TRANSPLANTATION
Klle apparail donc dès cette définition comme (comportant plus de varianlcs tpie la réimplanlation, cpic nous venons d'étudier. Assez proche de celle-ci en elï'et et n'en dill'érant que par l'origine de la dent gretrée dans les cas où cette dent est l'homologue exacte de la dent à remplacer, extraite à l'instant nirmc de l'intervention, ou bien encore lorsqu'elle provient du sujet lui-même, — elle s'en éloigne notablement lorsque cette « grelTe » est réalisée avec une dent sèche. Dans ce cas, l'opération se rapproche au contraire beaucoup de celle que nous allons étudier un peu plus loin sous le nom d'implantation.
Il est intéressant de considérer que /u's/o/'fVy«emen/ la transplantation a évolué du premier type vers le second.
Au xvni'= siècle, un personnage, une femme surtout, « de qualité », trouvait assez facilement un sujet d'origine plébéienne — et de bonne volonté — qui consentît, pour une faible somme, à céder la « gretTe » nécessaire. Les deux opérations se faisaientsimultanément. Ceci était une transplantation type réimplanlation.
Aujourd'hui on pratique surtout cette opération, rare d'ailleurs, avec des dents extraites antérieurement, voire des dents sèches, et ceci est une transplantation type implantation.
INDICATIONS. — Les indications de la transplantation sont, en premier lieu, celles que nous avons reconnues à la réimplanlation, auxquelles s'ajoute V impossibilité d'utiliser comme « greffe » la dent qu'on vient d'extraire. Accessoirement on peut y ajouter encore la difficulté de recourir à un mode de remplacement prothétique satisfaisant.
Le point de décider si la dent du sujet est ou n'est pas la meilleure greffe à utiliser est un des plus délicats à apprécier.
Les recherches expérimentales nous ont montré (jue, plus la coaptation des parties était parfaite, plus rapide était l'opération et plus assurée et meilleure était la consolidation. Quoique les observations de transplantation rapportent des actes de véritable virtuosité sanctionnés par le succès, je pense cependant que l'opérateur devra toujours préférer la dent du sujet et ne recourir à une dent étrangère qu'en cas de nécessité.
Les lésions que peut en eiïet présenter la dent ont pour corollaires des lésions correspondantes de l'alvéole, et, puisque la substitution d'une dent étrangère ne peut pas s'accompagner de la substitution d'un alvéole, il faut considérer, d'une part, que l'intervention instrumentale dont on espère la cure des lésions alvéolaires est encore plus facile et plus parfaite surleslésions radiculaires et que, d'autre part, la meilleurejuxtaposition des parties coaptées compense largement l'altération de la racine dans la plupart des cas courants.
D'un autre côté, dans le cas de destruction de la couronne, l'utilisation des racines réimplantées comme supports pour couronnes
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artificielles a fait ses preuves, et de ce côté encore les chances de conservation prolongée sont au moins aussi grandes par ce moyen que par la transplantation.
Nous avions déjà réservé la réimplantation aux cas où ce moyen était le seul qui pût assurer la conservation d'une dent. On voit, par les lignes qui précèdent, que, parmi les opérations de «greffe», nous réservons la transplantation aux seuls cas où la dent à réimplanter soit réellement inutilisable.
Le plus souvent celte éventualité sera réalisée soit par Tétat de fragilité extrême de la racine, soil par des lésions cémentaires et péricémentaires trop avancées.
CHOIX DE LA GREFFE. — Il va sans dire que, dans la majorité des cas, on choisira la dent exactement identique comme espèce, comme orientation et comme « mâchoire », à celle qu'il s'agit de remplacer.
Mais ceci n'est pas cependant rigoureusement indispensable. M. Godon a remplacé avec succès une incisive latérale et supérieure par une prémolaire inférieure.
Ce mode de faire est surtout défendable pour la variété opératoire décrite comme étant de suo ad se, et dans laquelle le sujet luimême fournit, auxdépensd'une autre région de sa mâchoire, l'élément de la transplantation. Et cet te méthode est défendable dans un certain nombre de cas : si on ne dispose pas d'une grelïe étrangère absolument parfaite, ou simplement acceptable, si un sujet pusillanime et Imaginatif redoute l'inoculation possible dun virus étranger à tel point que ceci puisse devenir pour lui une obsession dangereuse, si ce sujet possède lui-même en ectopie une dent utilisable dont la suppression lui serait plutôt un avantage.
D'autre part, cette possibilité de greffer des dents dans des alvéoles non homologues est précieuse pour l'utilisation des racines.
Supposons une incisive supérieure pour laquelle on ait épuisé toutes les ressources de l'art et dont la racine soit parvenue à un tel état de délabrement qu'il soit matériellement impossible d'en prolonger l'existence et que ce soit la seule dent malade du sujet.
Ce cas, pour exceptionnel qu'il soit, n'est cependant pas d'une telle rareté que chaque praticien ne soit appelé à le rencontrer plusieurs fois au cours de son existence.
Un appareil de prothèse « à plaque » sera pour le patient une gêne hors de proportion avec le service rendu, car on sait combien ces appareils unidentaires donnent en général peu de satisfaction. Il sera de plus pour les dents voisines un danger non illusoire dans beaucoup de cas.
Un bridge n'aura pas ces inconvénients, mais il exigera le sacrifice, au moins partiel, de deux dents saines.
La « greffe =) apparaît donc ici comme le procédé de choix.
Mais, si le sujet répugne, très légitimement à ce qu'il semble, à se
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laisser « greffer » une dent dont le pronfiiei- pi'opii('l;iii(' ix- lui soit pas |)orsonnollenionl connu et dont l'origine ne soit j)as (h'hariassée de louldoule? — On trouvera dillicilement à noire ('[)0(pi<' un patient qui consente j'i céder uneincisive saine, et plus dildcileinent encore, je l'espère, un opérateur qui consente à la prélever.
On Irouveia au contraire avec une facilité relative, avec toutes les garanties désirables, une racine de prémolaire iid'érieure, par exemple, parfailement apte ù supporter encore une couronne artificielle eldoutTempruntsera pour le légitime propriétaire un dommage insignifianl.
Une autre circonstance où il soit indiqué de ne pas transplanter une dent ligoureusement homologue se rencontre lorsqu'on fait Topération sur \a première prémolaire Hupérieiirc. Celte dent, on le sait, a pres(|ue toujours deux racines. Il sera tout à fait exceptionnel de trouver une « greffe » (jui soit assez semblable à la dent extraite pour lui être substituée avec seulement une légère « adaptation » de l'alvéole. On aura souvent, dans ce cas, intérêt ù réunir les deux logettes alvéolaires et à y introduire une seconde prémolaire à racine unique.
Ce cas particulier mis à part, nous dirons que les dents ou les racines destinées à la transplantation ont ordinairement et ne doivent avoir que les origines suivantes :
1" Lesdenls saines extraitesen vue d'une opération orthodontique ;
•2° Les dents saines extraites en vue d'une opération prothétique ;
3" Les dents atteintes depériodontite expulsive.
La première catégorie de ces dents représente les éléments de choix pour les lransplanfalions-réim/)lantations.
La seconde se prête également aux transplantalions-réimplaniationsei aux transplantalions-implanlations.
La troisième doit être exclusivement réservée à cette dernière variété d'interventions. La raison de celte réserve est, on le comprend, dans la nécessité de faire subir à ces dernières dents une désinfection très sérieuse qui est incompatible avec la « greffe » immédiate.
Un autre élément de choix entre ces dents de diverses oi-igines est celui-ci :
Les dents enlevées dans un but orthodontique sont en général des dents jeunes, c'est-à-dire de faible calcifïcalion.
Les dents enlevées dans un but prothéticjue sont des dénis adiilles, présentant toutes les variëlés d'âge et de calcifïcalion.
Les dents enlevées pour périodonlite expulsive sont presque toujours des dents séniles, de forte calcification.
Nous verrons, à propos de l'implantalion proprement dilo, l'importance de ce facteur.
Il va sans dire que, quelle que soil l'origine < stomalologiquc » de
la greffe, son origine « conslilutionnelle » et générale sera dans tous les cas sévèrement contrôlée.
En dehors de la possibilité de transmettre par l'opération une maladie grave à virus défini, dont la syphilis est le type, n'oublions pas que nous savons encore fort peu de choses des humeurs, des albumines, des ferments, de tous ces éléments biologiques propres à chaque individu et dont la nature et Timportance réelles ne font que nous apparaître encore.
Je crois qu'il faut réprouver absolument l'emploi, pour les transplantations-réimplantations tout au moins, de dents d'origine inconnue, vendues par les fournisseurs, et qui proviennent le plus souvent d'amphithéâtres.
Un élément nouveau d'appréciation pour le choix d'une « greffe » nous est fourni par la radiographie. Toutes les fois que cela sera possible, il y aura un intérêt réel à posséder une image radiographique de la dent qu'on se propose de remplacer. On se rendra par là un compte approximatif de la forme, du volume de la racine, de sa direction, des particularités ou des anomalies qu'elle peut présenter, et cela sera pour l'opérateur un guide utile. Le choix de l'organe de remplacement en sera grandement facilité, et on sera par là mis à l'abri de quelques-unes des surprises imprévues de la dernière minute, qui peuvent compromettre une opération par ailleurs bien préparée.
Si la dent de remplacement doit être prélevée sur un sujet vivant, il y aura le môme intérêt à avoir de celui-ci aussi une image radiographique : on verra par là s'il y a entre les deux organes une similitude suffisante pour que l'échange puisse être tenté avec des chances suffisantes de succès.
La radiographie apporte à l'opération un élément de précision et d'exactitude qui lui manquait jusqu'ici. Il est seulement regrettable que la déformation qu'on n'est pas encore parvenue à éviter dans la région des maxillaires ne lui permette pas de donner des renseignements exacts sur la longueur réelle des racines.
TECHNIQUE. — Tout ce qui a été dit au chapitre précédent de l'anesthésie, de l'antisepsie, du manuel opératoire, de la contention, s'applique ici, et il serait oiseux de le répéter (p. 521, 523, 52'').
Certains points seulement sont spéciaux.
Si la greffe est prise sur un sujet vivant, les deux opérations, cela va sans dire, doivent être faites simultanément.
Il est rare, malgré toutes les précautions dont on peut s'entourer et toutes les présomptions de similitude, que les deux dents soient absolument identiques. La différence entre elles peut être de deux ordres différents. Ou la racine delà « greffe » est moins volumineuse, ou elle l'est plus que la dent qu'il s'agit de remplacer.
Si la greffe est moins volumineuse que la dent sacrifiée et que la