‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 12 sur 197 · L. DŒULAFE · texte numérisé non relu

L. DŒULAFE

Cille. La surface de section présente souvent un aspect luisant, vernissé, noté par plusieurs auteurs. A Foeil nu ou à la loupe, on voit de grandes lacunes vasculaires vides de sang donnant à la coupe Taspect dune éponge, et le stroma fibreux qui, sur une coupe longitudinale, forme un faisceau compact au niveau du pédicule, puis se divise en éventail, envoyant des ramifications divergentes jusqu'à la périphérie. Le revêtement épidermique peut se continuer sur toute la tumeur, aminci et refoulé, jusqu'à disparaître le plus souvent au niveau de lulcération superficielle. Souvent aussi il manque au niveau du sillon; la tumeur, aplatie sur sa base, détermine là une

Fif

Botr^'omyconic.

1, levctement épidermique : 2 et 3, pédicule du botrvomvcome; 4, amas de cellules lymphoïdes: 5, cavités vasculaires; 6, tissu celkdo-adipeu.v normal sur lequel repose le bulryomycume. Préparation de Lccènc (faible grossissement).

suppuration qui détruit les couches superficielles; r(''i)iderme s'arrête brusquement et se relève, formant une véritable collerette d'où semble émerger la tumeur. A la surface existe une couche de désintégration, formée de pus, de sang et de fibrine, et surtout de leucocytes diapédésés au milieu desquels on retrouve tous les microbes de la peau. Puis on retrouve la zone des vaisseaux embryonnaires dilatés, reconnaissables à leur paroi endothéliale cl aux globules rouges contenus dans leur intérieur. Ils sont séparés par du tissu conjonctif jeune, embryonnaire, formé de fibres entrecroisées avec leurs noyaux allongés. L'infiltration leucocytaire se trouve surtout marquée au voisinage des cavités vasculaires. Puis au niveau du pédicule on retrouve du tissu fibreux compact formant une zone d'implantation

LÈVRES. -TUMEURS KPITHÉLIALES. 17

descendantjuscjue dans les couches profondes du derme » (Legroux).

Dor avait considéré ces lunieurs comme des sortes de fibro-adénomes développés aux dépens des glandes sudoripares. Jaboulay, Bérard et Pollosson, Sabrazès et Laubie, Savariaud etDeguy, Bodin, Bosc et Abadie leur reconnaissent une structure analogue à celle des bourgeons charnus; mais il y a davantage de lissu conjonctif et de vaisseaux embryonnaires. Cliiiiquement, certains bourgeons charnus ressemblent tout à fait aux bolryomycomes, par exemple les polypes qui accompagnent les suppurations chroniques de l'oreille.

Les botryomycomes siègent surtout à la lèvre inférieure et sont implantés dans la zone de jonction, entre la muqueuse et le bord libre; ce sont des sortes de champignonsà pied court, à surface héi'issée de papilles, ulcérée, suintante; la concrétion du pus donne en plusieurs points Taspect d'un bourgeon croûleux. L'ensemble de la tumeur a des dimensions de l*"",.") à 2 centimètres de diamètre ; sa consistance est demi-molle, réni Lente. Le plus souvent elle a été précédée d'un petit traumatisme local. Son évolution est souvent assez rapide (Balzer et Alquier, Savariaud et Deguy}. Au début, il s'agit d'une petite verrue, d'un bourgeon rosé soulevant l'épiderme, puis ce bourgeon grossit et s'ulcère.

L'alîectionn'estpasgrave, mais elle peutentraînerquehpies troubles fonctionnels dans la mastication ou la phonation.

Au point du vue diagnostique, ces tumeurs sont surtout à dilTérencier des papi Homes et des bourgeons charnus : nous avons vu que ces derniers ne se distinguent guère qu'à l'examen microscopique; la confusion est aussi possible avec les papillomes : les premières tumeurs observées avaient été décrites par Poucet et Dor comme papillomes inflammatoires; mais, dans le papillome, les élevures sont plus hautes, plus régulières, plus dures, moins friables. Parmi les autres tumeurs pédiculées, moUuscum, rd:)romes, il n'en est pas qui présentent l'aspect ulcéreux du botryomycome, et, parmi les autres tumeurs ou lésions ulcérées (épithélioma, tuberculose, chancre), il n'en estpasqui présentent de pédicule. Le traitement est très simple; il consiste dans l'ablation de la tumeur au bistoiu"i. Il n'y a jamais de récidive.

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