‹ Traité de stomatologie (volume 3)Chapitre 40 sur 129 · OR-PLATINE · texte numérisé non relu

OR-PLATINE

Il existe un alliage d'or et de platine qui, selon la prédominance de l'un ou de Taulre métal, peut donner une coloration allant du jaune au gris d'argent, (^et alliage jouit au plus haut degré des propriétés adhésives dès qu'il a été soumis à la recuisson. Il ne s'utilise d'ailleurs que comme or adhésif.

On le trouve sous deux formes :

1° En feuilles laminées épaisses;

2" En rubans de i'™,.") de large, formés de feuilles très minces.

Selon la prédominance de l'un ou de l'autre métal, on a trois teintes ditl'érentes.:

Le numéro 1 est celui où l'or prédomine ; sa teinte est d'un jaune vif;

Le numéro 2 est celui où l'or et le platine se trouvent en proportions égales : sa teinte est celle de l'or mat, voisinedecelleduplatine ;

Le numéro 3 est celui où le platine l'emporte : sa teinte grise accentuée se rapproche de celle du vieil argent.

Le travail de l'or-platine dilîère des autres par la recuisson et par la condensation.

Pour recuire l'or-plaline, surtout quand on l'emploie en feuilles (ines roulées en cylindres ou en boudins, il faut absolument se servir d'une feuille de mica interposée entre la flamme et le métal et mieux encore du fourneau électrique. Lui seul donne une recuisson parfaite sans accident. Le passage direct sur la llamme peut ici, comme pour l'or cristallisé, donner lieu à un surchauffage et à une fonte partielle du métal.

Pour condenser l'or-platine, il faut se servir exclusivement de fragments très petits et les soumettre un par un à la pression manuelle la plus soigneuse. On emploie pour cela des fouloirs fins, à stries peu profondes, mais très nettes. Quand le fragment est bien fixé, on le condense avec un maillet à main ou un maillet automatique.

Les premiers fragments peuvent être fixés directement dans des points de rétention, mais mieux vaudra employer la méthode qui consiste à mettre au fond de la cavité un fragment d'or mou dans lequel on pique les premiers cylindres d'or adhésif et qui donne des résultats rapides et surs. Les fragments suivants, bien recuits, sont fixés avec un fouloir à pointe très fine et martelés au maillet.

Il est bon de terminer l'aurification en formant les dernières couches avec des bandes placées à plat et martelées ou bien avec des feuilles laminées recuites et appliquées également à plat. On obtient ainsi une couche superficielle dune condensation plus parfaite.

d36 NOGUÉ. — AURIFICATIONS.

AURIFICATIONS MIXTES.

Nous avons dit que le fait de placer au fond d'une cavité un cylindre d'or mou pour aider à la fixation des premiers fragments d'or adhésif ne saurait enlever à cette méthode son caractère d'aurification à l'or adhésif.

On dit qu'une aurification est mixte quand la part de chacune des espèces d'or employées a une importance réellement appréciable.

En pratique, on a souvent intérêt à faire appel aux diverses espèces d'or. C'est qu'ainsi on atténue les inconvénients de chacune des deux méthodes, en n'utilisant que ce qu'elles ont de bon.

Par exemple, dans une vaste cavité triturante, on peut faire parla méthode des cylindres une aurification à l'or mou. Mais, pour parer à cet inconvénient du simple accolement de fragments d'or mou, pour assurer à la partie supérieure superficielle de la masse d'or une homogénéité plus grande, on peut piquer dans les interstices existants de petits fi-^gments d'or adhésif qui y seront mécaniquement retenus. Sur ces fragments, on en fixera d'autres également cohésifs, et on aura ainsi la partie superficielle de l'aurification qui présentera tous les avantages de l'or adhésif, tandis que la partie profonde aura ceux de l'or mou. S'il avait fallu, en effet, combler cette A^aste cavité avec de l'or adhésif seul, l'opération eût exigé un temps considérable : l'emploi de l'or mou a permis au contraire, avec des cylindres épais, de remplir toute la cavité très rapidement, et l'or adhésif a permis de former à la superficie une couche réunissant en une masse parfaitement homogène tous les cylindres de l'or mou.

On peut également tapisser une cavité avec de l'or mou et sur toute cette surface piquer les cylindres adhésifs.

Dans le cas de cavité mésio ou disto-triturante, c'est-à-dire dans laquelle deux des parois manquent totalement, il est pratiquement impossible de faire une aurification à l'or mou. Cependant cette cavité est énorme, et, s'il faut employer uniquement l'or adhésif, plusieurs heures seront nécessaires pour reconstituer la partie manquante de la dent.

Nous pouvons encore, dans ce cas, faire appel à l'or mou et à l'or adhésif. La matrice étant placée et toutes les précautions habituelles prises, nous commencerons par remplir toute la paroi cervicale de la cavité avec des gros cylindres d'or mou en les couchant horizontalement. On arrive ainsi à la moitié de la hauteur. Ces cylindres sont condensés par pression manuelle ou avec le fouloir massif et le maillet. On place alors de nouveaux cylindres verticalement, et on les condense latéralement comme dans les aurifications habituelles à l'or mou : mais, au lieu de mettre dans les interstices restés vides entre les cylindres un ruban d'or mou, on y place des fragments d'or adhésif qui y restent mécaniquement fixés. Ce sont ces divers frag-

AURrt'ICATlONS MIXTES. i:{7

menls qui sont ensuite réunis les uns aux autres par de nouveaux IVai^ments adhésifs él qui, tout en maintenant la masse d'or mou. pernu'tU'iit la reconstitution de la partie détruite.

Dans d'autres cas, on pourra l'aire appel à l'or cristallisé et à l'or mou, ou bien encore combiner selon la nécessité l'or mou à l'or éponge ou à l'or adhésif.

Or-ctain. — On peut associer Télain à l'or pour l'obturation des cavités, et c'est là une méthodequi, dans des cas déterminés, est susceptible de donner de très bons résultats.

L'élain est un métal blanc, assez semblable à l'argent, d'une d(;nsité de 7,3, fondant à 233". C'est le plus fusible des métaux usuels.

Il doit être pour les usages dentaires chimiquement pur. On l'utilise sous la forme de feuilles minces, de copeaux taillés dans un bloc de métal ou encore sous la forme d'élain précipité.

L'étain associé à l'or par simple contact a la curieuse propriété de se combiner avec lui au point de déterminer au bout d'un certain temps un véritable alliage. Sur une coupe de la masse, on ne trouve plus trace ni d'or, ni d'étain, mais on se trouve en présence d'une masse métallique de consistance vitreuse, très compacte et très solide.

Malheureusement cette formation nouvelle présente une coloration spéciale d'aspect verdûtre.

Bien qu'elle n'ait pas la résistance d'une masse d'or pur, elle est susceptible d'une durée de dix à douze ans.

On trouvera l'indication de cette aurification mixte dans les cavités triturantes des molaires et prémolaires chez les enfants; on pourra l'utiliser avec avantage pour obturer le tiers gingival des cavités mésio et disto-triturantes profondes des molaires et prémolaires chez les adultes, pour obturer les caries du collet, etc.

Ses avantages résident dans la rapidité de la manipulation, dans kl faible conductibilité thermique de l'étain, la malléabilité très grande des substances associées, l'absence de retrait, l'action thérapeutique spéciale sur la dentine, action antiseptique prouvée par l'expérience et généralement attribuée à des phénomènes électrochimiques. Par contre, elle sera contre-indiquée dans les cavités visibles et encore dans les cavités triturantes très vastes, où sa résistance serait insuffisante.

Les feuilles d'étain se trouvent sous la même forme et les mêm.es dimensions que les feuilles d'or. On prend une feuille d'étain n° 4 et on la recouvre d'un feuille d'or du môme numéro.

On coupe ensuite la feuille en trois parties égales, et on roule chacune d'elles en rouleau par un mouvement de torsion. On coupe ensuite ces rouleaux par morceaux de longueur appropriée à la profondeur de la cavité, exactement comme dans raurificalion à l'or mou. Mieux vaut que dans le rouleau l'étain soit à l'extérieur.

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On pourrait également rouler en cylindre régulier les deux feuilles superposées en se servant d'une broche.

Cavité. — Il s'agit ici d'une aurification à l'or mou; la forme de la cavité ne saurait être quelconque, mais bien déterminée par les propriétés nonadhésivcs deTassociation d'or-étain. Elle devra nécessairement avoir toutes ses parois entières et solides.

Le fond, préparé à l'aide de fraises tronconiques, seraplalet parfaitement régulier. Les parois, également lisses, feront avec le fond un angle légèrement aigu. La cavité sera ainsi nettement rétentive. Lorifice aura un pourtour bien régulier; les bords réguliers de rémail seront taillés en biseau. On peut, bien que la chose ne soit pas indispensable, faire quelques rainures dans la paroi la plus éloignée.

Instruments. — Les fouloirs qui servent pour l'aurification à l'or mou seront utilisés : soit la série de Bing, soit une autre du même genre. On peut, pour simplifier, se servir de deux fouloirs : l'un à pointe pédiforme, l'autre à pointe cylindro-conique et incurvée. Certains auteurs préconisent cependant l'emploi des fouloirs fortement dentelés.

Technique. — On peut recourir à plusieurs méthodes : celle des cylindres, celle des rouleaux ou des rubans.

La méthode des cylindres comprend trois temps : 1° placement des cylindres et condensation contre les parois ; 2° insertion des rubans ou des cylindres entre les cylindres; 3° tassement de la masse et condensation.

Premier temps. — Les cylindres seront préparés de tellesorte qu'ils aient une longueur supérieure d'un tiers environ à la profondeur de la cavité. On aura, selon le cas, préparé en outre des cylindres plus petits et plus serrés ou des rubans.

On commence avec l'aide de la pince et du fouloir pédiforme par garnir la paroi la plus éloignée de cylindres placés debout, l'une de leurs extrémités reposant sur le fond de la cavité, l'autre sortant par l'orifice. Ces cylindres sont très modérément tassés les uns contre les autres et contre la paroi, uniquement pour assurer leur maintien dans cette position. De nouveaux cylindres sont accolés aux premiers jusqu'à ce que toute la cavité soit comblée. A ce moment, tandis que la pince maintient d'une pression très légère ces cylindres pour les empêcher de sortir de la cavité, on introduit le fouloir pédiforme entre la paroi et les derniers fragments d'or, placé de telle sorte que la pointe du fouloir touche le fond, et d'un mouvement puissant on condense tous les cylindres contre la paroi la plus éloignée. On renouvelle cette pression sur tous les points de la masse, jusqu'à ce que les cylindres ne forment plus qu'un bloc homogène.

Une partie de la cavité est ainsi garnie d'or, tandis qu'une autre est vide. La même opération est recommencée dans cette dernière partie, et ainsi de suite jusqu'à ce que la cavité soit pleine et qu'il

AURIFICATIONS MIXTES. 139

ne soil plus possible d'y faire pénélrcr de nouveaux cylindies.

A ce moment, il resle encore un vide entre la masse dor el la paroi la plus rapprochée de l'opérateur. Mais cet interstice ne permettant pas l'introduction d'un cylindre, on f.iit appel au ruban.

Deuxième temps. — Avec la pince, on prend le ruban près de son extrémité et, à l'aide du fouloir incurvé, on le fait pénétrer dans la cavité. Quand celle-ci est pleine, on (ail pénétrer l'exlréniilé libre du ruban dans les interstices que la pointe du fouloir découvre dans toute la masse d'or. On fait appel à de nouveaux rubans si cela est nécessaire jusqu'à ce que toute tentative d'en faire pénétrer d'autres entre les cylindres reste infructueuse.

Au lieu du ruban, on aurait pu, à l'aide d'un instrument conique, déterminer la formation de cavités entre les cylindres et les combler avec de petits cylindres bien serrés.

Il ne reste donc plus à ce moment de point faible sur toute la surface de l'aurifîcation, mais la masse d'or-étain proéminera fortement au dehors de la cavité.

Troisième temps. — 11 s'agit maintenantde condenser toute la masse dansle sens de la cavité. On commence d'abord par faire un tassement par pression manuelle îi l'aide de fouloirs pédiformes ou de fouloirs à manche incurvé et à pointe carrée. La masse qui proéminait au dehors de la cavité s'affaisse sous ces efforts répétés. Mais nous avons dit que la pression manuelle était impuissante à donner la condensation maxima. On fait alors appel au condensateur simple de Ciaillard s'il s'agit de cavités siégeant sur des faces triturantes et que les dents antagonistes existent. On commence avec la pointe la plus large et, quand celle-ci a été promenée sur toute la surface en allant de la périphérie vers le centre, on fait les mêmes manœuvres avec des pointes plus fines.

Quand il s'agit de la mâchoire inférieure, et que les dents antagonistes n'existent pas, la pince condensatrice de Bing remplira le même office.

Pour les cavités siégeant sur les laces labiales ou linguales ou interstitielles, les diverses pinces condensatrices de Gaillard, de Tomes, de Flagg permettront d'olUenir une condensation parfaite.

Procédé des rubans ou rouleaux. — On peut, au lieu des cylindres, employer les rubans ou les rouleaux. La cavité sera préparée de la même façon.

On prend avec la pince l'extrémité du ruban el on la place au fond de la cavité la plus éloignée de l'opérateur, sur la paroi pulpaire. On replie ensuite le ruban de telle sorte qu'un tiers environ reste en dehors de la cavité, et on porte l'autre extrémité du pli au contact de la paroi pulpaire, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la cavité soit complètement remplie d'or. A ce moment, avec le fouloir pédi-

140 NOGUE. — AURIFICAÏIONS.

forme, on condense toute la masse contre la paroi la plus éloignée. L'or est soigneusement mais énergiquement tassé.

La partie de la cavité rendue libre parcette première condensation de l'or à Tune de ses extrémités est remplie par la même méthode, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible d'introduire de ruban. Ce sera alors, dans la masse d'or, les mêmes tentatives pour découvrir les parties faibles, et, après écartement des fragments, on comblera les cavités avec de petits rubans.

La masse est ensuite tassée dans le sens de la cavité par la pression manuelle comme précédemment, ou à l'aide de divers instruments condensateurs.

Or-étaîii avec prédominance de l'or. — On conçoit aisément que, dans cette méthode, selon les proportions d'or ou d'étain existant, la masse participera aux avantages ou aux inconvénients de l'un ou de Faulre métal. Si donc on veut augmenter la résistance de cette obluralion, il faudra augmenter les proportions de l'or.

Aussi peut-on, au lieu d'employer une feuille d'or et une feuille d'étain, placer la feuille d'étain entre deux feuilles d'or, ou même mettre deux feuilles d'or de chaque côté de la feuille d'étain.

Le procédé de condensation reste le même, mais on obtient une masse beaucoup plus résistante qu'en employant parties égales de deux métaux.

La couleur de cet alliage est, au bout d'un certain temps, celle de l'or vert.

Étain-or mou et or adhésif. — A l'or-étain on peut associer l'or adhésif. Pour cela, on placé une masse plus ou moins volumineuse d'or-étain au fond de la cavité, et on la condense à l'aide de fouloirs armés de dentelures profondes.

La masse apparaît alors recouverte de dépressions très marquées dues aux dents du fouloir. Sur cette surface inégale, on place des cylindres d'or adhésif bien recuits, et on les condense fortement avec ce même fouloir, toujours par la pression manuelle. Avec un fouloir à stries moins profondes, on fait une nouvelle condensation. Cela fait, on prend le maillet à main ou le maillet automatique, et on martelle soigneusement la masse de façon à bien faire pénétrer l'or adhésif dans l'or-étain. Quand cette couche d'or adhésif est bien fixée à l'or sous-jacent, on continue l'aurification avec de l'or adhésif, selon les procédés usuels.

Dans ce cas, on remarque que l'aurification ne se décolore pas avec le temps.

Cette méthode peut rendre de grands services dans l'obturation des cavités très vastes des faces triturantes, dans les cavités du collet des petites et grosses molaires, dans les cavités disto ou mésio-triturantes, pour combler les parties situées sous les gencives.

Etaiu adliésif fibreux. — xV côté de l'étain en feuilles ou en

AURIFICATIONS MIXTKS. 1', 1

copeaux ('xisl(> une aiilrc forme d'élain, d'un usaf^c peu r<'pau(Iii, cl qui peut élre, lanl par ses propriétés que par les mani|iulalions qu'il exif^^e, comparé à l'or cristallisé. Il est souvent désigné sous le nom de Robinson-mélal. Obtenu par précipitation, il se présente sous la forme d'une masse spongieuse composée de fd^rilles enchevêtrées, assez seudjlable, à part la couleur, à l'or spongieux.

Ses fragments jouissent à froid de la propriété de se souder les uns aux autres par simple pression. Il est donc nettement adhésif sans qu'il soit nécessaire de le soumettre à la recuisson, ce qui, d'ailleurs, étant donné le point de fusion ti'ès bas de l'étain, déterminerait la fonte du métal.

Il exigera donc les mêmes précautions que l'or cristallisé : exclusion absolue de toute humidité, condensation des fragments les uns après les autres, etc.

Bien que cette variété d'étain soit peu employée, on conçoit qu'elle puisse rendre des services, surtout associée à l'or cristallisé. On pourrait, avec avantage, l'utiliser pour commencer une aurification profonde, ou pour commencer une auritication dans les caries du collet et dans maintes circonstances encore. Les premiers fragments placés avec les mêmes méthodes que l'or cristallisé seront con denses avec les mêmes fouloirs à stries mousses et, quand la cavité paraît suffisamment garnie, on ajoute une nouvelle couche d'étain spongieux, qu'on a soin de ne pas condenser avant de l'avoir en tous points recouverte d'or cristallisé. La condensation est faite alors et l'aurification continuée avec de l'or seul.

Toute la condensation de l'or-élain sera faite dans ce cas exclusivement par la pivssion manuelle, sans se servir du maillet.

Étain 8<MiI en feuilles ou en copeaux. — L'étain en feuilles peut être utilisé seul pour obturer des cavités dentaires. N'adhérant ni aux parois ni t\ lui-même, il sera manipulé exactement comme l'or mou.

Il présente quelques avantages, mais, par contre, a de tels inconvénients que son usage est très restreint. C'est ainsi qu'il s'adapte dune façon parfaite aux parois des cavités, ne subit aucun retrait, est mauvais conducteur de la chaleur ou du froid et peut se condenser très rapidement.

Malheureusement, il a une couleur très spéciale qui, à la longue, souslinllucnce del'oxydation de ses couches superficielles, tourne au noir. 11 otTre une résistance relativement faible aux influences mécaniques, aux pressions répétées et fortes.

Il devra donc être réservé aux parties du système dentaire peu visibles, surtout aux cavités n'ayant pas de travail considérable à supporter, caries du collet, caries interstitielles, caries des dents caduques.

La cavité aura une forme tronconique, à fond plat, à parois lisses,

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à orifice régulier, à bords taillés en biseau. Elle sera nettement retenti ve.

Les fouloirs seront les mêmes que ceux utilisés pour laurification à l'or mou.

Comme méthode, on pourra employer celle des cylindres ou des rubans ou les deux combinées. La condensation se fera d'après les mêmes principes.

En raison de sa malléabilité moins grande que celle de Tor, la feuille d'étain est beaucoup moins facile à travailler : elle s'effrite en outre plus facilement.

La manipulation de Télain étant la même que celle de l'or et, en outre, ce métal s'utilisant surtout associé à l'or, nous avons pensé qu'il était préférable de l'étudier dans le chapitre des aurifications.

D'après bien des auteurs, l'étain pur, récemment préparé, jouirait des mêmes propriétés adhésives que Tor. Cette adhésivité se manifesterait mieux quand l'étain est employé sous forme de copeaux fraîchement enlevés d'un lingot par tournage. Edwin T. Darby conseille la méthode suivante : prendre une meule de corindon ordinaire de 50 millimètres de diamètre et de 12 millimètres d'épaisseur. En faire le moule dans le sable ou la poussière de marbre, puis faire fondre dans un creuset ou une grande cuiller assez d'étain pur pour remplir le moule. Quand le métal est refroidi, on le monte soigneusement sur le mandrin du tour d'atelier et, avec un ciseau de charpentier bien tranchant, en détacher des copeaux d'une grande minceur. Quand ces copeaux sont fraîchement enlevés, et avant l'oxydation de la surface par exposition à l'air, on constatera que l'étain adhère avec la même rapidité que l'or pur.

Fînissag-e et polissag-e des aurificatioii!-». — La condensation terminée, il est nécessaire de finir et de polir la surface de l'or. A ce point de vue, une aurification à l'or mou différera un peu d'une aurification à l'or adhésif. Dans la première, nous nous trouvons en présence d'une masse dor débordant plus ou moins l'orifice et dont la surface apparaît déchiquetée par les pointes des instruments condensateurs. Ces fragments, en partie détachés delà masse, seront enlevés à l'aide d'une lime à main ou d'une fraise à finir promenée sur toute la surface, sans pression marquée. Quand la surface apparaît bien nette, quoique encore inégale, on peut, avec une fraise plus fine, l'égaliser, tout en s'assurant qu'elle ne gêne pas larticulation des dents antagonistes. On s'en rend aisément compte avec un peu de papier bleu qui marque nettement les points trop surchargés d'or. La fraise à finir plus fine permet d'enlever l'or en excès.

Celafait, à l'aide de brunissoirs de formes rondes, coniques, etc., on brunit toute la surface de l'or, d'abord à la main, et ensuite avec des instruments montés sur le tour. Ce brunissage permet d'obtenir

AURIFICATIONS MIXTES.

dans raurificalion à Tor mon une condensation plus grande de; la couche superficielle.

Ouand il s'agit de l'or adhésif, on ne trouve pas une suiface ainsi

Fie-, 91 . — l•"l•ui^scs à liiiir

déchiquetée, mais simplement une surl'ace dans laquelle sont dessinées les fines stries des pointes du maillet. A l'aide d'une lime

Fig. 92. — Pointes en Ijois ))our polii-.

Fig. 93. — Lime pour finir les aurifica lions.

Fig. 94. - Rifloirs pour finir les aurificat ions

fine à main ou d'une fraise à finir très douce, on fait disparaître ces stries.

On assure comme précédemment une articulation parfaite avec les dents antagonistes, et on peut procéder ensuite au polissage

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