‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 102 sur 197 · AMYGDALES. — SYPHILIS · texte numérisé non relu

AMYGDALES. — SYPHILIS

{onno ulcéro-infiltrante : la nature de raiïection n'est nettement démontrée que par l'examen histologique. Ce sont dos lésions bénignes, à évolution lente.

La symplomatologio est à peu près nulle ; il n'y a ni douleurs ni dysphagie. L'ulcération, légère au début, simple érosion d'abord, s'enfonce en forme de cupule, se confond avec des ulcérations voisines.

Il existe une forme douloureuse de l'alïection où apparaissent de la dysphagie et des troubles de la phonation.

Le pronostic de l'airection est généralement bénin, car la tuberculose primitive reste localisée et évolue lentement.

Les caractèresderulcérationpermettenldeladistinguer du chancre, qui présente une base indurée et s'accompagne d'adénopathie angulaire.

Les gommes syphilitiques, après ulcération, présentent des anfractuosités profondes, à bords taillés à pic, ù fond bourbillonneux ; il n'y a pas d'adénopathie.

L'épilhélioma peut donner lieu à des ulcérations, mais elles sont plus profondes que celles de la tuberculose et s'accompagnent d'adénopathie. Mais, dans certains cas, on a dû recourir à l'excision d'un fragment des lésions pour le soumettre à l'examen microscopique.

Le traitement consiste en médication générale (huile de foie de morue, iode, arsenic, alimentation azotée, etc.) ; localement on pratiquera des cautérisations (acide lactique pur, nitrate d'argent, naphtol camphré, ignipuncture). Contre la forme douloureuse, les attouchements avec une solution de cocaïne et les gargarismes émollients donneront de bons résultats.

SYPHILIS

La syphilis se manifeste au niveau des amygdales à chacune de ses trois périodes.

Le chancre, signalé d'abord par Diday (1861), a été observé par de nombreux auteurs (Legendre, PivauJran, Fournier, Dieulafoy,]Morel- Lavallée, Brindel, Swerjenski). C'est une affection assez fréquente.

Ce chancre se présente sous forme d'une ulcération ayant les dimensions d'une pièce de 50 centimes, une profondeur variable et des bords ainsi qu'une base indurés. La maladie débute à la façon d'une angine, la douleur est très intense, la lésion est unilatérale ; l'induration et l'adénopathie sont des signes caractéristiques.

L'angine ulcéro-membraneuse (angine de Vincent) a de grands points de ressemblance avec le chancre: l'amygdale est hypertrophiée; l'ulcération est profonde, à bord déchiquetés. Parfois l'examen bactériologique est nécessaire pour permettre le diagnostic; néanmoins l'induration, l'adénopathie qui existent avec le chancre prennent une grande valeur pathognomonique.

L'épithélioma, aussi, peut ressembler au chancre, mais c'est une aflection de Tâge mur, à évolution lente et progressive, s'accompagnant d'hémorragies, donnant lieu à une adénopathie dure, peu mobile.

Les syphilides secondaires, fréquentes au niveau de l'amygdale, n'ont pas d'intérêt chirurgical.

La syphilis tertiaire, rare à lamygdale, se présente sous forme de gommes (Maisonneuve, Velpeau, HoraoUe, Fournier. Pivaudran, Juhel-Renoy, Délia Bedova, Natier, Froissart. etc. ' , dont Fournier distingue plusieurs formes : ulcéreuse, pseudo-épithéliomateuse, gangreneuse. Les lésions consistent en nodules indurés, qui plus tard se ramollissent et s'ulcèrent et, selon la forme, se compliquent de bourgeonnements ou de désintégration des tissus. L'évolution est silencieuse, indolente, ne s'accompagne pas d'adénopalhie. Et ces divers caractères permettent de distinguer l'affection des autres afi'ections ulcéreuses (tuberculose, angine de ^'iucent, épithélioma), qui ont toutes leurs signes particuliers. Pour ce diagnostic diiTérentiel, on trouvera d'intéressants documents dans la thèse de Froissart (l).

Le traitement sera toujours et d'abord une médication antisyphilitique (iodure), puis consistera en désinfection, cautérisation, curettage des foyers ramollis et ouverts.

ACTINOMYCOSE.

L'intégrité habituelle du tissu lymphoïde à Tégard des infections actinomycosiques se retrouve au niveau de l'amygdale. Cependant Johne et Jensen avaient signalé la présence de VAclinomyces dans des amygdales, en apparence saines, sur le porc et le veau. Guermonprez et Becue ont indiqué les amygdales, à côté de la langue et des joues, comme des points de pénétration de VActinomyces. A la suite du travail d'Hofraan, on admit que l'actinomycose évitait Tamygdale, la contournait, passait entre les piliers. Et même, pendant longtemps, l'existence dune lésion amygdalienne faisait écarter le diagnostic d'actinomycose.

Une réaction inverse s'est opérée avec Cuignot, mais il s'agit de pseudo-actinomycose et, d'après cet auteur, les Pseiido-actinomyces trouveraient un tissu favorable à leur développement dans les amygdales.

Quanta l'actinomycose vraie, elle existe au niveau de l'amygdale, mais les cas démonstratifs sont rares. Clerc, dans sa thèse, rapporte 5 observations (Wright, Poncet, Lesin, Cari Kock, Wassilief, Ginsberg); depuis, Thévenot, Cheatle et d'Eston ont signalé d'autres cas.

La porte d'entrée de l'infection est le plus souvent une érosion de

(1) Frûissaht. Thèse de Lille, 1898-1899.

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lanuKiueuse ; dansTépaisseur de l'organe, VAclinomyces évolue d'une façon insidieuse ; sa présence ne se révèle que lorsqu'il infiltre les tissus sous-jacents. Les douleurs sont habituellement rares et peu intenses ; le trisnius est aussi un symplôme inconstant.

On constate dans la région latérale du pharynx, dans la région parolidienne, à l'angle de la mâchoire, l'existence d'un placard induré, plus ou moins étendu, qui arrive à devenir fluctuant et au niveau duquel les téguments rougissent et s'ulcèrent. Les lésions consistent, en réalité, plutôt en des péri-amygdalites qu'en des amygdalites ; mais ce sont les cryptes amygdaliennes qui ont servi de réceptacle au parasite.

L'adénite n'apparaît que lorsque des infections secondaires ont envahi le foyer actinomycosique.

On a vu, dans deux cas, l'infection se propager au crâne, atteindre les méninges (Lesin), le cerveau (Ginsberg) et se terminer par la mort.

Le diagnostic a été fait le plus souvent à la suite d'examens bactériologiques ; on avait tout d'abord songé à des abcès ou à des adénophlegmons. La confusion pourrait être faite avec un abcès froid issu d'un mal de Pott cervical, avec un néoplasme de l'amygdale. Il y a quelques signes caractéristiques de l'actinomycose : aspect de la zone d'empâtement semée de rhagades et de petits pertuis purulents, multiplicité des fistules, absence d'adénite.

« Le moindre soupçon en faveur d'une localisation actinomycosique impose le traitement ioduré » (Clerc). On fait en outre de la désinfection de la cavité buccale et du foyer inflammatoire ; on doitatteindre par des incisions appropriées les fusées phlegmoneuses, s'il en existe.

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