‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 21 sur 129 · INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

Mais pour so dôcider en connaissance; de cause, il faniira tenir coniple «les lacleurs suivants :

L'Age du sujet ;

Sa tolérance ;

Le siège de la dent;

Les conditions de la cavité :

Le degré de la carie ;

Le coelficient de résistance de la dent.

Arje du siijel. — Il est/'videmnicnt inutile défaire une aurili<'alion surune dent de lait. Lcsujcts'yprèteraitdit(icilement,etcn outre, pour des dents caduques, une obturation à l'amalgame ou au ciment est en général suffisante. Cependant, chezdesenfantsdesixans, il est indiqué défaire sur les premières grosses molaires desaurificati«)ns,silesujet présente la docilité nécessaire.

Chez les vieillards, il est peut-être plus ralionnel de s'abstenir. Une obturation ordinaire peut remplir toutes les indications. Très souvent, dans ces cas, les dénis présentent un certain degré de mobilité «jui contre-indique tout elTort sur l'organe, liaison de plus quand il s'agit de dents atteintes de j)yorrhée.

Tolérance. — L'o[)ération de l'anrification est souvent longue et désagréable. Elle exige du patient une docilité parfaite. Mieux vaut, avant de commencer, s'assurer que ce dernier subira sans récrimination les diverses manipulations indispensables pour le succès. Au.ssi les enfants trop jeunes, les femmes nerveuses, certains hommes sans volonté seront-ils des sujets déplorables. Ghezeux, l'aurification sera contre-indiquée.

Siège de la denl. — L'aurification étani la niétijodc dobturalion dont les résultats sont les meilleurs sera indiquée surtout dans les dents qui supportent l'elfort maximum de la mastication. Mais, au point de vue esthéli{{ue, les incisives, canines et prémolaires jouent un rôle prépondérant. Aussi le dentiste doit-il faire l'impossible pour assurer leur conservation. On conseillera encore ici l'aurification, sauf dans les cas exceptionnels [de destruction trop considérable des tissus. Et cela malgré le reproche fait à l'or d'être trop visible. Nous nous sommes déjà expliqué à ce sujet. Mais il est facile de concevoir, par exemple, s'il s'agit de caries interstitielles des incisives et des canines, quelle sécurité donnera pour l'avenir une aurification bien faite pour la conservation de ces dents. Tant au point de vue curatif que prophylactique, c'est ici la méthode de choix.

Cependant on peut dire, en thèse générale, que, si le siège de la cavité est tel ({u'on ne puisse diriger les manœuvres opératoires avec la certitude du succès, mieux vaut renoncer à l'aurification. Tel est le cas des faces distales de certaines molaires, des dents de sagesse, etc.

Condilioiis de la cavité. — Il est nécessaire que la cavité ait, pour

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une aurificalion donnée, une forme délerminée. L'opérateur ne doit donc rencontrer aucun obstacle dans la poursuite de ce but. Il peut cependant être arrêté ]iar la proximité trop grande de la pulpe, par le danger de trop diminuer l'épaisseur des parois au point d'alFaiblir leur résistance, etc. Il peut encore se trouver d'emblée en face d'une cavité très grande, limitée par des parois fragiles. Ce cas, comme beaucoup d'autres, peut constituer une contre-indication formelle à laurification.

Degré de la carie. — En principe, on peut aurifier une carie simple aussi bien qu'une carie pénétrante avec destruction de la pulpe. Mais, entre ces limites extrêmes, bien des difficultés peuvent se présenter.

Voici d'abord une carie simi)le dont ladentine, au lieu de présenter une sensibilité modérée, présente une hypersensibilité très marquée. Impossible, dans ce cas, de donner à la cavité la forme nécessaire. Nous avons, il est vrai, des moyens d'obtenir l'anesthésie de la dentine. Mais ces moyens ne sont pas toujours aj>plicables. Force est alors de renoncer à l'aurification, ou bien de faire une obturation provisoire au ciment, quitte à renouveler la tentative deux ou trois mois après. Cette hypersensibilité cède souvent à ce moyen très simple.

La carie, tians un autre cas, se rapproche de la pulpe. L ne mince cloison d'ivoire séi)are les deux cavités. La condensation de l'or, faite avec force sur cette mince cloison flexible, peut déterminer une irritation mécanique du faisceau vasculo-nerveux, suivie de pulpite aiguë. Mieux vaut, dans cette occurrence, ou renoncer à l'aurification, ou bien appliquer sur cette cloison de dentine une couche de gutta recouverte de ciment. Après quelques jours d'attente, la condensation de l'or pourra être faite sur cette base solide sans aucune crainte de lésion mécanique de la pulpe.

Coefficient de rcsistance de la denl. — On sait que le coefficient de résistance de la dent à la carie est fonction de sa richesse en sels calcaires. On rencontre souvent, chez certains sujets, en général des enfants ou des adolescents, des dents dont la dentine semble formée d'un tissu presque mou. Les excavateurs ou lafraise n'arrivent jamais à produire ce cri dentinaire qui décèle enfin la résistance d'un tissu bien calcifié. Il s'agit là de dents pauvres en sels de chaux et souvent de sujets eux-mêmes lymphatiques ou prétuberculeux. Ici, cet état si spécial de la dent constituera une contre-indication formelle de l'aurification. Outre que la condensation de l'or ne s'effectuerait que dans un tissu d'une résistance mécanique insuffisante, bientôt autour de la masse d'or se formerait une fissure par récidive de la carie. Ce sont là des formes de carie décevantes, et l'on conçoit qu'on ne puisse, dans ce cas, avoir la prétention, en aurifiant, de faire œuvre durable.

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