‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 42 sur 197 · PAROTIDE. — TUMEURS VASCUI.AIRES · texte numérisé non relu

PAROTIDE. — TUMEURS VASCUI.AIRES

espace? lymphatiques caverneux. Les mêmes auteurs ont vu des lympliani;iomes kystiques dont une ou plusieurs loges contenaient du sanii". Ce sont des tumeurs volumineuses, molles et fluctuantes,

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Fig. "0. — Lymphangiome du cuu (Achard et Lœper). A, fente lymphatique ; B, faisceaux conjonctifs et libres musculaires lisses.

ayant apparu après la naissance, s'étant développées lentement. Le meilleur traitement est l'extirpation.

LYMPH ADÉNOMES.

Les lymphadénomes parotidiens peuvent prendre naissance dans les ganglions de la région ou dans le tissu lymphoïde disséminé dans les espaces interlobulaires. Cette dernière forme a été observée par Notta.

Il s'agit de tumeurs arrondies, molles, fluctuantes, parfois dures et élastiques, s'accompagnant d'hypertrophie des ganglions voisins, indolentes. Leur développement, d'abord lent, devient, à un moment donné, très rapide. Ces tumeurs sont susceptibles de s'étendre dans leur région d'origine, de se propager aux ganglions voisins et aussi de se généraliser à la rate, au foie.

C'est le traitement médical qui s'impose : hautes doses d'arsenic, injections d'arsenic ou de teinture d'iode dans la tumeur.

TUMEURS MIXTES

Historique et défini tioii. — Il est tout un groupp de tumeurs des glandes salivaires, déjà étudié à propos des lèvres et des joues, qui tire ses principaux caractères de sa complexité structurale. La plupart de ces tumeurs ont été décrites comme chondromes (Dolbeau)

Fig. 71. — Tumeur niixle de la parotide (Sultan-Kus^*).

OU adénomes (P. Broca). Dolheau avait vu que souvent le cartilage ne constituait qu'une partie de la tumeur, et Billroth, Virchow, Bauchet, Paget avaient nettement entrevu la complexité de ces néoplasies. Planteau abién montré qu'elles présentaient deux ordres d'éléments, les uns nés aux dépens de Tépit hélium glandulaire, les autres dérivant du tissu conjonctif péri-acineux et péri-lolailaire. Pérochaud a réuni un assez grand nombre de faits anatomo-pathologiques dans lesquels existaient toujours des amas épithéliaux au sein d'une trame conjonctive, qui, elle, variait dans sa composition et était fd^reuse, myxomateuse, cartilagineuse, sarcomateuse.

Cette trame joue, dans ces tumeurs, un rôle fort important et arrive même à étouffer complètement les parties épithéliales.

Caractères macroscopiques et symptômes. —Ces tumeurs

PAROTIDi:.

TUMEURS MIXTES

apparaissent chez l'adulte ouïe vieillard, mais le début remonte souvent à une époque hien antérieure. Il s'agit d'abord d'un petit nodule, circonscrit, arrondi, mobile, qui reste longtemps stationnaire. Tantôt leur accroissemeni se l'ait lentement, progressivement, et la tumeur met très longtemps ;\ prendre un certain volume ; tantôt

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Fig^. 72. — Tumeur mixte de la parotide (Plauteau).

c'est sans cause appréciable ou sous Tinfluence d'un traumatisme que la tumeur se met, à un moment quelconque de son évolution, à grossir, etalors elle grossit rapidement. Elle atteint de grandes dimensions, volume du poing, d'une tête fœtale; sa surface est arrondie et soulevée par des bosselures. Sa consistance est tantôt ferme partout, tantôt irrégulière avec des points durs, d'autres mous ou fluctuants. Ces tumeurs restent mobiles sur les plans profonds; la peau est normale à leur surface; mais, lorsqu'elle est trop distendue, elle devient lisse, violacée et s'ulcère. A ce moment apparaissent des troubles fonctionnels : gène de la mastication, diminution de l'acuité auditive, paralysie faciale.

Le pronostic, Ijéiiin avant la période d'accroissement, alors que la tumeur de petit volume est facile à extirper, devient grave lorsque l'accroissement a pi'is une allure rapide ou lorsque le néoplasme a atteint de grandes dimensions et envahi les régions avoisinanles. Il n'y a pas d'adénopathie même à la période de malignité.

FijT. 73. — Tumeur mixte de la paruLide ; amas de cellules malpighiennes qui se dissocient et s'infiltrent dans le tissu myomateux qui forme la trame de la tumeur. Les cellules épitliéliales peuvent être parfaitement distinguées des cellules conjonctives.

c/, cavité due à la dégénérescence des cellules ; mm', cellules épitliéliales plates ce', cellules conjonctives (Massabuau).

Selon son volume, la tumeur est insérée dans la région parolidienne ou étendue aux régions voisines.

Lorsque la peau s'est ulcérée, la plaie laisse écouler des matières caséeuses provenant des parties ramollies delà tumeur.

Structure. — Les tumeurs mixtes présentent un caractère anatomique important ; elles sont encapsulées, enveloppées par une couche de tissu conjonctif qui les isole du tissu glandulaire environnant.

Au point de vue histologique (Planteau, Perochaud, Massabuau), il existe toujours une trame conjonctive formée de divers types de tissus, en proportion variable : tissus fibreux, sarcomateux, cartilagineux, parfois même musculaire (Pradden) et osseux (Paget). Au sein de cette trame se disposent des éléments épithéliaux en travées, en cordons, en amas. Ceux-ci se distinguent du stroma conjonctif polymorphe par leur coloration plus foncée et par l'absence de substance intercellulaire ; ils se présentent, d'après Massabuau, sous deux aspects différents : 1° cordons, bandes, travées cellulaires plus ou moins épaisses, s'entre-croisant les unes avec les autres, s'entrecoupant de diverses façons ; 2° tubes cellulaires bifurques et rentlés en massue à l'une de leurs extrémités, rappelant l'aspect de tubes glandulaires.

Certains points de la tumeur sont l'objet de transformations kystiques ; c'est le processus de dégénérescence muqueuse qui crée au

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conlro (Tainas ('jiilhéliaux des cavilés kystiques. On a cepentlani admis d'aiilres eauses : dilalalion el rupture vasculaire (Virchow, Nélaton), formation analogue aux bourses séreuses ((îosselin), distension d'un cul-de-sac glandulaire (PlanLeau), dégénérescence granulo-graisseuse ou colloïde ' Planleau).

l*athog"cnie. — L'origine de ces tumeurs a été Tobjet de nombreuses opinions. On a d'abord admis, sans conteste, que les tissus conjonctirs tiraient leur origine du tissu conjonctif interstitiel, et le tissu épitliélial était considéré comme d'origine glandulaire (Taget, Verneuil, Planteau, Perochaud, Pailler). Mais on a aussi attribué une origine conjonctive aux éléments épithéliaux : aspect épithélial de cellules cartilagineuses (Kaufmann), cellules endothéliales revêtant l'aspect épithélial et dérivées soit de l'endothélium sanguin (Kolaczek el Evetzky), soit de l'endothélium lymphatique (Trolestro, Volkmann, Curtis et Phocas, Bosc et Jeanbrau, Tonarelli).

Quelques auteurs ont attribué une origine embryonnaire à ces éléments épithéliaux ; ce seraient, d'après Hinsberg (1889), des dérivés de tubes glandulaires embryonnaires restés inutilisés au cours du développement de la glande. Pitance (1897), Wilms (1903), Massabuau (1907) ont admis cette origine. Entre temps, Gunéo et Veau ont aussi rapporté les tumeurs mixtes à une origine embryonnaire, mais en les rangeant dans le groupe des branchiomes : c'est aussi l'opinion de Vignard et Mouriquand, Fredet et Chevassu.

Diag-nostic. — Les tumeurs mixtes sont caractérisées par leurs phases d'évolution lente et d'accroissement progressif et rapide. On peut les confondre au début avec une adénite, mais il est rare qu'on n'observe qu'un seul ganglion hypertrophié. Les diverses tumeurs conjonctives ressemblent bien aux tumeurs mixtes, mais elles ont une consistance uniforme, tandis que dans les tumeurs mixtes la consistance varie d'un point à un autre.

Certains points fluctuants de la tumeur pourraient faire croire à un kyste salivaire, mais celui-ci est arrondi, fluctuant dans toute sa masse, et son développement est plus rapide.

Le lymphadénome siège généralement plus bas, dans les régions sous-maxillaire et carotidienne. Les épithéliomes et carcinomes débutent tard et ont une évolution rapide.

La tuberculose de la parotide, dans le petit nombre des cas observés, a été le plus souvent confondue avec une tumeur mixte, et le diagnostic n'a été fait que par l'examen microscopique; il faut, dans les casde tuberculose, tenir compte de l'état général du sujet, du début des lésions, de leur tendance à la caséilication.

Traitement. — On doit pratiquer l'ablation, aussi précoce que possible, de ces tumeurs. Leur volume exagéré ne sera pas une contre-indication, tant qu'il n'existera pas des adhérences trop profondes et que le système ganglionnaire sera intact.

Fig-, 74 — Incision cutanée pour Fex tirpation totale de la parotide Procédé de Faure.

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