SOINS PRÉ ET POST-OPÉRATOIRES
Les résultats opératoires sont non seulement sous la dépendance d'une technique précise et bonne: ils dépendent considérablement des soins pré et post-opératoires. C'est pourquoi nous avons rassemblé ces faits en un chapitre distinct.
1° Soins préopératoires. — Les cavités nasale et buccale doivent être soigneusement désinfectées, ainsi que le naso-pharynx.
Un nettoyage soigné des dents, des lavages répétés à l'eau oxygénée pendant quarante-huit heures assurent l'asepsie relative de la bouche.
Pour le nez et le naso-pharynx, Ton fera avec une canule des lavages au sérum tiède.
Puis ensuite on mettra dans le nez de la vaseline résorcinée à 1 p. 10 ou mentholée à 1 p. 100, le malade se tenant en position horizontale.
Le malin môme de l'opération, un lavage à la canule d'eau oxygénée très étendue sera fait.
Des lésions particulières peuvent réclamer des précautions spéciales, en particulier les ulcérations qui seront touchées au thermocautère.
Il nous paraît de plus utile de mettre le malade au régime lait et œufs l'avant-veille de l'intervention, lait seulement la veille. Par contre, nous injecterons au malade l'avant-veille et la veille 150 grammes de sérum.
Le malade a été purgé l'avant-veille de préférence, et l'on peut la veille au soir lui administrer un lavement.
2'' Soins post-opératoires. — Ils ont une importance considérable et interviennent dans les résultats de façon si précise qu'ils doivent être l'objet d'une vigilance prolongée. La première des indications est de mettre le malade en position déclive et d'éviter à tout prix qu'au cours des vomissements post-chloroformiques il puisse infecter sa trachée ; il sera donc surveillé constamment et demeurera déclive, la tète inclinée du côté sain. 11 fera des lavages fréquents de
la bouche à Toau oxygénée el loujourssansquiller la même position. Ces lavages seront de règle immédiatement après chaque rejeton, plus lard, après chaqne prise alimentaire.
Cette position déclive doit être gardée longtemps, et les chirurgiens actuels la réclament pendant une dizaine de jours.
Pendant toute celte période, le malade sera soumis au lait, mais il faudra remonler son état général par des piqûres de sérum alternées avec celles d'huile camphrée.
Des ventouses seront appliquées au premier soupçon de congestion bronchique.
Nous croyons que ces précautions, prolongées scrupuleusement, jointes à Temploi presque systématique de la ligature de la carotide externe, font disparaître la plupart des craintes de bronchopneumonie et assurent le succès que permettent d'espérer les statistiques récentes.
Ces résections varient dans leur étendue suivant rimporlancc et la nature des lésions. Suivant que la continuité de Tos est interrompue ou non, on distingue des résections complètes ou incomplètes.
Les premières sont les plus intéressantes: les deuxièmes échappent à une description didactique : elles ne s'appliquent qu'à des lésions bien limitées et de nature déterminée ; ici ablation de séquestre, là résection d'un fragment du bord alvéolo-buccal, pour épulis par exemple.