AURIFICATION DES CARIES DU COLLET
Ces caries peuvent atteindre toutes les dents, aussi bien celles de la mâchoire supérieure que celles de la mâchoire inférieure. Cependant elles sont plus fréquentes en haut et sur certains groupes de dents : ainsi les incisives et canines seront les plus fréquemment atteintes, surtout du côté vestibulaire, puis viennent les prémolaires et enfin les grosses molaires. En bas elles siègent surtout sur les bicuspidées. En général les caries linguales sont très rares.
Elles affectent la forme d'une bande étroite mésio-distale, siégeant immédiatement au-dessus de la terminaison de l'émail, profonde en son milieu et dont le fond se relève pour rejoindre insensiblement les extrémités.
Ces cavités ont pour caractéristiques d'être souvent très peu marquées, de siéger au niveau de la gencive et même de se prolonger au-dessous d'elle.
La présence de la gencive souvent congestionnée du fait même de la lésion est déjà un premier obstacle rencontré par l'opérateur. Il lui faudra la repousser parles moyens habituels : cautérisation au thermo ou galvanocautère après anesthésie, application de tampons de coton imprégnés de vernis sandaraque au centre, application de gutta après séchage de la cavité, parfois même de ciment.
Une autre difficulté provient de ce fait que, dans ces caries, la dentine est d'une sensibilité excessive. Il n'est pas rare que le simple contact de la sonde détermine chez le patient des douleurs si vives
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que loul espoir d'exi-isci'le li^isu malade doive «Hie abandonne. Ai)rès essai des diverses niélliodes d'anesLliésie (Voy. fasc. \'l, Ancslhcaie. p. 31 i et suiv.), si Ion n'obtient pas le résultat cherché, on aura recours à l'application, sur la dentine soigneusement séchée, de cimonl très mou laissé en place pendant deux ou trois mois.
Knfin une troisième difficulté est celle du «^iège de la carie sur une surface bombée, formant un segment de sphère, ce qui complique singulièrement les manœuvres d'excision du tissu malade et de préparation de la cavité. Il faudra se servir d'abord d'excavateurs bien
tranchants etne recourir aux fraises ^,.^, ^..^ ^^^ ^.^^ ^.^,..^^ ^^^ ^^^l^.^^ que lors{[ue la cavité aura une cer- pivpaiation de la cavité,
laine profondeur. Elle sera alors
soigneusement séchée et nettoyée avec une fraise ronde agissant perpendiculairement à son fond. La main qui tient l'instrument prendra sur la main gauche un point d'appui solide, tandis que celle-ci s'appuie elle-même sur le maxillaire.
D'une façon générale, il s'agit de rendre le sillon nettement retentit', en excavant les parois supérieure et inférieure et en donnant plus de profondeur aux deux extrémités. La cavité aura en définitive la forme d'un auget dont les côtés et les extrémités seront parfaitement verticaux.
Généralement la carie est limitée à l'une des faces vestibulaire ou linguale. Mais il peut arriver qu'elle contourne langle formé par la rencontre de deux faces et qu'elle empiète sur une face mésiale ou distale. Dans le premier cas, nous avons affaire à une cavité simple, à laquelle ne manque qu'une seule paroi ; dans le second cas, il manquera deux parois, et cette cavité devra être classée parmi les cavités composées. La première pourra être obturée inditîéremment avec de l'or adhésif ou de l'or mou, la seconde exclusivement avec de l'or adhésif.
Mâchoire supérieure. — Incisives et canines. — La surface de ces dents du côté vestibulaire est généralement large et facilement accessible. Le patient sera placé un peu plus bas que l'opérateur. Celui-ci passera le bras autour de la tète et placera sa main gauche de telle sorte que le pouce s'applique sur le vestibule et les autres doigts sur le palais.
La dentine étant parfaitement séchée, on excisera à l'excavateur toute la dentine malade. On peut achever cette exérèse du côté mésial et distal avec une fraise ronde. La cavité est prolongée de tous côtés jusqu'à la rencontre de la dentine et de l'émail sains.
On passe alors à la préparation proprement dite de la cavité en vue de laurification. A laide d'une fraise tronconique montée de
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AURIFICATIONS.
préférence sur Tangle droit, on donne à la face axiale la forme plate. Les autres faces seront perpendiculaires sur celle-ci. Les extrémités mésiale et distale delà cavité seront légèrement élargies et taillées en queue d'aronde. Les parois mésiale et distale seront perpendicu-
Fig. ]30. — Crampons de How à vis.
laires sur la paroi axiale. Les bords seront taillés en biseau à l'aide d'un ciseau à émail ou d'une fraise à finir, ronde.
Pour procéder à l'aurification, il faudra placer la digue et en outre un clamps capable de relever la gencive au-dessus du bord gingival de la cavité. Le clamps rendra ici de grands services.
Pour Vor adhésif, on placera un rouleau d'or mou de la largeur de la cavité sur la face axiale, dans le sens mésio-distal. Avec le fouloir, on insinuera l'extrémité de ce rouleau dans l'angle axiomésial, tandis que la pince maintient en place l'autre extrémité. Cela fait, on agit de môme du côté opposé. Fouler le rouleau en son milieu serait s'exposer à voir ses extrémités se relever. On recouvre ensuite le premier fragment d'un cylindre d'or adhésif recuit, qu'on implante dans ses mailles avec un fouloir fin, tandis que la pince maintient l'or en place. On martèle ensuite, en commençant par les extrémités. L'opération est continuée comme d'habitude.
On pourra se servir aussi d'or cristallisé. Quand on voudra utiliser Vor mou, on aura soin de donner à la cavité une profondeur plus grande, si possible. On aura recours, de préférence, à la méthode des rubans, en commençant par l'extrémité distale pour les incisives et canines gauches et par l'extrémité mésiale pour les dents du côté opposé. La condensation sera faite avec les fouloirs, par pression manuelle d'abord, et enfin avec les daviers de Flagg ou de Gaillard.
Nous aurons affaire à une cavité composée si la carie empiète
Fig. 131. — Crampons ajustables d'Ivory.
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sur la facemésiale oudistale. Il faudra exciser tous les tissus malades sans hésitation, sous peine de voir récidiver le mal. Il pourra être nécessaire, pour cela, d'écarter les dents. Cela lait, on donnera à la cavité la forme voulue. Celte forme ne dilTérera pas essentiellement de la précédente. Cependant, la paroi axiale arrivée à l'angle de la dent, au point où elle eût dû rencontrer la paroi mésiale ou distale dans les cavités simples, s'inclinera vers laface linguale, endécrivant un angle à ouverture linguale. Elle appartient ici à la face interstitielle, dont elle forme le fond. On la prolongera juqu'à la paroi linguale de cette face interstitielle. C'est cette paroi linguale qui devient ainsi la paroi de la cavité. Les parois gingivale et incisive de cette cavité, tant dans sa partie vestibulaire que dans sa partie interstitielle, viendront rencontrer cette paroi axiale à angle droit. Quant aux deux parois qui limitent la cavité à ses deux extrémités, elles rencontreront cette paroi axiale non plus à angle droit, mais autant que possible à angle aigu. Les bords seront toujours taillés en biseau.
Pour placer le premier fragment d'or mou, il sera difficile ici de placer un rouleau unique d'une extrémité à l'autre de la cavité, en contournant l'angle formé par la paroi axiale. Mieux vaudra commencer l'aurification par l'une des extrémités. Le rouleau mou est placé dans l'angle axio-lingual d'abord et recouvert ensuite d'or adhésif, qu'on implante dans ses mailles. La masse étant condensée et solidement fixée, c|uelques cylindres sont ajoutés. On peut alors passer à l'autre extrémité de la cavité, dans laquelle l'or est fixé de la même façon. Quand l'opération est assez avancée des deux côtés, on réunit les deux masses d'or. L'aurification est ensuite continuée selon les règles habituelles.
Il peut arriver aussi que les deux faces interstitielles soient intéressées par la carie. La préparation de la cavité se fera de chaque côté de la même fa(;on. Les difficultés de l'aurification peuvent être augmentées de ce fait. On commencera par les extrémités, et on conduira l'opération de la même façon. Si on n'arrivait pas à fixer solidement les premiers fragments d'or, on ferait des points de rétention.
Les caries linguales sont rares et se résument généralement en des points peu étendus. Latechniqueseralamême que précédemment, avec cette seule différence que, tant pour la préparation de la cavité que pour l'aurification, l'emploi du miroir sera indispensable. Bien entendu, la position de la tôle sera difl'érente.
Prémolaires et molaires. — Les caries du collet dans les prémolaires présentent ceci de particulier qu'elles intéressent une face généralement fort étroite et qu'elles ont par conséquent une tendance marquée à empiéter sur les faces interstitielles. Ceci est surtout vrai des caries vestibulaires. La préparation en sera rendue plus difficile du fait de la position latérale de ces dents sur l'arcade. La position de l'opérateur et du patient varieront. Pour le côté gauche, la tête
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sera inclinée vers la droite et, pour le côté droit, en sens inverse. Le bras de l'opérateur embrassera la tête du patient, la main gauche prenant point d'appui sur la mâchoire, les doigts écartant les commissures et la joue.
Cavités simples et cavités composées se tailleront de la même ma-
nière que dans le cas des
..-- " --.. ) r ,-' "--, I incisives et canines. L au-
\ •-..,. ...--■ y \ '-. ..--' / rification se fera de même,
\v V y/ V/l /y dans un cas avec de l'or
" ' "" adhésif ou de l'or mou in-
Fiji. 132 et 133. — Cavités simples. différemment, mais si pos-
sible avec ce dernier; dans l'autre, nécessairement avec l'or adhésif.
Les cavités linguales, assez rares, se prépareront soit à l'aide du miroir, soit si possible directement avec l'angle droit et des fraises d'abord rondes, puis tronconiques. Elles ne présenteront rien de particulier.
Pour les gr rosses molaires, nous pouvons trouver des cavités simples et des cavités composées. Celles-ci sont relativement rai-es. Étant donnée la largeur des faces vestibulaires dans le sens mésio-distal, les faces interstitielles sont rarement intéressées. Ici, à mesure qu'on va vers la dent de sagesse, les difficultés augmentent par suite de la proximité de la joue.
La préparation de la cavité se fera d'après les mêmes principes, qu'il s'agisse d'une cavité simple ou composée, et l'aurification de même. Autant que possible, étant donnée la difficulté qu'on éprouve à exclure l'humidité, on auraplutôtrecours à l'or mou, dansles cavités simples. Pour cela, on donnera à la cavité une profondeur aussi grande que possible, et on emploiera la méthode des rubans, en commençant par la paroi distale. La condensation se fera alors
par la pression manuelle
'"" "7 d'abord, et ensuite avec
I J \ ' ■- - -' fj les daviers condensateurs.
...-' \j y Si, pour une raison ou
pour une autre, on est Ki^. 134 et 135.- Cavité étendue et cavité com- obligé de recourir à l'or posée du collet. n •
adhésif, il sera bon de pratiquer à chaque extrémité de la cavité une excavation plus profonde en forme de mortaise, surtout quand ces cavités ont une certaine largeur. L'aurification se fera d'après les règles établies.
Des cavités linguales rien de particulier à dire qui diffère de ce qui a été dit à propos des autres dents.
Mâchoire inférieure. — Incisives et canines. — Les caries du collet sont relativement rares du coté vestibulaire et presque incon-