‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 34 sur 129 · AURIFICATIONS A L'OR NON ADHESIF OU OR MOU · texte numérisé non relu

AURIFICATIONS A L'OR NON ADHESIF OU OR MOU

Fig. 55. — Foulage des cylindres contre les parois latérales de la cavité.

cyliiulre rofoulanl le précédent dans la mesure nécessaire pour pouvoir entrer lui-même dans la cavité (fi^. 55). Ouand on a placé ainsi trois ou quatre cylindres, la cavité sera remplie : mais les cylindres ne seront qu'à peine pressés les uns contre les autres, tout juste pour être maintenus.

Prendre alors le fouloir numéro 2 et refoulerles cylindres en bloc sans brusquerie, mais sans hésitation : les cylindres doivent rester fixés contre la paroi grâce aux crans pratiqués et ne doivent pas s'en détacher quand on retire le fouloir.

De la bonne exécution de cette première partie de l'opération dépendra souvent la valeur de l'aurification :si, en effet, ces premiers cylindres se détachent et si on essaie de les remettre en place par une nouvelle pression du fouloir, on n'y arrive que lr6s imparfaitement, en raison de ce principe qui domine toute la pratique de l'aurification : les feuilles d'or ou les cylindres qui ont subi une pression du fouloir perdent, ipso fado, leur souplesse et leur excessive malléabilité, et par conséquent ne se modèlent plus que très imparfaitement, si on les soumet à de nouvelles pressions.

On peut, pendant qu'on foule les cylindres, les maintenir avec un stylet ou la pince à or.

Quand, malgré toutes les précautions, les cylindres se détachent, il ne faut pas hésiter à les porter dans les déchets et à recommencer avec de nouveaux cylindres.

Remplir maintenant la cavité avec des cylindres moyens, en ayant soin de ne pas déranger les premiers. Fouler alors cette nouvelle série comme précédemment (fig. 56).

Arrivé à ce moment de l'aurification, la masse ne risque plus de se détacher de la paroi : mais, sous la pression du fouloir, la partie qui déborde l'instrument tend à se soulever et cesserait, si l'on n'y prenait garde, de s'appliquer contre la paroi. On évitera plus facilement cet écueil avecdes fouloirs larges et plats, comme le numéro 3, qu'avec le numéro 2, dont la surface active est arrondie, en la faisant agir sur les bords de la masse, plutôt que sur le centre, et en soute-

Fig. 56. — Foulage des cylindres contre les parois latérales de la cavité.

NOGUÉ. — AURIFICATIONS.

Fi

Fifr. 58.

liant riin des bords avec le stylet pendant qu'on exerce la pression

sur l'autre.

Placer et fouler avec les mêmes précautions une troisième, puis

quatrième série de cylindres, en finissant par les petits, jusqu'à ce

que la cavité soit tellement réduite qu'elle ne puisse plus recevoir que

^ , . ,., ,, deux ou trois cylindres,

l-ouloir cuneifoi-me pour 1 insertion ,

des rubans. Amesurequ onavance,

le placement et le tassement des cylindres deviennent plus faciles : la masse reste bien en place, et l'on n'a guère à se préoccuper que de bien fouler sur les bords : il faut cependant veiller à ce que les cylindres descendent bien au fond de la cavité et à ce qu'ils restent exactement perpendiculaires à ce fond, sans se replier.

Deuxième temps. — Inserlion des rubans dans les derniers espaces laissés libres par les cylindres. — La cavité est à peu près remplie, saufenavanl, oùilreste unpetitespace pouvant tout au plus contenir deux ou trois cylindres. On y porte ces cylindres sans les tasser. Puis, avec la pince, saisir un des rubans par une extrémité et l'amener dans la cavité entre la masse d'or tassée et les derniers cylindres, ceux qui n'ont pas subi la pression du fouloir : le ruban ainsi enclavé doit tenir de lui-même et pendre longuement en dehors de la cavité. Il s'agit maintenant de l'y replier en enfonçant successivement chaque pli jusqu'au fond : c'est ce que l'on fait avec un fouloir.

Avec la partie active de l'instrument, celle qui est striée longitudinale ment, faire un premier pli que l'on conduit dans la cavité: quand il en aura atteint le fond, reti-

Fig. 59. — Fouloir massif du Dr Noguc. j,^,, jg fouloir

en lui faisant subir un léger mouvement de bascule, de manière à le faire sortir de la cavité verticalement, alors qu'il y est entré en position horizontale ; on a ainsi du même coup placé un pli de ruban et préparé la voie pour le suivant (1).

Au cours de cette manœuvre, deux petits accidents doivent être évités : le ruban peut se déchirer avant d'être arrivé au fond de la

(1) On peut aussi se servir dun fouloir cunéiforme pour l'introduction des rubans (fig. 57).

AUIUFICATIONS A I/OR NON ADIlÉSiK OU Oïl MOU.

F if

60 et 61 . — Ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire.

cavité, sous lu pression du fouloiiv, ou au contraire il est entraîné avec lui quand on relire l'inslrunient ; la forme en lige mousse et arrondie de celui-ci rend le premier de ces accidents bien improbable et en tout cas, l>ien facile ù éviter, el le second ne se produit jamais si Ton a soin de retirer le fouloir, comme il a été indiqué.

Faire entrer de la même manière autant de plis qu'on le peul avec le fouloir numéro 7, puis avec le numéro 0, qui est plus petit et, si le premier ruban ne suffit pas, prendre le second jusqu'à ce que toute la cavité soit bien remplie.

Avant de passer au troisième temps, il faut s'assurer qu'il n'est pas resté quelque vide sous la masse : on en explore pour cela toute la surface avec la pointe des fouloirs 7 ou 8 el, si Tinstrument pénètre en quelque endroit, insister : agrandir le vide en imprimant au fouloir de petits mouvements de latéralité et combler cette cavité avec le ruban, en y plaçant, s'il est besoin, un ou deux petits cylindres.

Les dessins ci-contre empruntés à Redier montrent les fautes qui peuvent êtres commises pendant cette opération (fig. 60 et 61).

En a, nous voyons la cavité bien préparée et les cylindres convenablement placés.

En 6, les cylindres sont bien placés mais la cavité n'est pas rélentive. En c, la cavité est normale mais les cylindres sont disposés d'une façon défectueuse. Il en est de même dans les figures a' b" c".

Troisième temps. — Tassemenl de la masse obturatrice. — Avec le plus gros des instruments à pied (le numéro VI) d'abord, on lasse successivement tous les points de la surface de la masse obturatrice, non par des pressions graduelles, mais par pressions brusques obteiuies à l'aide de coups secs du poignet. Sous l'effort du fouloir, la masse commence à se lasser, et une partie de l'or en excès se détache : fouler de nouveau, mais cette fois avec le maillet massif, jusqu'à ce que le coup donne la sensation que la masse est bien dure el bien homogène on peut se

Fig. 1)2. — Tassement de la masse obturatrice.

des

NOGUÉ. — AURIFICATIONS.

servir également des fouloirs de M. Ricliard Chauvin (fig. 63 et suiv.).

Après avoir enlevé avec les pinces et les limes presque toutTor en

excès, en en laissant cependant un léger trop-plein, vérifier Taurifi-

calion dans tous ses points en cherchant si un slylet fin ne peut la

Fig, 63. — Fouloirs de M. Richard Chauvin.

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