TUMEURS DU CORPS DU MAXILLAIRE
Kystes des mâchoires. — A. Kystes dentif ères. — Inclus dabord dans le maxillaire, ils usent ses parois et font saillie à l'extérieur. De toute façon, pour les aborder, il faut inciser la paroi antérieure du maxillaire ou agrandir l'orifice osseux dû à la trépanation spontanée de la tumeur.
Cette ouverture osseuse doit se faire par la bouche, après avoir excisé une partie de la muqueuse gingivale : on abattra une tranche osseuse avec le ciseau et le maillet ; on agrandira louverture avec la pince-gouge.
La poche kystique sera ouverte, si elle ne l'a déjà été au cours des manœuvres préliminaires. Il faudra la curetter avec énergie, de façon à l'enlever complètement et, pour plus de sécurité, cautériser toute la cavité osseuse.
Il faudra rechercher avec soin la dent ou les dents, libres ou implantées sur les parois de la poche, et il faudra les enlever avec une pince de Kocher, une pince à séquestre, un davier, ou les faire sauter à la curette.
Il est rare qu'il existe assez de muqueuse gingivale pour recouvrir cette cavité. On la drainera donc avec une mèche jusqu'à sa fermeture, qui sera toujours fort longue.
B. Kystes radiculo-dentaires. — Il faut ouvrir la poche kystique et enleverou détruire cette poche en cautérisant ses débris ou la cavité osseuse qui contenait la paroi kystique.
Il faut drainer.
TRAITEMENT DES ODONTOMES. EPITHELIOMAS ADAMANTINS. 435
La dont i;vn(''ialeinenl cariée doit ôlre enlevée.
Ouand les kystes ilentifères ou radiculo-dentaires sont volumineux, qu'ils ont ébranlé les dents ou les ont fait tomber, mieux vaut pratiquer une résection de la portion du maxillaire qui renferme ce kyste. On setVorcera de conserver le bord inférieur du maxillaire.
On aura tout avantage à pratiquercette résection partielle. D'abord parce (jue la guérison sera plus rapide, puisque l'on n'aura pas à attendre la fermeture d'une cavité très large et qui peut rester fistuleuse. Ensuite parce que les dents sont tombées ; qu'il faudra les remplacerparune pièce dentaire, et (jue la prothèse du maxillaire se fait très facilement si Ion a conservé la bande osseuse du bord inférieur.
De sorte que c'est l'intégrité des dents qui, selon moi, dictelanature de l'intervention.
1° Si les dents sont saines et solides, il faut traiter le kyste par l'incision partielle delà paroi du maxillaire, avec ablation de la poche kystique et drainage ;
'2° Si les dents manquent, sont ébranlées et déviées ou sont cariées, mieux vaut enlever avec le kyste le segment du maxillaire sur lequel il simplante, en selïorçant de conserver son bord inférieur.
TRAITEMENT DES ODONTOMES.— EPITHELIOMAS ADAMANTINS.
Certains odontomes (coronaires ou radiculaires) peu développés s'enlèvent en arrachant la dent, et, si leur volume rend l'ablation difficile, il sufhra de réséquer partiellement le rebord alvéolaire.
En général l'ablation de l'odonlome ne peut se faire qu'après avoir pratiqué une ouverture suftisanle soit sur la face externe du maxillaire, soit au niveau du rebord alvéolaire.
Si l'odontome est encore central ou fait irruption vers la face externe de l'os, c'est par là qu'on pratiquera la brèche osseuse. Si l'odontome, ébranlant les dents, les écartant, fait irruption vers les arcades alvéolaires, c'est en pratiquant la résection du rebord alvéolaire qu'on cherchera à les aborder.
Ces opérations se font par la bouche. Exceptionnellement, quand l'odontome occupe un siège postérieur et tend à pousser vers la branche montante, il vaudra mieux, pour peu qu'on soit gêné, soit pratiquer le débridement jugal et opérer par la bouche coûte que coûte, ou mieux pratiquer une incision derrière l'angle du maxillaire inférieur, ruginer le périoste et désinsérer en partie le raasséter et réséquer la lame externe du maxillaire en ce point.
Telles sont les voies d'accès. Comment enlever l'odontome.
Très souvent il est, en quelque sorte, encapsulé; d'autres fois, il est inclus au sein de l'os, sans barrière ou sac fibreux qui l'en sépare.
Dans le premier cas, l'énucléation est facile. Mais, la tumeur enlevée, il faut enlèvera toute force le tissu fibreux qui l'entoure,
car il s'agit d'un vestige du sac dentaire qui peut contenir des éléments de repullulation de la tumeur sous une forme ou une autre.
Si la tumeur est incluse dans Tos, mais n'est pas encapsulée, son ablation proprement dite sera plus difficile. Il faudra ruginer la coque osseuse du maxillaire, l'abattre par fragments avec la gouge et le maillet.
D'autres fois, le volume de la tumeur, l'ébranlement qui porte sur plusieurs dents, l'écartement et l'amincissement des deux lames du maxillaire rendent bien inutile tout essai de conservation du corps de l'os. A quoi bon conserver un maxillaire dont les deux lames externe et interne sont perforées, dont le rebord alvéolaire estdisjoint, les dents tombées? Mieux vaut réséquer franchement et enlever en bloc le corps du maxillaire et la tumeur. On s'efforcera, autant que faire se pourra, de conserver le bord inférieur du maxillaire.