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Fouloirs de M. Richard Chauvin

pénétrer en quelque point. Si oui, le vide est élargi et comblé ensuite avec un ou deux cylindres et des plis de rubans. Méthode des boules. — On peut encore employer l'or non adhésif

AURIl'ICATIONS A I/OR x\ON AUIIÉSII' OU OR MOU.

sjus l'orme de boules. On prend pour cela des feuilles d'or épaisses qu'on roule entre les doigts de façon à leur donner la forme de boulettes assez lAches. On les fait de volumes différents. On place les plus grosses au fond de la cavité, où on les assujettit à Taide d'un

Fis. 66.

l'ouloip de M. Richard Chauvin.

fouloir pointu, sans cependant les condenser. Cela fait, on ajoute de nouvelles boules sur les premières, et, à l'aide d'un fouloir pointu et dentelé, on les fixe sur les premières de manière à les fixer les unes dans les autres. On continue ainsi jusqu'à ce que la cavité soit comblée, et on condense ensuite la masse entière à l'aide des condensateurs à main ou des [)inces.

Condensation en masse de l'or non adhésif. — Le D' E. (iaillard, après avoir constaté que la force du poignet s'exerçant sur l'or par l'intermédiaire d'un fouloir quelconque ne dépassait pas 10 à 15 kilogrammes, a eu l'idée d'utiliser la force des muscles masticateurs obtenant ainsi des pressions de 45 à 55 kilogrammes. Il a imaginé pour cela un instrument composé d'un disque en acier B, dont la face supérieure est couverte d'un morceau de caoutchouc vulcanisé quadrillé ou de plomb et dont la face inférieure porte une lige en acier (fig. 67 A). Celte lige de forme quadrangulaire ou cylindricpie peut être remplacée, par des liges de calibres diiTérenls ou par des brunissoirs. Le disque est fixé à l'exlrémilé d'un long manche. Ouand la condensation à la

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6j. — Fouloii"3 de Chauvin.

M. Richard

MO

NOGUÉ. — AURIFiCATIONS.

main est terminée, on prend Tinstrument muni de sa tige la plus volumineuse et on applique cette tige perpendiculairement à la surface de l'or, en maintenant solidement le manche. On prie alors

Ail ^

l-'ig-. 67. — Condensateur simple du D'' E. Gaillard.

le patient de mordre le disque d'une façon progressive, et l'on voit, sous l'influence de cet effort, l'or se condenser nettement. On recommence la même manœuvre sur toute la surface du métal. On peut ensuite changer la tige d'acier et la remplacer par une tige d'un calibre moindre. Le même effort portant alors sur une surface moindre, on obtient une condensation plus considérable.

Ce mode de condensation très puissant peut s'appliquer aux aurifications des faces triturantes des grosses et petites molaires du haut et du bas, à la condition cependant que les dents antagonistes de la dent malade existent. C'est là le condensateur simple du D'" Gaillard, par opposition au davier condensateur articulé du même auteur.

On peut également employer un instrument imaginé par Bing et qui n'est autre qu'une pince dont un des mors, large et garni dune enveloppe de cuir ou de caoutchouc, prend point d'appui sous la branche horizontale de la mâchoire inférieure, tandis que l'autre branche munie d'une pointe vient condenser l'or. C'est la pince condensatrice de Bing, qui ne peut servir que pour les aurifications des cavités triturantes du maxillaire inférieur. Elle est surtout indiquée quand il n'existe pas en face de la dent aurifiée de dent antagoniste.

Nous n'avons vu jusqu'ici que des instruments applicables aux

Fig. 68. — Davier condensateurde Tomes.

AURIKICATIONS A L'Oll NON ADHKSIF OU OR MOU.

faces triturantes. Cependant raurilicalion à Tor mou est possible sur les (lilTérentes faces des dents, pourvu (jue les cavités aient leurs cinq parois. Pour condenser Tor sur les faces labiales, lini^uales ou interstitielles, on se sert de pinces de inodôles dilï'érents, mais dont le principe est le môme. L'un des mors, f^cnéralemcnt de forme appropriée, vient prendre point d'appui sur la couronne de la dent malade, sur

IViRIS

Fig. 60. — Mode d'articulation des branches dii davier condensatciu- du D"" (îaillard.

la face opposée à la cavité, tandis que l'autre, disposé en pointe, vient condenser l'or.

L'une des premières en date de ces pinces est celle de Tomes, dont l'auteur parle en ces termes : « Un instrument très utile et qui est loin d'être apprécié à sa valeur, c'est le davier condensateur : on saisit la dent entre les mors, et l'on comprime la masse obturatrice en fermant les manches ; son emploi exige naturellement certaines précautions, mais, entre des mains prudentes, il est des plus précieux. Une modification qui facilite l'adaptation de cet instrument à la dont consiste à remplacer lun des mors par une béquille tournante ; celle-ci s'adapte d'elle-

l'ig-. 70. — Davier condensateur articulé du D'' E. Gaillard.

NOGUE.

AURIFICATIONS.

même aux irrégularités de la forme de la dent, tandis que l'autre mors agit sur la surface de l'obturation » (fig. 68). Basés sur le même principe, existent encore les daviers du D"" Flagg.

Fig. 71. — Daviers à aurifier, modèles du D'' Flagg, pour condenser les obturations dans certaines cavités.

Les daviers condensateurs du D'' E. Gaillard constituent un progrès, en ce sens qu'ils ont, grâce à un moded'articulation spécial, des mors interchangeables et un nombre de pointes très grand. L'ensemble de l'instrument ressemble à un davier dont les mors sont

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72. — Mors divers pour le davier condensateur articulé du D'' E. Gaillard.

dissemblables. L'un a la forme d'une fourche ou d'une cuillère pour embrasser la couronne de la dent. L'autre a la forme d'une pointe qui viendra condenser l'or. Les deux branches s'articulent entre elles, de telle sorte que, si l'on vient à les écarter, l'une ou

OR ADIlKSIl' EN FEUILl.KS. \\:i

l'autre, elles se séparent complètement (fig. 09). Les figures A et B représentent une des coupes de ces branches, montrant également, sur cliaouMc (Telles, la disposition de mortaises et de tenons (jui constituent la fixité de cette articulation par emboîtement réciproque. Il est facile, grAce à ce système, de changer de pointe pendant l'opération même, puisqu'il suffit de prendre une autre branche et de l'articuler à la j)lace de celle qui vient de servir.

On peut obtenir un certain degré de condensation d'une masse d'or mou ù l'aide du maillot à main. Mais il faut, pour cela, que le fouloir ait par lui-même une masse considérable et que le maillet soit également tiès lourd. Nous avons fait construire dans ce but un fouloir massif qui nous paraît susceptible de rendre de grands services (Voy. fig. 59).

Pour s'en servir, quand la condensation par pression manuelle est terminée, on le tient de la main gauche à pleine main, et on applique la pointe sur la surface de l'or. Le fouloir est maintenu autant que possible perpendiculairement à la surface. De la main droite on applique un ou deux coups de maillet avec assez de force. On recommence ainsi la condensation sur tous les points de Taurification, avec une force proportionnée à la résistance de l'organe et à la tolérance du patient.

L'aurification terminée, il faut donnera la surface du métal un poli |)arfait. Pour cela, on enlève avec une fraise à finir tout l'or qui sesl soulevé pendant les dernières manœuvres de condensation. Quand cette surface est bien nette, on prend un brunissoir à main, avec lequel on foule aussi fortement que possible toute cette surface. On obtient ainsi une condensation de la mince couche superficielle du métal qui garantira efficacement toute la masse contre les risques de détérioration.

Après le brunissoir à main qui permet un efl'ort considérable, on se sert du brunissoir monté sur le tour qui achève la condensation.

Pour donner à la surface le poli indispensable, on se sert encore du brunissoir et de pierre ponce ou d'émeri finement pulvérisé. Pendant ces manœuvres, si quelque partie de cette surface présente des aspérités que le fouloir soit incapable de faire disparaître, on peut, avec une moule arrondie ou ovalaire, l'égaliser d'une façon parfaite.

Avec du blanc d'Espagne et une brosse montée sur le tour, on obtient ensuite le brillant définitif.

Pour s'assurer (jue la masse d'or sera bien imperméable aux li(]uides buccaux, Redier conseille de déposer sur sa surface une goutte d'encre et d'attendre quelques minutes. Après lavage, il faut que le bord de laïu-itication, aussi bien que sa surface, ne présente aucune trace d'infiltration colorée.

Traité de stomatologie. I^'. — 8

114 NOGUÉ. — AURIFICATIONS.

AURIFICATIONS A L'OR ADHÉSIF EN FEUILLES.

L'or adhésif, comme nous l'avons vu, esl celui qui possède la propriété de se souder à lui-même, à froid, sous l'influence d'une légère pression. Il se présente sous la l'orme de feuilles et sous la forme d'or cristallisé.

L'or en feuilles se trouve dans le commerce en feuilles de 10 centimètres carrés, comme l'or mou, et d'épaisseur variable. On le trouve également en cylindres de dimensions diverses, composés de fines feuilles roulées très régulièrement. C'est dans la pratique surtout de ceux-ci qu'on fait usage.

Si l'on veut se servir des feuilles, on pourra les préparer de différentes façons, ou bien les découper en lamelles plus ou moins larges, ou bien les plier en rubans, les rouler en cylindres à l'aide d'une aiguille appropriée, les rouler en cordelettes ou en boules.

Mais on conçoit, d'après ce que nous avons dit en parlant des propriétés mêmesdel'or adhésif, que ces diverses manipulations seraient rendues très difficiles si l'adhésivité des fragments les uns aux autres était très marquée.

En réalité, peu de temps après son exposition à l'air, les propriétés cohésives inhérentes à l'or pur s'affaiblissent au point que l'on peut le rouler ou le replier sur lui-même sans que les diverses parties qui le composent se soudent entre elles.

De là, dans la pratique, la nécessité défaire subir àl'or, au moment de s'en servir, une recuisson soigneuse, qui lui fera instantanément récupérer ses propriétés perdues. En fait, c'est de l'or mou que l'on rend adhésif par la recuisson pour l'employer sous cette dernière forme.

Cette opération a une grande importance, puisqu'elle est capable de modifier aussi profondément les propriétés intimes de l'or. Elle peut se faire de plusieurs manières.

On peut recuire directement sur la flamme, bien que ce procédé ne soit pas le plus recommandable.

Dans ce cas, on choisira la flamme de la lampe à alcool, qui présente sur celle du bec Bunsen l'avantage de ne pas introduire dans l'or des particules de charbon.

On prend alors avec la presselle un cylindre d'or, en ne saisissant entre les mors qu'une infime portion de la masse, et on le présente sur la flamme.

Dès que l'or a rougi, on le retire vivement.

Mais on s'aperçoit qu'une partie seule de cet or a rougi, tandis qu'une autre partie, celle qui se trouvait en contact direct avec l'acier, restait sombre. C'est qu'en effet une partie du calorique se transmettant sur la pince n'a pu élever au rouge la portion du

OR ADHKSIF EN FKLILLES.

cyliutlre prise eiilro les mois. Si l'on se servait à ce moment de ce cylindre (Tor, on conçoit qu'il se composerait de deux parties : l'une parfaitenuMit recuite et partant trùs adhésivc, l'autre insuffisamment recuite et peu ou pas adhésive. La partie bien recuite adhérerait très bien à la masse d'or déjà condensée, tandis que l'autre portion du cylindre, adhérant mal, viendrait compromellre la solidité de l'aurilicalion.

11 faut donc remédier,dans la pratique, à cette recuisson irrégulière do l'or, en replaçant le cylindre sur le coussin et, le saisissant par la partie déjà portée au rouge, en exposant à la flamme la partie insuffisamment recuite.

Là se trouve donc le principal défaut de ce procédé. 11 en existe un autre dont il faut tenir grand compte. Quand on emploie de l'or en feuilles assez é[)aisses, la masse rougit sans risquer de se fondre. Mais, quand il s'agit de feuilles très minces, il peut arriver qu'une parcelle, sous l'influence delà flamme, se fonde et durcisse, rendant ainsi l'or impropre à toute condensation parfaite.

Aussi est-il à conseiller, au lieu d'exposer directement l'or à la flamme, d'interposerune substance étrangère, qui, toutenrégularisant la transmission de la chaleur, empêche son action trop violente. On se sert pour cela dune toile métallique ou d'une feuille de mica. De petits supports plus ou moins pratiques servent à cet usage.

Mais la méthode la meilleure et celle qui permet d'obtenir une recuisson régulière de l'or, c'est le réchaud électrique. Il secompose d'une table chauffante sur laquelle sont déposés les cylindres. Quand le courant passe, sous l'influence dune résistance qu'on peut graduer, cette tablette s'échautïe au point de recuire l'or déposé sur elle (fig. 7t).

Foulage et condensation de l'or. — Poiu- fouler l'or adhésif comme pour fouler lor mou dans les cavités, on se sert de fouloirs.

Réchaud à or (Ash).

NOGUE. — AURIFICATIONS.

Ici encore, les fouloirs peuvent ôlre construits en une seule pièce ou se composer d'un manche sur lequel se fixe une pointe. Nous avons précédemment examiné les avantages et les inconvénients des deux systèmes : nous n'y reviendrons pas.

Les extrémités de ces fouloirs afl'ectent des formes diverses, plates, cunéiformes ou péJiformes. Elles sont droites, courbes ou contournées en spirales.

La partie active de ces pointes est armée de dentelures plus ou moins profondes. Ces dentelures consistent en pyramides aiguës : il faut qu'elles abandonnent l'or après l'avoir foulé, sans rester chargées de particules métalliques.

L'or placé dans la cavité à l'aide de la pince à or est foulé avec un

7i. — Appareil électrique pour recuire l'or de Milcliell (Ash'.

de ces instruments et condensé fragment par fragment. C'est là une des conditions essentielles du succès. La condensation ne peut se faire avec l'or adhésif que si l'on condense chaque fragment séparément. Plus ces fragments eux-mêmes seront petits, plus la condensation se fera mieux.

Mais, sous la seule pression du poignet ou du l^ras, la condensation des molécules d'or est loin d'être parfaite. Aussi s'est-on ingénié à trouver des moyens d'action plus efficaces. De là la création de différents instruments appelés maillets, qui agissent sur le fragment d'or à l'aide d'un coup sec.

D'après Tomes, c'est le D"" Hofl'man (de Margate) qui se serait servi le premier de cette méthode. Quand les Américains préconisèrent l'usage du maillet, il avait, depuis de longues années, l'habitude de rendre l'or compacte, en frappant le fouloir d'abord avec le manche d'un instrument et ensuite avec un maillet spécial. C'est là l'origine du maillet dit à main. Les fouloirs qui servent à cet etî'et sont munis d'un manche sur lequel le maillet peut venir frapper. Leur partie active ne change en rien. Le maillet lui-même peut être en bois, en plomb, en étain, en cuivre, en laiton, en acier, en

OR Ai)iii:sn" i:x Fixiij.iis.

ivoire ou en caoulchouc vulcanise'. Un lype couranl est ainsi cons- Iruil : la tôle se compose d'une masse de "plomb enfermée dans

un cylindre d'acier muni d'un manche en buis de 0"\-2() de longueur (fig. 76).

Il en est qui pèsent 150 à 250 grammes. Le maillet h main se manœuvre généralement avec l'assistance d'un aide.

Celui-ci frappe sur l'extrémité du fouloir, par coups secs et réguliers, avec une certaine cadence, tandis que l'opérateur dirige la pointe du fouloir. Cette pointe doit être assujettie très nettement sur l'or à condenser, et autant que possible normalement à sa surface, sous peine de déraper.

D'après le D'" Alkinson, qui fui un des promoteurs de l'usage du maillet en Amérique, les avantages de cette méthode sur la pression manuelle seraient les suivants : une condensation plus parfaite de l'or et une adhérence complète ; l'or peut être fixé dans sa position avec beaucoup plus de facilité ; l'instrument agit toujours, sous le coup du maillet, sur le point indiqué, ne glisse pas de sa position et, par suite, n'est pas exposé à écorcher ou à blesser les parties molles ; l'emploi du maillet n'est pas plus désagréable à l'opéré que la méthode ordinaire ou condensative ; il est moins fatigant que la pression manuelle dans les opérations un peu longues.

Certains auteurs recommandent de se servir au début de l'aurifi-

NOGUE. — AURIFICAÏIONS.

cation, quand Ja masse^d'or mou est placée au fond |de la cavité et qu'on vient d'y fixer l'or adhésif, d'un maillet lourd recouvert de cuir; quand l'aurification est plus avancée, d'un maillet d'acierdeGO grammes et, à la fin, d'un maillet semblable de l5Jgrammes.

pig. 76. __ Maillet pour aurifications.

Maillet électro-magnétique de Bonwill.

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