‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 36 sur 197 · II. — INFLAMMATIONS AIGUËS · texte numérisé non relu

II. — INFLAMMATIONS AIGUËS

PAROTIDITES.

La glande parotide, soit par ses canaux seuls, soit par ses canaux et son parenchyme, peut être le siège d'affections inflammatoires, qui se présentent sous deux formes : catarrhale et suppurative.

La forme suppurée a seule un intérêt chirurgical, mais il y a lieu d'envisager l'ensemble des inflammations parotidiennes à cause de leur étiologie et de leurs conditions pathogéniques.

Ces inflammations sont primitives ou secondaires. Primitives, elles peuvent être d'origine buccale, provoquées par infection ascendante, suivant les voies d'excrétion, ou d'origine vasculaire (voie sanguine ou voie lymphatique). L'infection par voie sanguine est une rareté ; par voie lymphatique, elle résulte de la propagation d'un adénophlegmon d'origine amygdalienne ou pharyngienne.

Les parotidites secondaires sont consécutives à une obstruction canaliculaire par corps étranger ou par calcul ; dans ces cas, un gonflement de la glande précède la réaclion inflammatoire. L'obstruction canaliculaire joue un rôle très important; elle peut être le résullat d'un simple catarrhe fibrino-purulent (Kussmaul, Fretier, Viaud).

A l'exception de quelques faits d'infection par voie sanguine (Teebs, Sabrazès), c'est à l'infection canaliculaire ascendante que sont dues les parotidites. Il faut en chercher la cause dans une augmentation de virulence des microorganismes du milieu buccal ou dans une moindre résistance de la glande.

A l'état normal, les voies d'excrétion des glandes salivaires sont dépourvues de microorganismes ; on n'en trouve, d'après Duclaux. que dans le voisinage immédiat de l'orifice d'abouchement. Hanau, Pilliet, Girode, Claisse et Dupré ont démontré que l'infection se fait tout le long du canal excréteur et n'atteint le parenchyme glandulaire qu'après avoir intéressé les conduits. Les microbes sont presque toujours des staphylocoques ; on a cependant trouvé des pneumocoques et des streptocoques.

Les infections glandulaires apparaissent au cours de certaines intoxications, mercurielle, saturnine, arsenicale, bismuthique ou, de certaines infections, blennorragie, cystite tuberculeuse. Une forme particulière est constituée parles oreillons. Les formes les plus graves apparaissent au cours de grandes pyrexies, de grandes infections générales, fièvre typhoïde, fièvre puerpérale, variole, infection urinaire.

On les voit aussi au cours des étals cachectiques : cirrhoses hépatiques (Claisse et Dupré, Ménétrier), cardiopathies (Jaccoud), cancer de l'estomac (Barié et Billaudet), phtisie, diabète, mal de Bright, paralysie générale, hémiplégie (Gilbert et Villaret), athrepsie des nouveau-nés (Perro, Durante).

Dans tous ces cas, l'organisme est moins résistant; la virulence microbienne est exallée.

Dans tout un groupe de parotidiles, la cause de Finfection tient à une diminution de résistance de la glande elle-même ; c'est le cas des parotidiles post-opératoires ; ces inflammations, observées par Schrœder (1877), Bantock (1878), Mattwefï (1885), Macdonald et puis par de nombreux auteurs (Ginnert, Bossert, Benoit, Eder, Bunts, Chavannaz, Morestin, P. Delbet, Quénu, Tuffier, Legueu, Picqué) ont été étudiées dans divers travaux d'ensemble (1).

L'infection ascendante se produit, ici, par suite de la diminution du flux salivaire, qui joue normalement un rôle protecteur pour les voies d'excrétion et pour la glande ; en outre, diverses raisons diminuent la résistance glandulaire : 1" déshydratation du sujet par purge et diète, ce qui provoque une diminution notable de la sécrétion salivaire ; 2° traumatisme de la région parotidienne par les mains du chlormoformisateur, qui tiennent le maxillaire relevé au niveau de l'angle. Les opérations les plus diverses et surtout les opérations abdominales ont été suivies de parotidiles.

C'est au cours d'une maladie infectieuse ou dans les jours qui suivent une opération ayant normalement marché que le malade éprouve subitement une douleur dans la région parotidienne; celle-ci se goniïe, se déforme, la température s'élève. L'affection est le plus souvent unilatérale (dansles trois quarts des cas). Après quelques jours, le quatrième généralement, s'il s'agit d'une infection légère, le gonflement diminue, les symptômes s'apaisent, la maladie se termine par résolution.

Dans les cas graves, au contraire, à l'empâtement de la glande fait suite la fluctuation, la fièvre continue ; le malade est alTaibli, son teint est pâle ; en plusieurs points delà glande, la suppuration apparaît, pouvant se faire jour à l'extérieur, pouvant, à l'intérieur même de l'organe, provoquer la nécrose du tissu glandulaire. On peut, dans certains cas, essayer de vider la glande par expression et, de fait, on peut ainsi obtenir l'évacuation des abcès par les voies naturelles (Tuffier, P. Delbet, Morestin).

Mais le plus rarement la parotidite suppurée ou phlegmoneuse doit être traitée parincision,et, les abcès ne communiquant pas tous entre eux, les incisions doivent être multiples.

(1) Fellk, Thèse de Bordeaux, 190(5-1007; Morel, 77ie.se de l'iiris, 1907-190.S; l.EGiEi- et MoHEL, La (/ynécotoi/ie, 190S.

PARoriDi:. — LITHIASE salivaiul: 75

LITHIASE SALIVAIRE.

La lithiase salivaire résulle de la précipitalion des sels terreux normalement contenus dans la salive qui se déposent et se concrètenl : des corps étrangers, des amas de cellules desquamées favorisent la formation de calculs en consliUiant le noyau central autour duquel se déposent les sels minéraux.

Galippe a trouvé des microorganismes au centre des calculs : les expériences de Gilbert et Dominici, Ilanot elLétienne, relatives aux calculs biliaires, ont montré le rôle prépondérant derinfcclion microbienne dans la genèse de ces calculs. Le mécanisme de formation des calculs salivaires est absolument identique. Galippe, Waldeyer, Maas, Klebs, Gaudier et GundorlT, Loison, Czygan, Dal Fabbro, Kroiss ont admis l'origine infectieuse de ces calculs.

Les calculs sont une sorte de réaction contre l'infection, mais cette réaction n'est pas nécessairement liée à tous les cas d'infection ascendante ; on a fait jouer un rôle aux influences diathésiques (Jobert), à l'arthritisme (Gouas); on a parfois trouvé un corps étranger comme noyau initial iRichet, Séquignol, Paquetj. Le début de l'alTection est insidieux, puis vient une période de congestion de la glande avec fièvre, nausées, inappétence, gêne de la parole et de la mastication, douleurs.

En outre de ces symptômes de parotidite, la présence du calcula des signes propres : réaction de la paroi canaliculaire avec contractions expulsives, sorte de colique salivaire ; rétention salivaire, celle-ci ne s'installe que lorsque l'oblitération du canal est complète ; on reconnaît directement la présence du calcul, à la palpation, au niveau de la glande ou du canal de Sténon.

Morgagni, Plater, Abeille ont trouvé des concrétions dans l'épaisseur de la glande; Schenckius, Blanchard, Lazoni, Puzet, Séquignol, Fardeau, Bassow, Bouteiller, De Glosmadeuc, Paquet, Richel, Senator, Czygan ont observé des calculs du canal de Sténon.

Leur fréquence est bien moindre (ju'au niveau de la glande sousmaxillaire et du canal de Wharton.

Dans la statistique de De Closmadeuc, ontrouve il casde calculs du canal de Sténon, 101 cas du canal deWharton ; dans celle de Czygan, le canal de Sténon est intéressé 4 fois et le canal de Wharton '22 fois.

Ces calculs sont composés de phosphate et carbonate de chaux, de matières organiques. Ils peuventêtre assez volumineux : grosseur d'une noix (Fardeau). Leur forme est allongée, leur coloration jaunâtre ; ils peuvent être multiples, soit que plusieurs calculs s'observent à la fois, soit qu'ils se forment successivement.

Leur présence entraine des lésions des parois canaliculaires et du parenchyme glandulaire ; on observe des lésions mécaniques et des

lésions inflammatoires. Il s'agit, le plus souvent, d'un processus de sclérose entraînant Tatrophie de la glande. Au niveau du canal peuvent se former des ulcérations suivies de fistules ; au niveau de la glande, peuvent survenir des collections suppurées.

La rétention de la salive peut avoir deux symptômes spéciaux : la tumeur salivaire, Tépiiidrose.

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