‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 22 sur 129 · OR NON ADHÉSIF, OR ADHÉSIF, OR CRISTALLISÉ · texte numérisé non relu

OR NON ADHÉSIF, OR ADHÉSIF, OR CRISTALLISÉ

L'ordesliiK' aux usages dculaircs se prébonle sous deux aspects :

1" Sous l'aspect d'or en leuillcs minces ;

2" Sous l'aspect d'or cristallisé.

Le premier est obtenu par simple hallage mécanicjue entre des feuilles de velin : le second est obtenu de laron bi<Mi dillV-rente, par précipitation du métal dissous au préalable dans l'eau régale. Le premier ne se dislingue en ri(Ui des leuilUîs d'or (jui servent dans l'industrie à la dorure. Le second ressemble à une petite masse d'amadou et ne reprend sa l'orme métalli(iue <|uesous rinlluence de la pression.

Si l'on envisage maintenant cet or au point de vue de ses propriétés, on doit le diviser en deux classes bien distinctes, selon que ses Iragmenls par simple pression adhèrent ou n'adhèrent pas les uns aux autres à la température ordinaire. Distinction qui, par rapport ù l'obturation, est de la plus haute importance, car, dans l'un et dans l'autre cas, la technique et l'instrumentation nécessaires seront dilTé rentes.

\ous aurons alors deux sortes d'or :

1" L'or adhésif ou cohésif ;

2" L'or non adhésif ou non cohésif, encore désigné couramment sous le nom d'or mou.

Or, selon qu'il aura été préparé d'une façon ou d'une autre, l'or en feuilles sera tantôt de l'or adhésif, tantôt de l'or non adhésif, ainsi que nous le verrons en détail ; quant à l'or cristallisé, il est toujours adhésif. Donc nous pouvons, au point de vue mnémotechnique, classer ainsi les différentes sortes d'or, selon leur aspect physique et leurs propriétés spéciales :

,^ ,. ... i Taulnl ailhésif.

1° Ur ea leuules s t, . ■ , n • -c

l lantoL non adhesii ou mou.

'1° Oi" cristallise | Toujours adhésif.

Or en feuilles. — L'or en lingot chimi(|uement pur, pour être transformé en feuilles, est d'abord recuit, puis laminé. On obtient ainsi une feuille dune épaisseur encore trop forte, mais (jui, cependant, pourrait être utilisée conîuie nous le verrons plus loin dans des cas spéciaux. Pour réduire ces feuilles à des dimensions moindres et obtenir une minceur extrême, on a recours au battage, procédé qui consiste à placer l'or entre des feuilles de velin et à le marteler à l'aide de marteaux en bois. C'est ainsi que peu à peu l'or s'aplatit. Les ouvriers batteurs d'or acquièrent dans ce métier une habileté si grande qu'ils jugent de l'épaisseur de la feuille à sa transparence, en l'exposant à la lumière.

80 NOGUÉ. — AURIFICATIONS.

Ces feuilles d'or ont toujours les mêmes dimensions en surface elles mesurent 10 centimètres de chaque côté. Leur épaisseur seule varie et, avec elle leur poids.

Il est d'usage de désigner cette épaisseur par des numéros sur lesquels il est bon d'être exactement fixé.

A ce sujet, voici comment s'expriment Harris et Austen:

u L'épaisseur des feuilles est déterminée par le nombre de grains ou centigrammes que chacune d'elles pèse : elle est indiquée par un numéro inscrit sur le cahier entre les feuilles duquel on les place après qu'elles ont été convenablement recuites. Ces numéros vont de 4 à 20. Le poids des feuilles varie, ordinairement, de 10 cen tio-rammes ou 2 grains, de manière à donner les numéros 4, 6, 8 10 et ainsi de suite jusqu'à 20. Un cahier de 2S'',5 (un quart d'once) du numéro 4 contient trente feuilles.

« Quelques dentistes emploient des feuilles d'or dont le numéro varie de 4 à 20. D'autres emploient des numéros plus forts ; il en est môme qui se sont servis du numéro 120, tandis que d'autres se bornent à un seul numéro. Si l'on n'emploie qu'un seul numéro d'or non adhésif, le numéro 4 est le meilleur, du moins à ce que croit l'auteur. Il a employé les numéros 4, G, 8, 10 et 16, mais il préfère le premier ; il est tout à fait d'avis que, dans la majorité des cas, on peut faire une meilleure obturation avec ce numéro qu'avec tout autre.

<( Cependant il peut se présenter certains cas dans lesquels on emploiera plus avantageusement des numéros plus élevés, comme par exemple dans l'obturation des racines, ainsi que dans les cavités qui sont ou très grandes ou très petites. »

D'après Tomes, la feuille préparée pour les usages dentaires est numérotée suivant son poids : on a ainsi les numéros 4, 5, 6, 7, 8, qui indiquent chacun le poids en grains d'une feuille de 0'",10. On a, dit-il, employé récemment des feuilles beaucoup plus pesantes, atteignant chacune 240 grains.

Mais, tandis que les feuilles d'or anglaises ou américaines sont ainsi numérotées par grains, les feuilles françaises de mêmes dimensions sont numérotées différemment.

Chaque numéro ici désigne des décigrammes. Les numéros 1, 2, 3, 10, désignent des feuilles carrées de 0'",10 de côté, pesant respectivement 1 décigramme, 2 décigrammes, 3 décigrammes, 10 décigrammes.

Le gramme français vaut 5 grains anglais (exactement 13,342).

On voit donc qu'il existe entre les feuilles françaises et anglaises ou américaines une ditïérence très considérable.

Feuilles adliésives. — Chimiquement pur et récemment préparé, l'or en feuilles est adhésif, c'est-à-dire capable de se souder à luimême, à froid, sous l'influence d'une pression légère.

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