KYSTES
Au niveau des joues, les téguments externes peuvent être le siège de kystes sébacés, qui n'offrent aucune particularité clinique ou analomique.
La région de la joue correspondant au territoire de la fente intermaxillaire, on y trouve des kystes dermoïdes.
Verneuil a observé sur une femme de vingt-quatre ans un kyste dermoïde situé au-dessous de l'arcade zygomatique et faisant saillie vers l'extérieur et vers le vestibule buccal. Lannelongue et Ménard en ont observé 3 cas ; dans un cas, le kyste siégeait à la partie antérieure de la joue, à l''",5 de la commissure, une fois près du bord antérieur du masséter, une autre fois sur la face externe de ce muscle.
JOUES. — TUMEURS EPITHELIALES. 61
11 s'agissait de petites tumeurs du volume d'une noisette.
Los kystes séreux existent aussi au niveau de la joue; ce sont des tumeurs multiloculaires, souvent volumineuses, présentant tantôt des contours arrondis, tantôt des limites diffuses (Bérard, Lannelongue et Achard). Ces kystes se rattachent à des lymphangiomes et représentent des ectasies lymphatiques.
Les kystes muqueux ou glandulaires se développent sous la muqueuse vestibulaire ; ils ont été observés par Bérard (1837), Gogué (1846), Tédenat, Authenac. Ce sont des kystes du volume d'une cerise, d'une noix. Etant développés surtout aux dépens du groupe molaire, leur siège le plus fréquent est en arrière de l'embouchure du canal de Sténon. Ils font saillie du côté du vestibule buccal ; leur contenu est un liquide visqueux, filant. Toutes ces tumeurs kystiques ont une évolution lente. On les traite par l'extirpation ou par l'incision suivie de curettage ou de cautérisation.
ADÊNOIKES.
Aux dépens du groupe des glandes molaires peuvent se développer des adénomes simples.
ÊPITHÊLIOMES.
L'épithélioma de la joue peut avoir plusieurs origines, cutanée, muqueuse, glandulaire.
Au niveau de la peau se développent des cancroïdes comme sur tous les autres points de la face ; ils peuvent être le résultat de l'extension d'un épithélioma de la commissure ou de la muqueuse. Au début, ce sont de petites saillies verruqueuses qui grossissent, bourgeonnent, s'ulcèrent ; les bords sont indurés; le fond de l'ulcération est saignant, sanieux. L'adénopathie correspondant à ces tumeurs est tardive ; elle siège dans la région sous-maxillaire.
La région génienne elle-même peut être le siège d'hypertrophies ganglionnaires, en cas de néoplasme des paupières, de la lèvre supérieure, du nez.
L'épithélioma de la joue peut compliquer l'évolution d'un lupus.
Épithélioma et lupus. — Les relations réciproques de la tuberculose et du cancer ont été l'objet de discussions, et l'on peut citer trois opinions: 1° antagonisme entre les deux affections (Rokitansky, Hunter, Hahnemann, Gendrin) ; 2° coexistence des deux affections (Lebert) ; 3° pas d'influence réciproque de ces affections l'une sur l'autre (Virchow, Wagner, Friedreich, Weber).
Cependant la coexistence de la tuberculose et du cancer est un fait clinique bien réel (Devergie, Weber, Hebra, Busch, Lang, Lewin, Orth, Kaposi, Schûtz, Laillex, Vidal, Lelon, Waldeyer, Thoma, Busch, Friedlander, Raymond, Mibelli, Dubois-Havenith, Bidault,