OR ADHKSIF EN FEUILLES
On peut également se servir du lourd fouloir (|uc nous avons fail construire pour les auriliealions à Tormou. Le môme peut également rendre de grands services pour la condensation (!<* l'or adhésif.
Maillets automatiques. — Ce sont des iustrumenls dans les(iuels la pointe vient, grûce à un ressort i\ boudin, heurter brusquement la surface de l'or. Un des premiers maillets automaliipies est celui dont se servait Tomes. L'instrument se tenait comme une plume à écrire, l'index étendu dans toute sa longueur sur la tige et en dirigeant les mouvements. La flèche renfermait un ressort en spirale, dans l'intérieur duquel se mouvait une lige d'acier munie, à l'extérieur, de deux sphères d'ivoire. Le coup était frappé en attirant en haut l'une de ces sphères au moyen de la dernière jointure du médius. La sphère d'ivoire, élevée, à une hauteur suffisante, était abandonnée bruscjuement, et la détente du ressort déterminait le jeu du fouloir sur la masse obturatrice. La douille qui portait les pointes dentelées ne faisait ([u'un avec la tige munie des sphères d'ivoire et comprimant le ressort, de telle sorte que le fouloir s'élevait avec elle et abandonnait réellementla surface de l'or pour retomber sur le métal, sous l'action du ressort quand on abandonnait la lige. Cet instrument portait en outre une tige fixe, dont l'extrémité étaitégalement dentelée
et qui était assez longue et assez
déliée pour que l'opérateur pût la
faire agir à côté et isolément de
la pointe frappante. A l'aide de la
lige fixe, on maintenait l'or par une
pression ferme, tandis que le fou- p- -j. Maillet
loir mobile frappait ses coups à une automatique de
s. S, White.
Fij;. 70. — Maillel automatique Abbott.
NOGUE,
AURIFICATIONS.
dislai^ce de cette tige variable à volonté. Depuis celte époque, un ^rand nombre d'instruments basés sur le même principe ont été inventés. Citons les maillets automatiques de Snow, d'Abbott, etc.
Ceux-ci agissent par la pression de la pointe sur la masse métallique : cette pression bande le ressort, qui se déclenche ensuite automatiquement, déterminant la chute de la pointe.
Il existe encore d'autres espèces de maillets : Maillet éleclro-magnétique^ que le courant électrique fait fonctionner ; Maillet pneumatique, dans lequel la force est transmise par l'intermédiaire d'une poire en caoutchouc et d'un tube ;
Maillet de Power, dans lequel le mouvement de percussion est donné à la pointe par l'intermédiaire d'une machine à fraiser quelconque sur laquelle on peut le fixer.
Difficultés DE la manipulation de l'or. — Tomes montre ainsi les difficultés qui peuvent se présenter dans la manipulation de l'or adhésif, même quand il est d'excellente qualité.
Prenons, par exemple, dit-il, les résultats des expériences faites avec
Fig-. 80. — Maillet pneumatique de Claude Rogers.
Fis:. 81. —
Maillet pneumatique pour les point s à vis.
des feuilles d'or prises au même livret. Le spécimen employé a été préparé avec de l'or cristallisé, réduit en feuilles de quatre grains par le battage ordinaire. Pendant cette opération, le métal a bien été recuit de temps en temps; mais, après le dernier battage, les feuilles n'ont pas été soumises à l'action de la chaleur. Nous avons donc affaire à de l'or en feuilles non recuites.
Plusieurs feuilles ont été pliées et coupées en petites bandelettes pour s'en servir en manière d'étoiles. Elles sont adhésives, la manipulation le prouve, mais en même temps elles sont très fragiles et
OR AUIIKSIK 1:N IKL'II.LKS. 121
réclamenl, par couHtMjucnl, un soin exlraordinairo pour leur iulro- (luclion, aulrement elles se briseraienl et tomberaicnl en morceaux dans la bouche. Une autre feuille a été déchirée en six ou huit morceaux, ({ue Ton a roulés entre les doifj^ts pour en l'aire autant de boulettes : celles-ci ont été introduites l'une après l'autre dans une cavité latérale, à l'aide d'un petit instrument à courbure légèrement en spirale près de la pointe. Le centre de la boulette a été d'abord légèrement pressé dans la cavité, puis on a replié les extrémités, et enfin le tout a été comprimé d'une manière complète. Pendant l'opération l'or descendait sous linstrument dans un état de solidité extrême; il n'avait aucune tendance à se retrousser d'un côté (juand on le foulait de l'autre, pas plus qu'à se rouler dans la cavité. L'or fut ensuite limé librement et l'obturation terminée présentait l'aspect le plus satisfaisant.
Du môme livret, on retira une autre feuille qui fut roulée en boulettes plus compactes, recuites ensuite. L'action de la chaleur avait augmenté les propriétés adhésives de l'or ; malgré cela, chaque boulette, au lieu de céder, inerte, à la pression de l'instrument, avait de la tendance à se recroqueviller et à obstruer l'orifice de la cavité. Une autre feuille, d'abord recuite, fut ensuite roulée en boulettes qui se montrèrent supérieures aux boulettes recuites, mais inférieures à celles qui ne l'avaient point été.
On prit encore deux autres feuilles du même livret ; l'une fut soumise à l'action de la chaleur, puis divisée eu trois portions, que l'on roula en trois cordelettes ou boudins, assez lâches ; la deuxième fut divisée et roulée de la même manière, sans avoir été recuite. Celle-ci montra de la tendance à se briser en morceaux et à se perdre, tandis que la première avait une grande facilité à se mettre en masse compacte, que ses plis adhéraient très bien les uns aux autres et qu'elle produisit une obturation extrêmement satisfaisante.
Et Tomes ajoute : « Nous avons présenté les résultats précédents pour prouver que différents échantillons d'or, tout en étant de qualité parfaite dans leur genre, exigeaient cependant, pour produire les meilleurs résultats, des méthodes dilTérentes de manipulation. Et si nous les rapportons avant de décrire l'application des diverses méthodes aux incisives, c'est que les dents de devant doivent être traitées délicatement, et qu'il y a de bonnes raisons de supposer que les défauts des aurifications tiennent souvent à ce que le mode d'emploi des feuilles ne convient pas au spécimen particulier dont on se sert. Si nous persistions à employer sous forme d'étoiles des feuilles non recuites, notre obturation s'émietterait ; si nous continuions l'emploi de boulettes d'or recuites, nous aurions beaucoup de peine à empêcher l'or de se rouler dans la cavité ; il y a plus, la force exigée pour le rendre compacte serait, dans bien des cas, plus grande que celle dont les dents incisives peuvent supporter
122 , NOGUE. — AURIFICATIONS.
l'action, sans être exposées à voir la paroi labiale de la cavilé éclater en dehors.
« Ces remarques n'ont pas pour but de détourner de l'emploi de l'or en feuilles adhésives recuites, mais d'appeler l'attention sur la nécessité des soins minutieux que réclament les aurifications quand on se sert de cette forme d'or, et aussi de montrer que tel échantillon d'or qui ne répondrait pas à l'attente de l'opérateur, employé d'une certaine manière, pourrait cependant donner d'excellents résultats avec un autre mode d'emploi. Le degré de fermeté donné aux petites boulettes en les roulant, le degré de tension des boudins ne sont pas non plus sans influence sur la facilité de leur emploi. De même, le degré de chaleur auquel on soumet le métal en le recuisant exercera aussi une influence considérable sur la détermination de la méthode qui permettra de s'en servir de la manière la plus satisfaisante. Mais il serait bien difficile d'énumérer les circonstances qui peuvent se présenter à propos de l'usage des différentes formes d'or employées pour l'aurifîcation, et non moins difficile de donner une description détaillée des moyens de surmonter toutes les difficultés qui peuvent s'offrir à l'opérateur. »
Mais, malgré l'autorité de Tomes, on peut dire que toutes ces difficultés tiennent plutôt aux diverses manipulations que l'on fait subir à l'or adhésif avant de l'introduire dans la cavité plutôt qu'à la nature même de l'or. Mais l'énumération même des divers résultats obtenus à la suite de ces manipulations, telle que l'a faite l'illustre auteur anglais, montre bien les divers obstacles rencontrés. On conçoit, en effet, que, selon que la feuille aura été pliée ou roulée, la chaleur agira sur elle différemment et encore différemment sur chacune de ses parties constituantes. Certains points seront parfaitement recuits, tandis que d'autres le seront d'une façon défectueuse. De là une adhésivité douteuse, une consistance cassante, etc.
Selon également que l'on foulera l'or d'une façon ou d'une autre, on obtiendra des résultats bien différents. Tantôt l'or se roulera en petits blocs compacts, tantôt il s'effritera.
De là la nécessité absolue, pour avoir toujours les mêmes résultats, d'observer les mêmes règles. Obtenir d'abord un or parfaitement recuit, et pour cela suivre les méthodes indiquées. Cela fait, condenser cet or d'après les principes généraux exposés en détail et ne jamais s'en écarter.
C'est ainsi qu'on obtiendra, avec toutes sortes d'or, les mêmes succès, à la condition, bien entendu, que cet or soit toujours chimiquement pur.
Formes des cavités et mode de fixation de l'or. — Lor adhésif peut être appliqué pour l'obturation de toutes sortes de cavités, qu'elles aient ou non toutes leurs parois. Nous avons vu, au contraire, que l'emploi de l'or mou était absolument commandé par la forme
OR ADIU-SIF EN FEUILLES. 12:?
môme de la cavité et que celte cavilc devait iit'ressaircment avoiitoutes ses parois, sauf une.
Si l'or adhésif convient donc à toutes les cavités, encore faul-il que ces cavités aient été, au préalable, préparées d'une manière spéciale, en vue de la fixation des premiers fragments el de la rétention de la masse entière.
On pcutdire que les procédés de fixation de l'or adhésif se réduisent à deux, que nous examinerons en détail. Le procédé des points de rc'tenlion et le procédé des anglos inditjué par Johnson.
Méthode des points de rétention. — Dans la méthode des points de rétention, la première et longtemps la seule en usage, nous pouvons envisager, ainsi que le fait 1res justement Redier, trois types de cavités, ne dillerant d'ailleurs que par le mode de rétention de la matière obturatrice :
1° Cavités capables d'assurer par elles-mêmes la rétention des premiers fragments et celle de la masse obturatrice ;
2° Cavités capables de retenir la masse obturatrice, mais exigeant des moyens de rétention pour les premiers fragments ;
3° Cavités exigeant des moyens de rétention aussi bien pour la masse que pour les premiers fragments.
1® Cavilés du premier genre. — Ces cavités ont une forme cylindrique, le fond plat et l'orifice légèrement plus étroit que le fond.
On prend un petit cylindre d'or qu'on recuit sur la lampe à alcool et qu'on porte au fond de la cavité, sans le tasser. On introduit de même un second, puis un troisième cylindre. Avec un fouloir fin, on tasse alors d'une façon énergique la masse contre le fond de la cavité. Elle doit y rester fixée. Malheureusement, il n'en est pas toujours ainsi, et souvent les fragments d'or se recroquevillent et, au lieu de remplir le fond de la cavité, se déplacent. Inutile de chercher, par de nouvelles pressions du fouloir, à fixer en place ces fragments mobiles, on n'y réussirait pas. Mieux vaut les laisser sortir et recommencer l'opération. Quand ces premiers fragments sont bien ancrés, il ne reste plus qu'à bâtir sur cette base adhésive. Pour cela on prend un nouveau cylindre et on l'applique avec le fouloir sur la surface du métal. On l'y fixe soigneusement en tous points, et quand on s'est assuré qu'il adhère bien, on prend le maillet automatique ou le maillet à main armé d'une pointe appropriée à la dimension de ^[^^ ■J^ \a la cavité, et on martelle soigneusement toute la surface, {rem-e. Et l'on continue ainsi. La suite de l'auritication étant la même dans les difTérentes méthodes, nous y reviendrons bientôt.
2° Cavités du deuxième genre. — La cavité est bien rétentive dans
NOGUE. — AURIFICATIONS.
Fig. 84. — Cavité du 3« genre.
son ensemble, mais trop large pour relenir les premiers fragments. En effet, les premiers fragments d'or adhésif, même si on les emploie un peu forts, dès qu'ils sont condensés, se mettent en boule et ne restent pas fixés. Pour arriver à les fixer, on fore dans les parois de la cavité des points de rétention, véritables petites cavités du premier genre et qu'il sera possible de traiter de même. Pour faire ces points de rétention, on se sert d'un foret plan de l'"'",5 de diamètre, bien tranchant. On fait ainsi un trou de l'^'°,5 de profondeur dans la dentine, dans la partie de la cavité qui est la plus éloignée de l'opérateur ; ainsi, pour les cavités centrales des molaires, on le fera à la jonction du fond avec la paroi postérieure ; pour les caries interstitielles des incisives, sur la paroi cervicale ; toutefois, on évitera avec le plus grand soin les endroits où l'on serait exposé à rencontrer la pulpe et les points trop rapprochés de la paroi (Redicr). On peut faire un seul trou ou bien plusieurs, selon la dimension de la cavité.
Chacun de ces points de rétention n'est autre qu'une petite cavité cylindrique du premier genre. Pour fixer les fragments dans chacune d'elles, on suivra exactement la technique indiquée pour les petites cavités capables de retenir d'elles-mêmes les premiers fragments. Quand chacun de ces points est rempli d'or adhésif bien condensé et que cet or vient affleurer la surface même de la cavité, il suffit de jeter d'un point à un autre un pont d'or adhésif. On a ainsi, par ce moyen détourné, réussi à garnir le fond d'une cavité trop large pour retenir d'elle-même les premiers fragments d'une couche d'or adhésif solidement ancrée, grâce aux points de rétention, et sur laquelle on bâtira le restant de l'aurification. 3° Cavités du troisième genre. — Il faudra ici avoir encore recours aux points de rétention. On les fait, autant que possible, divergents les uns des autres et en nombre plus ou moins grand, selon les dimensions de la cavité. On pourra y joindre, pour suppléer au défaut de rétentivité de la cavité, des sillons et des rainures circulaires. Chacun de ces points est alors semblable à une cavité du premier genre et traité comme elle. Quand tous les points de rétention sont comblés par l'or el que celui-ci affleure la surface de la cavité, on les réunit les uns aux autres par des fragments d'or adhésif. On a ainsi une cavité non rétentive, il est vrai, mais dans laquelle sont solidement ancrées plusieurs petites masses d'or, réunies entre elles par une couche d'or adhésif tapissant le fond de cette
Fig. 85. — Cavité du !« genre avec points de rétention.
Fig. 86.— Cavité de 3« genre avec points de rétention.
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cavilé. Il suflira alors do bùlir sur celle base toule raurilicalion, cl, «luand celle-ci ne formera plus qu'une masse d'or bien hoinofi^ènc, elle sera parfaiicmciil rolcnut^ dans celle cavilé el par les expansions mctallicpics qui la prolougenl dans les Irons de rélenlion divergents et par les crans ou rainures circulaires.
Méthode de Johnson. — Nous venons de voir cuuinienl se li.Kenl dans les points de rélenlion les premiers fraf^mcnls d'or adhésif el les difficultés qu'on éprouve à les y maintenir. Les anciens opérateurs avaient très bien vu (lu'il était plus aisé d'employer un subterfuge et de placer d'abord au fond de la cavilé un fragment d'or mou. Le premier point à obtenir, dit en cllet Tomes, c'est de fixer parfaitement une masse de métal en quelque endroit de la cavité : on a conseillé pour cela de forer en un lieu approprié un piîtit trou et d'y assujettir une petite portion d'or à l'aide de pressions ; mais, le plus souvent, onarriveà fixer solidement une pelite boule de feuilles non adhésives en un certain point de la cavilé ; dans les cas difficiles, on peut, à l'aide d'un second instrument, tenu de la main gauche, maintenir le premier fragment d'or en position, jusqu'à ce qu'il ait été fixé par une complète condensation.
Celle manœuvre, qui consiste à phicerau fond de toute cavilé un fragment d'or mou pour maintenir aisément les premiers cylindres d'or adhésif, ne saurait constituer ce qu'on appelle une aurifîcation mixte. Nous verrons plus loin en quoi celle-ci consiste. L'usage de l'or mou pour commencer l'opération esl simplement un subterfuge, mais qui mérite d'être adopté dans tous les cas.
Johnson a eu le mérite de généraliser celte méthode el de l'ériger en règle absolue. En outre, au lieu défaire des points de rélenlion, il préconise la formation de faces planes se rencontrant à angles aigus. C'est là le principe même de son système. Nous verrons plus loin comment il peut s'appliquer à chaque cas particulier.
Examinons ici une cavité type préparée selon ces règles. Le fond de la cavité sera absolument plat, résultat qu'on obtiendra à laide de fraises tronconiques agissant par la base de leur pyramide. Les faces seront également planes et viendront rencontrer le fond en faisant avec lui un angle légèrement aigu. Les bords de l'émail, sur tout le pourtour de l'orifice, seront taillés en biseau, à l'aide de ciseaux à émail ou de meules en corindon.
On prendra alors un cylindre d'or mou, composé de préférence de feuilles épaisses. Le mieux sera, dans ce cas, de rouler en boudin une feuille numéro 80 ou i)lulôl 1-2 français. Ce rouleau conserve bien sa forme el possède une élasticité qui lui permet, arrivé au fond de la cavité, de s'arc-bouler sur les parois et de tenir ainsi en place sans qu'il soit nécessaire de lui faire subir la moindre condensation. Il suffit, à l'aide d'un fouloir fin, de pousser doucement ce cylindre au fond de la cavilé el d'insister un peu pour que ses deux extrémités
126 NOGUÉ. — AURIFICATIONS.
s'appliquent bien contre les parois (fig. 87, 1). Cela fait, on prend un cylindre formé de feuilles très fines. On le recuit soigneusement, et on le porte sur le rouleau d'or mou à l'aide de la presselle.
Avec le fouloir à pointe fine, on pique le cylindre adhésif dan& la masse non condensée d'or mou. On répète la même manœuvre jusqu'à ce que toute la surface du rouleau soit ainsi recouverte de cylindres adhésifs fixés dans sa masse (fig. 87, '2).
Prenant alors un fouloir à pointe beaucoup plus large ou même pédiforme, on condense toute cette masse d'or directement sur le fond de la cavité. On s'assure que le tout tient très solidement et ne forme qu'un bloc inébranlable. Avec le maillet automatique armé d'une pointe fine, on condense soigneusement toute la surface de l'or.
Pour nous rendre
compte de ce qui s'est
.^ passé, faisons une coupe
Fig-. S-. — Schéma de la méthode de Johnson. perpendiculaire à la
surface de ce bloc d'or.
Nous trouvons à la base, directement sur la surface dentinaire du fond de la cavité, une première couche d'or, uniquement composée d'or mou, qui par sa malléabilité recouvrira d'une façon parfaite toute cette surface. Au-dessus et faisant corps avec elle, est une deuxième couche, mixte pour ainsi dire, formée d'éléments d'or mou et d'or adhésif mécaniquement enchevêtrés ensemble. Audessus enfin une troisième couche uniquement formée d'or adhésif et ne faisant qu'un avec la couche sous-jacente (fig. 87, 3).
Nous avons donc ainsi, grâce à cette méthode, rempli le fond de la cavité d'une masse bien homogène d'or, épousant d'une façon parfaite toutes les anfractuosités de la dentine et ne laissant à découvert qu'une surface formée d'or adhésif.
C'est donc sur celte surface que nous pourrons continuer à bâtir notre aurification.
Pour cela, ici comme dans les autres cas, nous placerons chaque fragment séparément avec la presselle et le fouloir ; nous le fixerons solidement à la masse par la pression manuelle et, le fragment bien fixé, nous le condenserons à l'aide du maillet à main ou du maillet automatique. La pointe condensatrice doit être promenée sur toute la surface sans en omettre un seul point. Cette pointe doit être assez fine et, dans les petites cavités, très fine même. Il faut, quand on retire la pointe, qu'on ne la sente jamais retenue dans la masse métallique, ce qui serait l'indice dune insuffisante condensation. Il faut, dans ce cas, revenir sur celte partie faible et la condenser de nouveau. Il ne faut pas négliger, en outre, de condenser l'or également contre les parois, de façon à ce qu'il ne reste pas en ces points de fissures. L'or adhésif a d'ailleurs une certaine tendance à s'éloigner des parois et à laisser ainsi des fis-
OR ADHKSIF EX KKLILI.ES.