‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 24 sur 129 · DIFFERENTES SORTES D'OR · texte numérisé non relu

DIFFERENTES SORTES D'OR

cil Jifficile el, duiis PiL^norance où Ton élail alors des propriélés, acllu'sives de certains écliaiilillous d'or en feuilles, l'or nouveau parut ollVir de gramls avantages et sembla de nature à faire abandonner l'emploi de l'or en feuilles dans certaines obturations,

Mallieureuscmenl les industriels qui tentèrent à cette époque de fabriquer l'or spongieux n'obtinrent que des résultats imparfaits, et leur or ne donna aucune satisfaction aux opérateurs. Aussi, pendant nombre d'années, l'obturation à rorcristallisé fut-elle abandonnée. Ce ne fut que lors((ue Watts, en Améri({ue, eut obtenu un or parfait (jue cette méthocle revint en faveur. L'or américain est constitué par des cristaux foliacés semblables aux feuilles de la fougère commune, de grande étendue, de faible épaisseur et encbevêtrés intimement les uns aux autres. L'aspect de cet or, quand il est livré h l'opérateur, est celui de gâteaux légers, spongieux, facilement compressibles et ressemblant assez exactement à une lame d'amadou.

L'or de Watts est livré dans le commerce en masse spongieuse d'apparence cristalline, ayant la forme d'un parallélipipède de 30 millimètres de longueur sur 20 de large et 15 de baut : chaque boîte contient un huitième d'once et porte les numéros 1, 2 ou 3 suivant la densité de la masse, le numéro 1 étant le moins dense (Redier).

11 existe une préparation d'or cristallisé appelée or suisse. Voici ce qu'en dit Redier : « L'or suisse, lancé avec quelque bruit dans la profession en 1895, s'est présenté un peu en révolutionnaire : il est disposé en petites tablettes notablement plus denses que l'or de Watts. Avec cet or, nous disait-on, plus de points de rétention, plus de maillet, plus de longues séances et plus de difficultés. II en a été ce qu'il en devait être : les aurifications faites avec l'or sans façon qu'on nous disait suffire n'ont rien valu, et l'on a vite reconnu que l'or suisse, pour donner de bons résultats, exige au moins autant de soin que les autres variétés d'or. Il y a cependant un point sur lequel il se montre réellement supérieur, c'est dans la perfection avec laquelle il se modèle sur les parois des cavités. «

Comme l'or adhésif en feuilles, l'or cristallisé exposé h l'air absorbe très facilement l'humidité et perd ses qualités de cohésion.

L'or, dans ce cas, sous l'influence de la pression, au lieu de former une masse métallique compacte, se fragmente et s'effrite. 11 est donc toujours nécessaire de le conserver à l'abri de l'air, dans des boîtes bien fermées, où ilsera en même temps protégé contre toute pression. Avantdes'enservir, il sera toujours prudent de le faire recuire, car il récupérera aisément par la recuisson, même au-dessous du rouge toutes ses propriétés adhésives. '

84 NOGUE. — AURIFICATIONS.

COMMENT SE COMPORTENT LES DIFFÉRENTES VARIÉTÉS D'OR SOUS L'INFLUENCE DE LA PRESSION.

Nous avons vu que, au point de vue des obturations, l'or pouvait se diviser en deux classes, selon qu'il jouissait ou non de la propriété de se souder à lui-même sous Fintluence de la pression. Nous avons donc à envisager ces deux variétés : l'or adhésif et l'or non adhésif.

La première variété, qu'il s'agisse d'or en feuilles ou d'or cristallisé, présente un état moléculaire tel que les divers fragments qui le constituent jouissent d'une certaine laxité. Pour l'or spongieux, la chose est visible à l'œil nu, et les cristaux sont simplement enchevêtrés. Pour l'or en feuilles, la chose est surtout très nette quand on emploie, ce qui est la règle, cet or roulé en cylindres. Les feuilles qui forment ces cylindres sont en contact les unes avec les autres tout en restant séparées.

Que, dans l'un ou dans l'autre cas, nous fassions à l'aide d'un ins trument quelconque une pression sur un point de la masse, et l'on conçoit que, dans le point comprimé, les parcelles superficielles de l'or, cristaux ou feuilles minces, viendront au contact intime des parcelles sous-jacentes et, en vertu de cette propriété d'adhésivitéqui les distingue, se souderont ensemble.

Considérons au contraire une feuille d'or mou roulée en cylindre. Faisons sur la surface de ce cylindre, avec le même instrument, la même pression. Ici aucune propriété d'adhésivité n'existe. Les fragments viendront au contact les uns des autres, mais ne se souderont pas; le contact sera d'au tant plus intime que la pression sera plus puissante ; il n'y aura aucune cohésion, mais simple accotement.

Pour bien concevoir ce qui se passe, supposons un cylindre muni d'un piston et remplissons ce cylindre d'or non adhésif ou or mou. Sur une coupe nous verrons les molécules d'or régulièrement distribuées occuper toute la cavité de ce cylindre (fig. 32, 1). Abaissons maintenant le piston sur la masse et faisons-le pénétrer jusqu'à la moitié de sa course dans le cylindre. L'or subit une condensation qui se traduit par un rapprochement de toutes les molécules les unes des autres. Mais ces molécules n'étant pas adhésives ne se soudent nullement entre elles. Sur une coupe, on voit ces molécules plus serrées, mais toujours uniformément réparties (fig. 3'2, 2) dans la cavité du cylindre. En admettant qu'en réalité ces molécules ne soient pas aussi régulièrement condensées sur toute la hauteur, il n'en est pas moins vrai que la pression s'est transmise dans toute la masse. Faisons maintenant un nouvel efï'ort et poussons le piston jusqu'au bout de sa course. La masse entière subit une condensation totale, et les fragments d'or qui la composent, rapprochés par cette pression maxima, s'accolent les uns aux autres pour donner l'illusion d'un lingot métallique (fig. 32, 3).

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