CI.MKiNTS AU SILICATE
csl \ rai. Miiiuilcr coiiijjlrlcmciil la coiilracLioii dans les cinienls au silicalc, mais ce sérail au clélriment de leur insistance aux acides (|ui serait elle aussi c()m[)Ièlomcnl annulée, oL le mieux esL île s'en tenir à dv^ cinienls où la conlraclion, sans être absolument nulle, estasse/, raililecependantponr (pTiis (jnniicnl eu itouclicriuvariabilil»'de forme et de volume voulue.
La manuaisc comluctihUilc de la chaleur est réalisée avec ces ciments ainsi que Vadaplahili/c sulTisanle pour assurer l'élanciiéilé de la cavité. La condition relative au pouvoir iY adhérence à la paroi a été très étudiée, et [cependant les avis sont encore 1res partagés à ce sujel. Comme les silicates se coulracleut très légèrement, l'adhésivilé n'est pas parfaite et ne peut suflirc à elle seule pour permettre de reconstituer un angle, par exemple.
l.'ahsence ifaclion mu- les lissus denhiires est une considération très imporlaule dans le choix des substances obturatrices. Nous ne savons malheureusement que très peu de chose à ce sujet ; nous ignorons ou à peu près si les ciments au silicate sont réellement inolïensifs pour la pulpe, et dans le cas où ils ne le seraient pas, nous ne savons le({uel île leurs composants doit être incriminé. Certains praticiens se sonl plaints fréquemment de pulpites consécutives à leur usage. On a essayé de mettre sur le compte de l'arsenic les actions fâcheuses attribuées aux ciments au silicate. Des chimistes ont trouvé un centième de milligramme d'acide arsénieux dans UK) giammes de substance; par contre, d'autres analyses exécutées d'après les méthodes les plus précises ont donné un résultat absolument négatif en ce qui concerne l'arsenic.
L'acide phosphorique a été également incriminé, et comme ce même acide entre dans la composition des ciments à l'oxyphosphate, on a cherché à expliquer sa moindre nocuité dans ces derniers ciments par la neutralisation de l'acide par l'oxyde de zinc très fortement basique, tandis que, dans les ciments au silicate, l'oxyde d'aluminium, très faiblement basique, sérail insuffisant pour neutraliser.
Il est probable que les pulpites constatées à la suite de l'emploi des ciments proviennent de la trop grande proximité de la pulpe. Nous n'avons pas encore de résultats bien scienlitiques concernant l'action des ciments sur la jtulpe saine; la clinique nous a appris, toutefois, que l'on ne devait point mettre de ciment d'oxyphosphate de zinc aussi bien que de silicate dans une région Irop voisine de la pulpe. Fasoli pense que les ciments au silicate sont même moins irritants que les autres, parce qu'on met la masse beaucoup plus sèche dans la cavité. i[u"elle cristallise très vite et dilîuse moins ses liquides dans les canalicules et qu'elle n'adhère point aux parois comme les autres ciments. Il faudra dans la préparation combiner la plus grande quantité possible de poudre au liquide pour éviter les effets de l'acidité de ce dernier.
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En ce qui concerne la résistance à rimmidilé, on peut dire que les ciments au silicate soigneusement travaillés et employés donnent satisfaction à ce point de vue.
L'action antiseptique do ces ciments ne sérail certes pas suffisante pour suppléer à un défaut de nettoyage de la cavité ; aussi cette propriété est-elle de peu d'intérêt, et nous ne la citons que pour mémoire.
Enfin la facilité d'enlèvement de l'obturation en cas de besoin est assez grande. Quoique ces ciments soient plus durs que ceux d'oxyphospliate, une fraise bien coupante les enlève rapidement.
Ayant examiné la manière dont les ciments au silicate remplissent les conditions de Miller, nous pouvons conclure avec Rawitzer : « Les ciments au silicate surpassent les ciments au phosphate, d'abord à cause de leur éclat, de leur ti'ansluciditéetde leur couleur. Ils sont moins solublcs en bouche et plus résistants aux actions mécaniques. Ils sont inférieurs aux ciments au phosphate de zinc en ce qui concerne la porosité, la contraction et Tadhésivité.
« Je ne tiens pas comme prouvée une différence entre les deux sortes de ciments en ce qui concerne le préjudice à la pulpe et la coloration. Les deux genres de ciments doivent et peuvent exister parallèlemenl. »
Instruineiitation. — Les instruments de métal ordinaires, en acier nickelé, et même en or ou en platine, ne doivent pas être employés pour la manipulation des ciments au silicate. En eflet, au contact des molécules siliceuses d'une extrême dureté dont sont formées ces jwudres, de fines parcelles métalliques sont détachées el incorporées au ciment et peu à peu attaquées par les composés chimiques de l'obturation ou par les liquides buccaux, finissant par communiquera la masse une teinte brunâtre d'un fort mauvais effet.
Pour éviter cet inconvénient, on a fabriqué des spatules d'os, d'agate, d'ivoire, de galactite, etc., qui sont excellentes pour triturer le mélange de poudre et de liquide sur la plaque de verre. Mais, comme on ne peut amincir beaucoup ces matières sans leur enlever leur solidité, elles ne se prêtent guère à la forme defouloiren boule, ni surtout à celle de spatule forte et mince pouvant passer entre les dents.
Aussi l'introduction des instruments de lanlale a-t-elle permis de réaliser un progrès en ce qui concerne les obturations aux silicates.
Le tantale offre en effet une grande résistance aux agents chimiques; il n'est pas attaqué par les acides chlorhydrique, nitrique, sulfurique, ni par l'eau régale, ni par les alcalis. Il est de couleur noirâtre et présente la dureté de l'acier doux. On peut le tremper, et il acquiert alors une dureté voisine de celle du diamant.
Le tantale se prête très bien à la fabrication des instruments pour obturations aux silicates, soit parce que ces instruments sont fins et
CIMIINTS Ai; sn,icATi:.
Is, soiL j)arcc (juils ne laissent aueiine paicdle niéLalli(|iie dans la masse et, par conséquent, ne peuviMil la décolorer. Kn outre, ils ne s'oxydent pas et sont faciles à slérilisercn les trempant dans les acides ou en les l'aisant bouillir dans une solution de soude (1).
Les formes et les dimensions sont les mêmes (|ue celles des spatules et fouloirs employés pour les obturations aux oxyphosphales, pour lesfjuelles les inslnimcnts de tantale pourront aussi être utilisés avantageusement.
Maiiipiilanoii. — I/obturalion au silicate demandi; une tec]ini(|ue niiiiulieiise cl ik^ doit pas être l'aile liât i\ cmenl .
Vif. 24. — Spalules et, l'uuloirs en tantale pour obturations aux silicates.
La cavité sera préparée avec soin, surtout avec l'idée qu'il s'agit d'une obturation <iui ne doit nullement adhérer aux parois.
« Si l'on i)arle de l'adhérence des ciments de silicate, si l'on rapi)elle la ténacité de cette masse quand elle reste sur des spatules d"os ou d'ivoire, il ne faut pas oublier (jue cette ,^y adhérence n'estque temporaire. Dans la dent, même dévitalisée, V ludentine se dilïérencie de l'ivoire desséché pour cette raison \^ (jue ce tissu est encore doué de vitalité. Cette vitalité se manifeste dans les dents à pulpe vi\ante par les éclianges entre le plasma des canalicules et la pulpe, mais dans une dent dévitalisée il y a des échanges parosmose de la part du cémentdontlescellulessont encore vivantes, sans parler de la perméabilité des tissus durs de la dont. « Après un certain temps, l'obturation n'adhère plus aux parois,
(1) Il faut éviter de stériliser ces instruments à la llamnie, le tantale ue supportant pas à l'air libre une chaleur supérieure à 400.
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non parce qu'il se proJuil des rétractions de la masse, mais parce (|ue radhérence cesse d'exister à la suite de phénomènes qui ne sont pas encore bien connus » (l'dsolij.
On se ménagera autant que possible des points de rétention ; par ailleurs le fond de la cavité et l'orifice n'ont besoin que d'une petite différence de dimensions. Si les parois ne doivent pas être trop amincies, point n'est besoin toutefois de leur donner une trop grande épaisseur, attendu que l'obturation ne réclame pas un effort considérable pour sa condensation.
Une coadition indispensable est de travailler à l'abri de rimmidité. Aussi l'emploi de la digue s'impose.
La digue placée, ons^'cliela cavité à l'alcool, puis au chloroforme, pour enlever toute trace d'impureté.
On verse sur la plaque de verre aseptisée la quantité de poudre et de liquide nécessaire. La poudre sera choisie, bien entendu, de la couleur convenable, d'après une échelle de teintes reproduisant l'aspect des ciments après durcissement, échelle qu'on peut avoir fabriqué soi-même, en combinant même des teintes intermédiaires avec des mélanges de plusieurs numéros de poudres. Ne pas se servir de la même plaque pour malaxer l'oxyphosphate, les pâtes pour canaux, etc., et le ciment au silicate. Employer une plaque spéciale pour ce dernier. La décoloration de certains ciments au silicate peut être attribuée à l'emploi d'une plaque qui a servi à malaxer d'autres ciments avec une spatule d'acier. La combinaison de l'acide phosphorique et de la spatule d'acier laisse sur la plaque une trace dephosphate deferqui imprègnele silicate et peut amener sa décoloration.
Le mélange de la poudre et du liquide sera fait comme il a été dit l)Our les ciments d'oxyphosphate, avec des spatules d'agate, d'os, de celluloïd ou de tantale. Plus la pâte sera dure. j)lus solide sera 1 obturation; elle se prêtera mieux au polissage, prendra plus rapidement et sera moins sujette à s'altérer.
Toutefois il faut tenir compte de la grandeur de la cavité et de la durée de l'opération, de Inanière à ne pas être surpris par le durcissement avant d'avoir bien condensé toute la surface. La proportion moyenne est de 6 parties de poudre pour 1 partie de liquirle. On pétrit jusqu'à ce (|ue la masse perde sa transparence, pour prendre un aspect semblable à celui de la porcelaine biscuitée.
Une bonne précaution est de lubréfier les instruments de tantale employés pour ces obturations en les trempant dans l'eau tiède et en les enduisant avec du beurre de cacao, pour empêcher le ciment d'y adhérer.
Durcissement. — L'obturation terminée, si la consistance du ciment n'a point permis de lisser la surface, on attend le durcissement complet, qui se produit au bout de vingt à trente minutes. Pendant
CIMENTS AU SIl.lCATi:. VJ
(.'c l;i|).s (li; h'inps, on doit coMlimior à cviler laci-rs de la salivo, car la coiisliUilioM de la masse exi^e qn'aïuim liciiiide ne touche l'obturation avant (|ue celle-ci soit j)arl'aileinent durcie. Si nous n'obscivoiis pas cette précaution, nous constaterons «[ue le jour suivant, oudèsque roccasion s'en présentera, i'obturalion débordera la cavité, cest-à-dire.iprellc se sera gonflée sous l'action des liquides buccaux; on même temps elle S(M'a devenue moins compacte cl poreuse. Cette obturation ne durera pas, ne restera pas polie et nt* donnera aucune garantie de bonne (jualité.
Nous avons déjà vu, à propos des obturations d'oxyphosphale, qu'au lieu de laisser la digue en place pendant le durcissement du ciment et d'immobiliser la bouche du patient, il est plus commode de couper la digue tout autour de la dent et de l'attacher au delà de la face triturante, de manière à enfermer la dent oblui-ée dans un sac de caoutchouc imperméable.
Comme le travail de cristallisation se poursuit encore pendant \ingt-quatre heures au moins, il est bon âo remcllre \r polissage à une séance ultérieure, et en attendant de garantir l'obturation contre l'humidité en l'enduisant decireou de paraffine, cpi'on étendra liquide à l'aide d'une spatule chauiïée et qui formera un revêtement protecteur. Ne pas employer de vernis à l'alcool ou à l'étlier (ni teinture de benjoin, ni collodion, etc.) qui absorberait l'eau de cristallisation et serait |)ar conséquent nuisible au processus physico-chimique de la cristallisation.
Avant d'enlever définitivement la digue, il sera bon de la couper sur la dent et de la retirer avec précaution pour éviter de racler l'enduit de paralline et d'en faire tomber des j)arcelles, ce qui se produirait par la constriction de l'anneau de caoutchouc glissant le long de la dent.
Polissage. — II faudra tenir compte, en [)rocédant au polissage, que les obturations au silicate n'acquièrent jamais un poli brillant et que, par conséquent, il est inutile d'essayer de le leur donner. Une poudre plus dure que la masse l'entame et la rend rugueuse; on évitera donc le papier d'émeri ou la meule de carborundum. Le meilleur de tout consistera à condenser la surface de l'obturation et à la lisser avec la spatule avant qu'elle ne durcisse.
Si, cependant, l'obturation déborde encore après durcissement, on pourra employer des disques de seiche très fins ou des pointes de Gem lubréfiés au beurre de cacao.
Burton Lee Thorpe conseille l'emploi de la poudre même de ciment pour le polissage en se servant de cupules de caoutchouc enduites de vaseline et chargées de cette poudre.
Traitiî de stosiatologie. IV. ■*