‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 37 sur 197 · TUMEUR SALIVAIRE · texte numérisé non relu

TUMEUR SALIVAIRE

La tumeur salivaire est constituée par une ectasie des canalicules excréteurs ; c'est une sorte de poche restant en communication avec les canaux principaux; elle se distingue ainsi des kystes, qui sont clos.

Boyer a signalé des cas de ce genre; on voit, dit-il. survenir pendant les repas une distension œdémateuse de la parotide. Bergounhioux (1859) a aussi observé la tumeur salivaire. Morestin en a publié récemment une observation : il s'agissait d'une poche parotidienne que l'on vidait, par compression, dans le canal de Sténon et qui laissait écouler un liquide ayant les caractères physiques et chimiques de la salive ; la tumeur était molle, fluctuante, réductible. Elle s'infecta, donna lieu à un écoulement muco-purulent et fut alors traitée par incision et cautérisation au chlorure de zinc.

ÉPHIDROSE.

Ce nom d^'phidrose a été donné par Rouyer à un curieux phénomène, lié dans sa production à l'oblitération du canal de Sténon : au moment des repas, un liquide transparent s'écoule, en abondantes gouttelettes, à travers la peau de la région parotidienne.

Rœlants, Baillarger, puis Louis, Duphœnix, Bérard, Rouyer, Bergounhioux, Bézard, Grosperrin ont observé des faits de ce genre. Ils surviennent chez des sujets ayant eu des plaies ou des inflammations de la glande parotide. Baillarger eut l'occasion de faire l'autopsie d'un de ses malades, et il constata que, des deux côtés, les canaux de Sténon étaient oblitérés ; Bergounhioux, Grosperrin firent, eux aussi, la même constatation sur leurs malades.

Les sujets atteints de cette atïection ne présentent rien de particulier dans l'intervalle des repas ; la transsudation commence avec la mastication: les simples mouvements de la mâchoire peuvent les produire, comme dans les cas de Mathieu, Bézard ; elle est plus accusée avec les aliments épicés.

Dans un cas de Roche, la transsiulalion ne se manifestait que sitôt le repas terminé et se continuait pendant environ une demiheure.

PAROïIDi:. — liyPERTROPlIIE SYMÉTRIQUE. 77

Au niomenl où l'écouloincnlva so produire, le malade éprouve une tension ù la région paroi idienne, un senliinenl de gène et de pesanteur lors de l'abaissement du maxillaire; la peau devient rouge ; des gouttes d'un liquide clair et transparent perlent h la surface. La quantité de liquide sécrété à chaque séance est fort variable, parfois quelques grammes ; d'autres fois plusieurs linges ont été abondamment mouillés (Baillarger, Duphœnix),

Ce liquide est clair comme de l'eau de roche, sa réaction est variable; Henry a trouvé que sa compositionchimique le rapprochait de la salive ; en réalité, il ressemble tantôt à la salive, tantôt à la sueur. 11 résulte tantôt de la sécrétion salivaire déviée de son cours normal (Baillarger, Bézard), tantôt d'une hypersécrétion sudorale (Bouyer. Brown-Séquard).

Le pronostic est sans gravité. Comme traitement, on a essayé la compression ; il y a surtout lieu de soigner l'obstruction canal iculaire.

IIL — INFLAMMATIONS CHRONIQUES.

PAROTIDITES CHRONIQUES.

Au cours des intoxications et auto-intoxications, les glandes parotides peuvent subir une hypertrophie. Il s'agit d'inflammations subaiguës ou chroniques relevant de deux ordres de causes : élimination de poisons ou toxines par les glandes salivaires, infection d'origine buccale. La parotide tuméfiée, sans réaction inflammatoire, peut, à la pression, laisser sourdre par le canal de la salive louche ou du pus véritable ; tels sont les cas de Bemouchamps, Trélal.

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