‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 17 sur 197 · Cheiloplaslie. Procédé de Syme · texte numérisé non relu

Cheiloplaslie. Procédé de Syme

Dans le procédé de Roux (de Saint-Maximiii), le lambeau appartient à la l'ois à la lèvre inférieure et au cou: le V d'excision est asymétrique et son plus petit côté est prolongé, de manière que l'incision aille se perdre sur les téguments du cou. Le lambeau, de forme triangulaire, circonscrit par cette incision et la longue branche du V est disséqué et remonté.

Berg a dessiné, pour des pertes de substance à bord inférieur de forme curviligne, un lambeau, lal)ial et mentonnier, délimité par une ligne oblique allant de ce bord inférieur à celui du maxillaire et par une autre incision parallèle à ce bord.

Le procédé de Syme comporte un double lambeau taillé dans la

lèvre ; les deux côtés du V, symétriques, sont prolongés en bas vers le bord inférieur du maxillaire, de facjon à dessiner une sorte d'X. Tout le long du bord inférieur du maxillaire, de chaque extrémité de cet X, part une nouvelle incision parallèle à la branche correspondante du V. On a ainsi circonscrit deux lambeaux que l'on dissèque et que l'on amène, en les relevant, à la rencontre l'un de l'autre (tig. 22). Il y a bien un pédicule, mais il ne subit pas de torsion, et ce procédé se rattache à la méthode française.

On a aussi utilisé des lambeaux à pédicule inférieur taillés dans la joue et le menton; c'est ainsi que, dans le procédé de Dieffenbach, une incision transversale prolonge en dehors chaque commissure ; de l'extrémité de cette incision en part une autre allant vers le bord inférieur du maxillaire, en sens parallèle à la branche correspondante du V d'excision (fig. 23 et 24).

Une variante de cette technique constitue le procédé de Jœsch; chaque lambeau est circonscrit par une incision arquée qui part de la commissure et se dirige d'abord en dehors, puis s'infléchit en bas, en s'arrondissant. et se termine sur la partie latérale du cou.

IL Cheiloplastie à lambeaux par translation avec pédicule infléchi ou tordu (méthode indienne). — Les lambeaux taillés dans le voisinage de la perte de substance à combler sont empruntés à la lèvre inférieure et au menton, au cou, aux joues, à la lèvre supérieure.

Langenbeck taille, dans la région mentonnière, un lambeau dont la base se trouve au-dessus et en dehors de l'une des commissures, et dont le sommet répond à la région mentonnière. Entre ce lambeau et la perte de substance, se trouve une sorte d'éperon cutané à base tournée du côté opposé. Le lambeau disséqué est amené

LEVRES

CHEILOPLASTIE.

Fig:. 23. — Cheiloplastie. Procédé de Dieffenbacli.

au-dessus de Téperon et va combler la perte de substance. On peut réunir l'éperon à la peau du menton pour réparer remplacement du lambeau (fig. 25 et 26).

Dans les cas de grandes pertes de substance, Lallemand a eu recours à un lambeau du même genre, mais taillé dans la région cervicale.

Benjamin Anger a réparé une perte de substance de toute la lèvre inférieure par un lambeau taillé dans le menton et le cou ; on relève le lambeau pour l'amener sur la perte de substance labiale, et la plaie d'emprunt est abandonnée à la cicatrisation secondaire (fig. 27 et 28).

Delpech, dans le même but, a emprunté un grand lambeau à la région cervicale; ce lambeau de forme lancéolée a son grand axe vertical, le pédicule correspond au menton, la pointe au manubrium du sternum; on le dissèque et. par torsion du pédicule, on l'applique sur la brèche labiale à combler.

Ce lambeau, taillé trop grand, est doublé sur lui-même au niveau de son tiers inférieur, selon la ligne AB, de sorte que c'est une surface cutanée qui va former la face interne de la future lèvre (fig. 29 et 30).

Sédillot a emprunté des lambeaux, à la fois au menton et aux joues, le pédiûule est supérieur ; pour les tailler, on prolonge vers le bas les incisions verticales d'une perte de substance quadrangulaire, et cela sur une hauteur égale à la demi-longueur de la future lèvre ; puis, parallèlement à ces incisions, on en tire d'autres qui ménagent,

Fij:-. 24. — Cheiloplastie. Procédé de Dieffenbacli.

de chaque côlé, unlambeau dont la longueur correspond à la hauteur de la perte de substance. Ces deux incisions sont réunies 1 une a rautre à leur extrémité inférieure. Les lambeaux sont dissèques,

Fig. 23 et 20. — Cheiloplaslie. ProccLlé de Langenheck.

ramenés par torsion, à une position horizontale et affrontés Fim à l'autre sur la ligne médiane (fig. 31).

Divers auteurs ont taillé leurs lambeaux aux dépens de la lèvre

LÈVRES. — CIIEILOPLASÏIE.

supéiioure ; il n'y a pas, en elïet, de meilleure substance pour une réparation labiale que de prendre des tissus labiaux. La lèvre supérieure, qui a ainsi fait les frais de la réparation, est elle-même, restaurée par glissement des parties adjacentes.

Dans l'opération cheiloplastique d'Ksllandcr, ou enlève la tumeur

Vig. '21 et 2s. — Clieiloplaslic. Procédé de Benjamin An^er.

d'après le i>rocédé en \': sur la lèvre saine, on taille soit avec les ciseaux, soit avec le bistouri, un lambeau de forme triangulaire. Sa base correspond au bord libre de la lèvre, et son sommet est le point le plus éloigné de l'ouverture buccale; la branche externe du V vient aboutir à la commissure labiale, au niveau du point où celle ci

Fig-. 29 et 30. — Cheiloplaslie. Procédé de Delpech.

confine à la perte de substance; la branche interne se dirige vers la partie moyenne de la lèvre saine sans atteindre son bord libre, ménageant à ce niveau un pédicule par lequel le lambeau doit continuer à se nourrir aux dépens des vaisseaux de la lèvre à laquelle on Ta emprunté; le pédicule contient l'artère coronaire et pour cela on a arrêté l'incision à 2 millimètres du bord libre. Le lambeau pivote, par son bord externe va s'unir au bord interne de la perte de

Page 1