‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 148 sur 197 · POSITION DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

POSITION DE LA TÊTE

Cette question a donné lieu à de nombreuses discussions ; nous pensons que la ligature systématique de la carotide externe dans de nombreux cas lui ôte la plus grande partie de son importance, puisqu'elle permet d'éviter presque totalement l'hémorragie redoutée.

Expérimentalement, la question a été étudiée : dans la position strictement horizontale, des liquides colorés au violet de gentiane ^:o;lt aspirés jusqu'au fond des bronches lors de l'inspiration.

Dans la position déclive, il n'y parvient au contraire rien. Le point le plus important semble être l'inclinaison du tronc, sans qu'il soit nécessaire que la tète soit plus basse que le cou.

Nous pensons donc que la simple extension de la tète, telle qu'on l'avait pratiquée pour la ligature de la carotide externe, suffit. On mettra simplement une alèze roulée sous les épaules du sujet.

Dans la position de Rose, le corps horizontal repose sur la table jusqu'aux épaules ; la tête se trouve renversée sans point d'appui.

Trendelenburg place ses opérés en position renversée, tête en bas; l'incliiMison est de 45°.

Ces lieux positions rendenl sans doute l'inlroduction du sang dans l'appareil respiratoire plus dil'liciie ; mais elles favorisent considérablement la stase veineuse.

Kocher, pour éviter cet inconvénient, met le corps du malade dans un plan incliné à la Trendelenburg- : mais il relève la tète au-dessus du cou ; il place ainsi roritice trachéal au point déclive.

Payr incline tout le corps, pieds en bas, à 30 ou 40" ; la tète seule est renversée en arrière.

Morestin a coutume de relever le tronc à 45° sur lliorizonlalc et de délléchir la tète.

Nous rappellerons seulement, à un point de vue historique, la position assise préconisée jadis. Verneuil encore, pour les résections du nuixillaire supérieur, endormait le malade pendant les temps extrabuccaux, puis ensuite le réveillait à demi et l'asseyait, hanté par la crainte immédiate de l'asphyxie, par celle plus éloignée de la pneumonie. La persistance de la toux réflexe paraissait alors la plus a va n tage u se sau vega r de .

ANESTHÉSIE. i

L'anesthésie générale nous parait, sauf cas tout à fait rare, préférable. L'éther ne sera pas employé à cause de la congestion trop intense qu'il provoque dans l'arbre respiratoire et qui, par elle-même, nous semble devoir prédisposer trop considérablement aux pneumonies secondaires.

Le chloroforme est donc Tanesthésique de choix; la paralysie des muscles bronchiques, l'abolition des réflexes ne nous paraissent pas entraîner des conséquences graves quand les précautions énoncées tout à l'heure ont été prises.

Nous ne nous rangerons donc pas à l'opinion qu'a émise Krônlein au Congrès des chirurgiens de Berlin (1901). Cet auteur préconise en effet l'anesthésie locale. Les résultats qu'il nous fournit sont des plus intéressants, puisqu'il accuse seulement 3 p. 100 de morts dans les résections du maxillaire supérieur. Nous croyons que la cause de ce succès réside dans une bonne technique.

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