IV. — NÉOPLASIES
Il y a lieu de considérer au niveau des lèvres des tumeurs épithéliales, conjonctives, vasculaires, mixtes.
TUMEURS ÉPITHÉLIALES
Il existe des tumeurs kystiques et des tumeurs solides (adénome, épithélioma).
Traité de stomatologie. VIII. — 2
KÏSTES.
Dans IV'paisseiir du derme peuvent se développer des kystes sébacés ; ils ne donnent lieu ici à aucune considération spéciale.
Du côté de la muqueuse, ou observe deux ordres de formations kystiques, les unes congénitales, les autres acquises. Les kystes congénitaux ont été observés par Lannelongue, Reverdin et Mayor, Clavet: les uns sont de nature ectodermique (kystes dermoïdes), les autres muqueux. Les kystes acquis, de nature glandulaire, ont un contenu muqueux, fdant.
Ces diverses tumeurs font sous la muqueuse une saillie plus ou moins appréciable : elles ont une consistance ferme, rénitente, une évolution lente. La date d'apparition permet de les distinguer les unes des autres; leurs caractères cliniques permettent de les dilTérencier des autres tumeurs labiales.
Elles doivent être traitées par l'extirpation; Tincision simple serait une opération insuffisante, ne mettant pas à Tabri des récidives. Il s'agit dans tous les cas dune affection bénigne.
AOËNO/HES.
Broca, Bouisson ont observé des adénomes de la muqueuse labiale. Ils sont formés d'une hypertrophie des glandules de cette muqueuse, ne donnant lieu comme symptômes qu'à une tuméfaction plus ou moins marquée.
Le traitement doit consister en excision de toute la zone glanduleuse affectée ; on peut conserver des lambeaux de muqueuse et n'enlever que les glandes, ou bien, ainsi que le conseille Broca, pratiquer une excision cunéiforme de toute la couche glanduleuse.
ÉPITHËLIQMA OU CANCROÏDE.
Défiiiitioii. — Sous le nom de cancroïde, ondi'signel'épithélioma de la peau ou des muqueuses papillaires. Au niveau des lèvres se développe le cancroïde typique appartenant à la variété de l'épilhélioma pavimenteux lobule.
Étiolo$>'ic. — Ces tumeurs se développent au niveau du bord libre des lèvres; Morestin a observé un cas d'épithélioma siégeant dans le sillon mento-labial et s'étendant d'une part sur la lèvre inférieure, d'autre part sur le menton. C'est la lèvre inférieure qui se trouve le plus fréquemment afl'ectée : Fricke sur 1338 cas provenant de la réunion des statistiques de Wœrner, Koch, Maiweg, Regulski, Kœnig, trouve la tumeur 1264 fois sur la lèvre inférieure et 74 fois sur la lèvre supérieure.
La tumeur débute rarement sur la ligue médiane; son siège le plus fréquent, au moins au début, est entre la commissure et la ligne