NÉCROSE PHOSPHORÉE DES MACHOIRES
Le traitement actif, lorsque la nécrose est apparue, est le traitement chirurgical. Et les incisions, pour aborder les séquestres, les manœuvres nécessiléespourleur ablation, les drainages ne ditïèrentpas des incisions, des manœuvres chirurgicales que nécessitent les autres séquestres, ceux de rostéomyélite par exemple. Aussi renvoyons-nous à ce que nous venons décrire, si Ton veut quelques détails sur ce point.
La seule question qui mérite d'être traitée ici, comme elle Ta du reste toujours été, c'est de savoir à quel moment il faut pratiquer l'intervention chirurgicale.
Lorinser et Trélat attendaient que le séquestre fût mobile. D'après eux, en opérant de bonne heure, on s'expose à faire tropou troppeu. On ignore si on reste en deçà ou si l'on n'est pas trop au delà de l'os nécrosé.
Mais attendre que le séquestre soit mobile, c'est attendre que l'ostéite nécrosante se soit arrêtée.
Est-on sûr qu'elle s'arrête toujours ? D'autre part, la mobilisation spontanée d'un séquestre demande un temps très long, pendant lequel la suppuration se fait jour en différents points et afi'aiblit le malade, ou menace même sa vie.
Aussi Billroth et Verneuil, étaient-ils partisans d'une opération hâtive, faite avant la limitation du processus nécrosant.
Ces discussions ont perdu de leur valeur.
Quand une nécrose est peu étendue, que la suppuration est peu intense, que l'état général du malade reste bon, on peut attendre que le séquestre devienne mobile pour l'enlever. Mais, si les phénomènes généraux sont graves et que le malade soit en danger, mieux vaut intervenir d'une façon précoce et s'exposera faire une opération trop large pour sauver le malade.