TUMEURS DES GENCIVES
liiniour est limitée. Si elle est plus étendue, Télectrolyse sera parfaitement indiquée.
L'éradication au bistouri est une méthode plus radicale et plus expéditive; elle donne des garanties de guérison plus certaine et plus rapide.
Mais l'hémostase est difficile à faire autrement que par la compression, et il faut compter sur la perte de sang abondante et secondaire.
De sorte que, en présence d'une tumeur étendue ou d'une tumeur chez un tout jeune enfant, il vaudrait mieux employer d'abord la thermocautérisation ou l'électrolyse. Néanmoins, si le traitement était mal supporté, trop long et inefficace, il faudrait en venir à l'ablation au bistouri, traitv^mcnt un peu dangereux en cette région, mais seul certain.
On a noté quelques cas exceptionnelsd'anévrysme cirsoïde, siégeant, par exemple, comme dans le cas de Salzer, sur la face antérieure du maxillaire, à la hauteur de l'incisive et de la canine. A côté de ces cas, je range les anévrysmes artériels de l'artère dentaire inférieure.
Le traitement dépend de la limitation du mal. L'anévrysme cirsoïde doit être enlevé au bistouri. Je n'ai pas de traitement plus certain à recommander.
Quant aux anévrysmes de l'artère dentaire, qui usent et détruisent en partie le maxillaire, je conseillerai la ligature de la carotide externe, avec extirpation partielle du maxillaire inférieur, en conservant si possible la bande osseuse représentée par son bord inférieur.
Néanmoins, si celte exérèse partielle du maxillaire donnait beaucoup de sang et faisait craindre alors pour la vie du malade, mieux vaudrait pratiquer d'emblée la résection totale du maxillaire.
C'est du reste ce que fut obligé de faire Morestin dans un cas d'angiome pulsatile de la mâchoire.
Il essaya d'abord d'ischémier le maxillaire inférieur en liant préventivement l'artère carotide externe et quelques-unes de ses branches principales par un procédé personnel.
Puis il essaya de libérer le maxillaire inférieur, de désinsérer le masséter, voulant conserver le bord inférieur de l'os. Je passe sur les détails. L'hémorragie fut telle que Morestin fut obligé de faire Tablation totale du maxillaire gauche, craignant de laisser sa malade sur la table d'opération (1).
Les autres tumeurs de gencives et du bord alvéolaire peuvent être de structure très variable, fibrome, fibro-chondrome, sarcome à myéloplaxe.
Deux cas se présentent :
(1) Soc. de chir., 27 oct. 1909.
Traité de stomatologie. VIII. — 28
1° La tumeur est franchement bénigne, avec pédiculisation conimengante ou marquée.
Il suffit de l'enlever simplementau bistouri ou aux ciseaux courbes; de ruginer à la rigueur jusqu'à l'os le point d'implantation.
2° La tumeur est de nature indéterminée — ou bien de nature maligne (par exemple sarcome à myéloplaxe).
11 faut enlever les dents qui correspondentaux limites de la tumeur : circonscrire le pointd'implantationpar deuxlignes courbes, se rejoignant à leurs extrémités et relevant autour de la tumeur la fibromuqueuse des gencives jusqu'à l'os. On résèque ensuite à la pince coupante ou avec la gouge et le maillet tout le rebord alvéolaire et très au delà des limites de la tumeur.
Ces épulis sarcomateuses sont d'une malignité très variable. Les unes récidivent assez rapidement et peuvent emporter le malade par généralisation (cas de Réveillon) ; d'autres restent de nombreuses années sans récidive. Je puis, pour ma part, citer deux cas personnels d'épulis sarcomateuses du maxillaire supérieur et inférieur, guéries depuis quatre et cinq ans