INDICATIONS E'V CONTRE-INDICATIONS
iS'écesailé triine carile spccittlcmcnl />rcpa/-ée. — D'une faron ^<''U('ralo, pareil reprocluï pounaiL <Mr(^ l'ait à toutes les substances obturatrices, saur;\ la gutla et aux ciments ordinaires. Il ne s'agit doue j)asiri d'un df'faul réel iiihéiciit à l'or. C<'p('iidanl, <lans cei-lains cas bien délerniinés, par exemple quand la pulpe est proche, (piand la carie s'insinue sous la gencive, la nécessité de donnei- à la cavité une forme détermiuf'e pour l'opération peu! constituer un obstacle consitb'rablc, parfois même absolu, à raurilication.
Nécessilc tic jxii-ois solides. — C'/esl là une condition sine fjiia non (In succès d'une aurilication. La condensation de l'or dans la cavité nécessite toujours un certain elï'ort, et souvent même un ellort considérable: tel estle cas, parexemple, d'une aurilicationà l'ornon cohésif. D'autres fois, cette condensation nécessitera l'emploi d'un maillet dont les coups brusques et nets l'isqueraient de fracturer une paroi insuffisamment solide. Le degré de solidité des parois est affaire d'appréciation, que l'expérience seule permet d'acquérir, ('ependant, dans les casdouteux, où l'emploi du maillet automatique paraîtrait dangereux pour les parois ou les bords de la cavité, où la condensation de l'or non adhésif paraîtrait chose très risquée, il est possible de recourir à laurificalion avec lof cristallisé, qui permet la condensation à la main, fragments par fragments, et cjui, par suite, permet de mieux ménageries parois.
Xécessité d'une technique laborieuse. — Sans doute l'aurification nécessite une technitjue laborieuse et parfaite. Mais cet elTort ne peut que rendre au jeune praticien les plus grands services et, comme nous l'avons dit, la vertu éducative d'un tel labeur est inappréciable. Mais ce qu'il faut liien savoir, c'est qu'avec de la méthode et de la volonté on arrive à vaincre aisément la plupart des diflicultés (pu se présentent.
Dans la pratique enfin, on ne saurait dire que toutes les aurifications nécessitent les mômes elTorts et le même temps. Un grand nombre, au moins dans la moitié des cas, sont des cavités de faibles dimensions, qu'en un laps de temps relativement court on arrive à combler. Un autre quart est constitué par des cavités de dimensions moyennes, présentant des difficultés peu considérables, mais nécessitant un travail long. Enfin un dernier quart comprendra les cavités très grandes ou intéressant deux faces d'une dent et, parsuite, nécessitant la reconstitution d'un angle ou de deux parois à l'or adhésif. Là, le labeur peut être considérable.
Enfin on rencontrera, dans lapratique, un bon tiers de cavités (pii pourront être comblées par la méthode de l'or mou, méthode qui permet une grande économie de temps.
Quoi qu'il en soit, et quelleque soit la méthode employée pour une cavité donnée, l'aurification reste toujours une opération délicate, longue, et dans laquelle la perfection seule assure le succès.
76 NOGUÉ. — AURIFTCATIONS.
Après avoir passé en revue les défauts qu'on reproche à l'or, examinons quelles sont ses qualités. On peut les résumer ainsi :
Résistance mécanique absolue;
Résistance chimique idéale;
Absence de tout retrait et de toute dilatation ;
Adaptation parfaite aux parois de la cavité;
Absence d'action chimique et galvanique sur la dentine.
Résistance mécanique. — Contrairement à la plupart des substances obturatrices usuelles, l'or résiste à toutes les actions mécaniques qui peuvent se produire pendant la mastication. Une aurification bien faite peut se retrouver intacte vingt ans après. On conçoit donc que, dans tous les points où la mastication exerce son action puissante, il soit indiqué de lui opposer la résistance de Tor.
Résistance chimique. — L'or est inaltérable et subit victorieusement le contact prolongé de tous les agents chimiques de la cavité buccale. Poli et bien condensé, il s'oppose à toute pénétration dans sa masse de liquide salivaire ou de détritus alimentaires. Ce sont là des qualités qui assurent à raurificalion une dur<''e pour ainsi dire indéterminée. Aussi est-elle indiquée dans tous les interstices dentaires où le séjour des aliments détermine des fermentations auxquelles les autres substances obturatrices résisteraient malaisément.
Absence de retrait et de dilatation. — Mis en place par fragments et condensé au maximum, l'or ne subit, du fait de sa transformation, ni dilatation ni retrait progressif; de là son adhérence permanente avec les parois. Xous avons vu que son coefficient de dilatation était assez fort. Mais il ne se manifeste que sous l'influence dune température élevée et reste d'ailleurs peu sensible en face d'une paroi solide. Seule, une paroi très mince et fragile peut, dans la pratique, avoir à souffrir d'une dilatation à peine appréciable. Mais sa dilatation extemporanée ou son retrait du fait de son changement d'état sont nuls.
Adaptation parfaite aux parois. — La malléabilité de l'or, qu'il soit en feuilles ou en cristaux, permet son adaptation parfaite à toutes les parois. Bien qu'il n'adhère en rien à la dentine, il en tapisse intérieurement la surface et en épouse toutes les dépressions.
Absence d'action chimique et galvanique sur la dentine. — L'or est tout à fait neutre vis-à-vis de la dentine. 11 se comporte à son égard comme un corps étranger aseptique.
Nous venons d'examiner les défauts et les qualités de l'or, et nous avons montré pour quelques-uns des premiers comment il était possible,dansla pratique, d'y pallier. Pour décider maintenant, en face d'un cas donné, s'il y a lieu de faire une aurification, il faudra mettre en balance les avantages et les inconvénients de ce mode d'obturation : la somme des avantages devra l'emporter sur celle des inconvénients.