‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 63 sur 197 · PLANCHER BUCCAL. — SYPHILIS DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

PLANCHER BUCCAL. — SYPHILIS DE LA LANGUE

par la présence de svpliilides érosivcs ou papuleuses. Je n'insislerai pas sur leurs modalités cliniques. Leur diagnostic ditréreutiel devra considérer diverses glossites crosives, ulcérations, leucokératoses.

Glossites scléreuses et gommeuses. — La syphilis tertiaire de la langue se traduit par des hyperplasies conjonctives, qui peuvent, par leur évolution, créer une sclérose plus ou moins disséminée ou

Fig. 81. — Glossite scléreuse superficielle.

A, rougeur morbide de la muqueuse et rougeur foncée d'un ton cerise ; B, partie saine de la langue ayant conservé son revêtement papillaire (Musée de l'hôpital Saint-Louis).

bien édifier de petites tumeurs qui dégénèrent et deviennent des gommes.

Fournier distingue deux formes de glossites tertiaires : scléreuse et gommeuse. Les glossites scléreuses sont les plus fréquentes ; elles peuvent se présenter sous forme de lésions superficielles, corticales ou de lésions profondes, parenchymateuses.

Les premières consistent en hyperplasies du derme, qui créent des zones dures, au niveau desquelles la surface muqueuse est lisse, apapillaire, rouge, en très léger relief; la forme de ces zones se présente en petits îlots ou en grands placards.

Dans les glossites profondes, Thyperplasie siège à la surface et s'étend aussi profondément dans les interstices intermusculaires, intéresse même les muscles; elle peut n'être que profonde.

Il en résulte une tuméfaction de la langue, un mamelonnement et une lobulation de la surface, une induration profonde de l'organe, diverses modifications de la muqueuse, qui est rouge, unie, lisse.

Les glossites gommeuses consistent en nodosités siégeant les unes dans le chorion de la muqueuse, les autres dans les muscles, et Fournier distingue deux variétés : superficielle et profonde. Ces nodosités, en nombre variable, constituent de petites tumeurs, dures,

Fig. 82. — Glossite scK-reuse profonde.

A, mamelons ; B, sillons (Musée de l'hôpital Saint-Louis).

qui, au bout dun certain temps, se ramollissent et s'ulcèrent. Selon le siège et le volume de la gomme, l'ulcération aura une profondeur et une étendue variables. Le caractère général de ces ulcérations est que leurs bords sont nettement entaillés, découpés verticalement et à pic, et leur fond est bourbillonneux, irrégulier, anfractueux, revêtu d'enduits adhérents.

Ces ulcérations guérissent sous l'intluence du traitement antisyphilitique et laissent à leur place des cicatrices plus ou moins déprimées.

L'évolution de ces lésions est généralement bénigne ; pendant longtemps lesphénomènes fonctionnels sontnuls : ce n'est que lorsque des gommes volumineuses et multiples tuméfient la langue que se produisent des troubles de la mastication, de la déglutition, de la phonation. La période d'ulcération amène des douleurs qui sont

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duos à lies excilations surajoutées, IVolIcMnenl contre les dents, contact des aliments, des acides, descpices. Kt ces douleurs deviennent la cause de gène dans les mouvements de mastication, déglutition et phonation.

Dune i'a(;on générale, les glossites tertiaires ne provoquent pas d'hypertrophies ganglionnaires.

Il y a lieu de ditlerencier, au point de vue du diagnostic, les ulcérations gommeuses de diverses autres alïections ulcéreuses : chancre, ulcérations dentaires, tuberculose, épithélioma.

Le traitement doit consister en médication spécifique (iodure de potassium, à la dose de 3 à 4 grammes par jour), en lavages de la bouche, en attouchements des zones ulcérées avec des caustiques légers, teinture d'iode par exemple. Fournier déconseille les cautérisations destructives; elles peuvent « inciter la tendance extensive des ulcérations et déchaîner le phagédénisme ».

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