‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 23 sur 129 · DIFFÉRENTES SORTES DOR · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES SORTES DOR

Cette propritHé, il la pnilagc avec (luchpies autres nirtaux précieux, entre autres le platine. Elle est telle qu'un nombre quelconque de ses leuilles peut être réuni par la pression en un seul bloc et qu'on peut reconstruire ainsi une i^rande partie ou même la totalité de la couronne d'une dent (llarris). C'est au D^ Robert Arthur que l'on doit la découverte des avantages de l'or adhésif pour l'obturation des cavités dentaires (1).

La condition sine qiia non pour que l'or soit adhésif, c'est qu'il soit absolument pur. Mais cette propriété si curieuse, l'or, au bout d'un certain temps, surtout quand il est exposé à l'air, la perd. Cependant il est possible de la lui faire récupérer par la recuisson. L'or en feuilles du commerce, entre autres celui des batteurs d'or, ne serait pas absolument pur, d'après Tomes. On ne saurait, dit-il, produire unominceursuffisante delà feuille employée pourla dorure sans y ajouter une certaine quantité de cuivre ; autrement le métal trop aminci n'abandonnerait pas le velin entre les feuilles duquel on le bat.

La préparation de l'or en feuilles réclame beaucoup de soins, car il est absolument nécessaire que, avec la pureté chimique, cet or possède certains caractères physiques particuliers. Outre la mollesse et la ténacité, il doit présenter la qualité adhésive à un haut degré, ou au contraire posséder au plus haut degré la qualité opposée. Dans le premier cas, plusieurs bandelettes mises dans une boîte à pilules, et secouées fortement, doivent s'unir d'une façon inséparable ; dans l'autre, elles doivent refuser de se souder môme sous l'action d'une pression énergique (Tomes).

Les conditions qui semblent commander celte adhésivité de l'or pur sont labsence complète d'impuretés, même de bulles d'air, à la surface du métal ; l'absence absolue d'humidité ; un état mou, non résistant, des particules métalliques, qui ne doivent pas avoir subi antérieurement de compression énergique.

Au microscope, la surface de l'or adhésif n'est pas lisse, mais bien couverte de corrugations et de dépressions; les parties saillantes paraissent polies, mais les dépressions qui couvrent la plus grande partie de la surface sont tout à fait mates; ces caractères se rencontrent particulièrement dans les feuilles vendues comme or adhésif, qui sont très mates et ont cette couleur brune de l'or précipité, qui indique dans le métal pur peu de condensation (Makins). Et Tomes d'ajouter les remarques suivantes : « Aussi il semble que, dans l'or adhésif, les molécules du métal ne soient que partiellement soudées et olVrent ainsi une condition très favorable pour s'unir plus intensément sous l'action de l'instrument ; tandis que, dans les feuilles non adhésives, la surface déjà polie empêche le métal d'avoir

(.1) HoBEnT Ahthir, .\ Ireatise on Ihe use of adhésive Goldfoi', 1857. Traitiî; de stomatologie. 1' • "

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une grande tendance h s'unir. Il suffit d'une très légère altération moléculaire, celle par exemple que produit l'opération du recuit, pour transformer for non adhésif en or adhésif; celte opération ne se contentepas d'ailleurs de changer l'état moléculaire, elle a encore l'avantage de garantir contre la présence de l'humidité et de chasser les molécules d'air adhérentes au métal. »

Feuilles non adhésives ou or mou. — Nous avons vu que l'or en feuilles chimiquement pur jouissait de la propriété d'adhérer à lui-même sous l'influence d'une pression légère et que cette propriété, le temps et l'exposition à l'air la lui faisaient bientôt perdre. Ces feuilles sont devenues alors des feuilles d'or non adhésif, encore appelé or mou.

L'emploi de cet or mou répond, comme nous le verrons, à des indications spéciales, et celte variété d'or doit, par conséquent, figurer dans le matériel de tout cabinet dentaire. Il est possible, au point de vue industriel, d'obtenir très rapidement de l'or à l'état non adhésif, en exposant les feuilles d'or pur aux vapeurs ammoniacales. Disons encore que l'or des batteurs d'or français, même au moment où il sort du battage, peut être considéré comme de l'or mou. En effet, ses feuilles ne se soudent nullement les unes aux autres, et nous tenons d'un de ces industriels les plus importants que jamais il n'avait pu obtenir l'adhésivité des feuilles d'or battu. Très vraisemblablement cela tient, arnsi que l'a indiqué Tomes, à ce que cet or contient des traces de cuivre.

Mais, réciproquement, il est possible de faire récupérer à cet or ses qualités perdues et de le transformer de nouveau en or adhésif. Il suffit, pour cela, de le soumettre à la recuisson, qui, en changeant son état moléculaire, chasse les molécules d'air adhérentes au métal ainsi que toutes les traces d'humidité de sa surface.

On trouve dans le commerce de l'or en feuilles non adhésif ou or mou.

Or cristallisé. — Encore appelé or spongieux et obtenu par précipitation de l'or dissous dans l'eau régale à l'aide d'aciJe oxalique ou d'acide sulfureux. Il fut obtenu par un dentiste anglais nommé Makins, qui l'employa pour les obturations dentaires avec un grand succès. Sa préparation, ainsi que nous l'apprend Tomes, se composait de cristaux octaédriques microscopiques, unis lâchement ensemble par des fibres qui, examinées à part, montraient un caractère cristallin, le tout formant une masse spongieuse de couleur d'or mat. L'éponge, sous la pression, se consolidait et devenait assez compacte pour ne pouvoir pas être distinguée d'un lingot métallique. Si l'on ajoutait de nouvelles quantités d'épongé à celles déjà condensées, une pression modérée suffisait pour les faire adhérer. Cette propriété adhésive ou de soudure rendait la formation graduelle d'une obturation compacte dans toutes ses parties chose

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