vue est placé de manière que les rayons visuels tombent très-obliquement sur le tableau; mais alors on les nomme des perspectives curieuses. Car, en présentant un pareil tableau à un observateur, qui naturellement le regardera de face , il n y apercevra que des contours irréguliers ou difformes , qui rendront l'objet méconnaissable; tandis que si l'on fixe l'œil de ce spectateur au véritable point de vue, par le moyen d'un petit trou pratiqué dans une cloison qui lui cache les autres corps environnants , et âe lui laisse apercevoir que la perspective en question, il la jugera tout autrement, et y reconnaîtra souvent un objet gracieux qui lui causera une surprise agréable. Nous en dirons quelques mots plus loin (n^ ^26), après avoir exposé les méthodes élémentaires que nous avons annoncées au n® 246.

' Io4 LIVRE II. — PERSPECTIVE UNÉAIRE.

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